<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441</id><updated>2011-09-19T07:43:14.244-04:00</updated><title type='text'>nouvelles lectures</title><subtitle type='html'>littératures, la plupart du temps dessinées.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>44</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-114655205512469051</id><published>2006-05-02T02:35:00.000-04:00</published><updated>2006-05-08T15:43:00.306-04:00</updated><title type='text'>déménagement</title><content type='html'>ce blogue se trouve maintenant à l'adresse suivante:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;a href="http://www.davidturgeon.net/"&gt;www.davidturgeon.net&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;veuillez SVP modifier vos signets!  ce site ne sera dorénavant plus mis à jour.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-114655205512469051?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/114655205512469051/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=114655205512469051' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/114655205512469051'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/114655205512469051'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2006/05/dmnagement.html' title='déménagement'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-114119311087491271</id><published>2006-03-01T00:17:00.000-05:00</published><updated>2006-03-01T01:13:00.320-05:00</updated><title type='text'>deux collectifs à venir</title><content type='html'>il fallait s'y attendre: ce blogue servira désormais aussi à annoncer la publication de mes propres travaux.  pour la critique et l'analyse de BD, tout ça va normalement continuer au même rythme qu'avant.  c'est à dire lentement.  (l'assiduité?  je suis contre.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;en plus, mes chocs esthétiques récents n'ont rien à voir avec la BD, puisqu'il s'agit de musique et de films.  mais comme je ne veux pas rendre ce blogue entièrement hors-sujet, je vous épargnerai deux ou trois disgressions sur les talking heads, la musique de motown, ou bien le réjouissant CD de danger doom.  pas plus que je ne mentionnerai &lt;i&gt;the conversation&lt;/i&gt; ou le dernier robert morin.  d'autant plus que, lorsque j'aborde ces sujets, je parle en dilettante, et qu'il serait étonnant que je réussisse à écrire quelque chose que vous ne pouviez pas déjà lire ailleurs.  (alors qu'en BD, la critique est si inexistante que même un amateur comme moi peut en venir à dire des choses intéressantes et originales.  dans mes bons jours, du moins.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.pastis.org/mg/colosse/terriens.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px"&gt;il semble donc qu'un collectif, &lt;b&gt;&lt;i&gt;terriens&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, sera publié en mars chez mécanique générale (les 400 coups) et coïncidera avec une exposition de planches (à montréal).  là, je suis moi-même assez surpris que ce projet soit publié si vite, ayant dessiné ma planche en janvier dernier seulement.  le livre et l'expo ont pour thématique le racisme, sujet qui l'on conviendra est assez ingrat.  selon jimmy beaulieu (éditeur du livre), les contributions sont de bon niveau.  les 29 auteurs invités sont autant européens que québécois, avec certains noms connus et appréciés (émile bravo, par exemple!) qui laissent augurer que ce livre ne sera pas complètement ignoré (comme le sont tant de collectifs "à thème").  personnellement j'étais quasiment certain de ne rien pouvoir contribuer tant le sujet me semblait difficile, surtout que je n'avais aucune envie de pontifier (et puis, condenser en une planche, c'est pas facile pour moi, je préfère les longues histoires interminables).  finalement j'ai bricolé un gag inspiré de l'humour sardonique de la télésérie britannique &lt;i&gt;the office&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.pastis.org/mg/colosse/plan_cartesien.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px"&gt;mais ce n'est pas tout...  un autre collectif paraîtra en avril, toujours chez mécanique générale, répondant au nom de &lt;b&gt;&lt;i&gt;plan cartésien&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;.  cette fois, jimmy beaulieu nous prépare une brique de 360 pages avec plusieurs auteurs montréalais, connus et moins connus.  comme ce projet est en gestation depuis 2003, certains commençaient à se demander s'il allait vraiment voir le jour.  il semble que oui.  le lancement aurait donc lieu durant le festival de la BD de québec.  pour ceux que ça intéresse, j'y ai contribué une histoire de 20 pages, dont je suis assez content.  pour les curieux, vous pouvez en voir &lt;a href="http://www.pastis.org/mg/autresauteurs/printemps_lunaire_g/printemps_lunaire_extrait_1.jpg"&gt;une page ici&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://www.pastis.org/mg/autresauteurs/printemps_lunaire_g/printemps_lunaire_extrait_2.jpg"&gt;une page là&lt;/a&gt;.  et comme tous les livres des 400 coups, celui-ci sera certainement disponible outre-atlantique.  amis européens, si vous ne trouvez pas &lt;i&gt;la muse récursive&lt;/i&gt; chez votre libraire favori pour cause de diffusion inadéquate, vous y trouverez peut-être tout de même &lt;i&gt;plan cartésien&lt;/i&gt;.  n'hésitez pas à vous le procurer.  :)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ceux qui s'aventureront sur le site de &lt;a href="http://www.pastis.org/mg/intro.html"&gt;mécanique générale&lt;/a&gt; pour en savoir plus verront peut-être également que j'oublie de mentionner autre chose.  mais ce sera pour une prochaine fois, là il faut que je me mette au travail, parce que mine de rien, j'ai deux livres à finir, moi...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-114119311087491271?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/114119311087491271/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=114119311087491271' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/114119311087491271'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/114119311087491271'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2006/03/deux-collectifs-venir.html' title='deux collectifs à venir'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-114059405765623679</id><published>2006-02-22T00:52:00.000-05:00</published><updated>2006-02-22T03:09:22.770-05:00</updated><title type='text'>encore macherot (entre autres choses)</title><content type='html'>vous ne le réalisiez pas, mais vous êtes sous surveillance, cher lecteur.  