28 février 2005

morgan, tezuka, kurosawa, franquin...

passé la fin de semaine à (re)lire des textes de l'adamantine. c'est toujours un plaisir de lire harry morgan, surtout lorsqu'il écrit sur des sujets qui le passionnent. à signaler, son essai sur l'étrange et bien sûr ses longues et érudites notes sur le spiritisme scientifique. il est assez merveilleux de lire à propos de ces scientifiques obnubilés par "leur" médium, toujours au péril de leur science! la réalité dépasse la fiction. les divers textes sur le roman populaire sont également à (re)lire. morgan est de la veine des historiens de l'art avec les pieds sur terre comme northrop frye par exemple (bien que ce dernier soit un tantinet plus ouvert à l'avant-garde que le français qui ne jure que par le roman victorien!)

amusante coïncidence: deux semaines après avoir terminé ayako de tezuka (très bon d'ailleurs), voilà que je visionne stray dog de kurosawa, filmé un peu plus de vingt ans plus tôt... quelle surprise de reconnaître que le personnage du vieux policier de tezuka a été parfaitement calqué sur celui du détective sato (joué par takashi shimura) dans le kurosawa! (qui lui-même est une réminescence de maigret semble-t-il.) cela correspond à merveille avec le fait que le jeune flic de tezuka soit calqué, lui, sur dick tracy... il faut dire que tezuka a une vision très particulière (et déroutante pour moi) de la physionomie de ses personnages. en tout cas l'emprunt est flagrant et les lecteurs japonais l'ont sans doute remarqué, d'autant que stray dog est un film très connu et apprécié si j'en crois les commentaires.

aujourd'hui également, petite tournée des librairies usagées... vu et feuilleté un volume du spirou et fantasio de rombaldi en très bon état, qui plus est contenant les excellents deux premiers zorglub. failli le prendre mais ç'aurait été un peu idiot puisque j'ai déjà ces deux tomes dans la bonne vieille édition classique et que je ne me sens pas l'âme du collectionneur.

intéressante connection entre stray dog et les voleurs du marsupilami... dans le premier, les deux policiers sont à la recherche d'un criminel dans un stade de baseball bondé. dans le second, c'est dans un stade de soccer (football pour nos amis européens) que les héros suivent la femme du voleur. mais si le criminel du kurosawa est bel et bien caché dans la foule, celui de franquin est, lui, sur le terrain car c'est un joueur étoile de l'équipe locale! dans les deux cas, on a droit à des détails du match, ce qui me semble assez inusité (narrativement parlant).

rien d'autre pour aujourd'hui. qui sait, peut-être y aura-t-il quelque chose à ajouter dans la semaine lorsque j'aurai lu le deuxième tome de amer béton tout frais acheté. et il faudra bien que je dise deux mots sur tantrum.

2 commentaires:

Anonymous helmut perchu a écrit:

Salut David, il est surement trés bien ton blog mais pour moi il est illisible, les caractéres sont tout petits (et en plus sur fond noir, ça aide pas). Désolé de "juger" de la forme et de ne pas pouvoir "juger" du fond hein...

28 février, 2005 11:18  
Blogger david t a écrit:

ça c'est un "template" par défaut de blogger, je vais agrandir la typo et on n'en parlera plus... :)

28 février, 2005 14:31  

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08 février 2005

taiyou matsumoto, ping pong

[cette critique est parue originellement sur le site bdparadisio]

C'est un peu par impatience entre deux tomes du génial Number 5 (du même auteur) que je me suis lancé sur ce Ping Pong dont le cinquième et dernier tome est récemment paru. Et c'est bien sûr très bon.

L'histoire est on ne peut plus simple (au contraire du labyrinthique Number 5). On y suit cinq lycéens joueurs de ping-pong jusqu'au championnat final où l'un d'entre eux l'emportera avec tous les honneurs. Raconté comme ça, on pourrait croire à un bête récit édifiant à la gloire du sport, mais ce serait réducteur. Il faut savoir que Matsumoto est un très bon compositeur de personnages et que chacun de ceux-ci a une profondeur, exhibent des doutes et des questionnements qui les rendent crédibles et attachants. Rien que pour ça, l'histoire en devient passionnante.

Puis il faut noter le dessin, toujours exceptionnel, de Matsumoto qui est en train de devenir un de mes dessinateurs préférés, toutes catégories. Quelle science du mouvement! Parce que là, attention, on parle d'une histoire où évoluent des champions d'un sport où la virtuosité est de mise. Sous la plume de Matsumoto, le résultat est tellement éblouissant qu'on croirait que l'auteur nous dessine là une métaphore de son propre métier. Matsumoto varie les plans, il dose ses effets et il rend chaque match passionnant, ce qui n'est pas une mince affaire en soi, surtout sur cinq tomes bien fournis!

Au final, je garde une préférence pour la science-fiction disjonctée de Number 5 (il me reste encore à découvrir Amer béton qui me fera peut-être changer d'avis!) mais ce Ping Pong reste une lecture passionnante à plusieurs points de vue.