c'est que, même les jours où je n'écris rien sur ce blogue (c'est-à-dire presque tous les jours), je prends note des statistiques de visite (très basses, comme il se doit), question de voir, vaguement, globalement, imprécisément, qui ou quoi vient lire les petites choses que je m'amuse à écrire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ma rubrique préférée, bien sûr, est celle qui me donne les phrases de moteur de recherche ayant trouvé ce site.  c'est celle qui m'amène les plus agréables surprises.  entre la question de l'existence du &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005/05/lombre-du-marsupilami.html"&gt;marsupilami&lt;/a&gt; et les demandes répétées pour l'étymologie du mot crétin (qu'ironiquement nous ne donnons pas dans &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005/04/pas-dloges-pour-les-crtins.html"&gt;cet article&lt;/a&gt;), sans oublier bien sûr celles concernant &lt;i&gt;krazy kat&lt;/i&gt; ou l'oeuvre de taiyou matsumoto, l'auteur qui revient le plus souvent dans ces requêtes est, vous l'avez deviné (mais oui, puisque je vous le dis), raymond macherot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;étonnant?  peut-être pas.  l'auteur revient à la mode chez les collectionneurs, paraît-il.  espérons que ces derniers ne se contentent pas seulement de laisser moisir leurs trouvailles en attendant qu'elles prennent de la valeur.  espérons qu'ils les lisent, ces damnés livres introuvables par le commun des mortels!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;en d'autres mots, il semble que macherot soit en demande, alors que l'offre, elle, est inexistante.  oh, bien sûr, lombard rééditera bientôt les trois premiers &lt;i&gt;chlorophylle&lt;/i&gt; dans une reliure hors de prix ressemblant à l'édition originale.    d'ici quelques mois, l'éditeur fera de même avec les trois &lt;i&gt;clifton&lt;/i&gt; de macherot.  il reste à voir si ces initiatives éditoriales, bienvenues mais sentant un petit peu l'opportunisme au profit de quelques collectionneurs fortunés (car l'objet, nous avertit-on, sera onéreux), auront des suites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;puisque c'est dit, et puisqu'il s'agit manifestement de la demande générale, profitons-en pour recenser quelques pièces de l'oeuvre macherotienne agréablement acquises depuis &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005/10/la-revanche-de-macherot-et-deux-autres.html"&gt;ma dernière missive à ce sujet&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/chlorophylle14.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 20px 20px"&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;chlorophylle à croquefredouille&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;: une fois fait abstraction de l'horrible maquette, on déguste cette collection récente qui contient, outre &lt;i&gt;la revanche d'anthracite&lt;/i&gt; déjà recensée, les deux fameux tomes où débutent les aventures de chlorophylle et minimum sur l'île de croquefredouille, où habitent des animaux ayant atteint un niveau de civilisation rejoignant celui des humains, une idée qui sera reprise quelques années plus tard, dans &lt;i&gt;chaminou et le khrompire&lt;/i&gt;.  il s'agit des &lt;b&gt;&lt;i&gt;croquillards&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; et de &lt;b&gt;&lt;i&gt;zizanion le terrible&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;.  ces deux histoires ne paraîtront pour la première fois en album qu'en 1980, vingt ans après leur création.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/chlorophylle15.jpg" style="float: left; margin: 0px 20px 20px 0px"&gt;ce manque de jugement du lombard peut être attribué à une certaine gêne face au sujet même de ce cycle d'histoires.  comme on le sait, chez macherot, les animaux ne sont pas "gentils" même s'ils en ont l'air.  ils ont besoin de nourriture, d'un toit pour vivre, et après ça, d'amis et de bon temps.  bref, malgré une certaine propension à l'anthropomorphisme et à la pensée abstraite, les animaux de macherot sont fonctionnellement et socialement des... animaux.  (et non pas des humains symboliquement dessinés en animaux, comme chez disney ou trondheim.)  le problème politique animal raconté par macherot se résume assez facilement: pour obtenir la cohabitation entre espèces, un roi (ici, la souris mitron) instaure le végétarisme obligatoire.  or, de sombres individus veulent assouvir leurs instincts carnivores.  comme il s'agit la plupart du temps de gens haut placés (le chef de la police, par exemple), ils ont tout loisir de s'adonner à ce plaisir impunément.  d'autant que macherot ne se dépêche jamais pour envoyer son héros à la rescousse.  on l'a compris, chez macherot, les gros mangent les petits, et la cruauté de la mécanique n'est acceptable que par son statut de fable (ce qui nous fait gratuitement rêver que celles de la fontaine eussent été des bandes dessinées).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/chaminou2.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 20px 20px"&gt;&lt;i&gt;chaminou et le khrompire&lt;/i&gt; fut, on l'a dit, construit sur un principe similaire, mais ici, les hommes n'existent tout simplement pas, même en marge.  le roi est un lion, il possède une police secrète dont fait partie le très aristocratique chaminou.  il est intéressant de comparer ce récit enlevé mais classique à la relecture acidulée qu'en font yann et denis bodard dans &lt;b&gt;&lt;i&gt;l'affaire carotassis&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;.  yann étant yann, il connaît bien son sujet et sa version de chaminou est entièrement cohérente avec celle de macherot.  cependant, chez yann les détails sont davantage creusés.  son travail sur cet album est franchement admirable (mentionnons également le dessin nerveux et élégant de bodard, différent de la patte du maître mais suffisamment apparentée), même si certains éléments de la série seront dynamités dans ce tome qui n'appellera manifestement pas de suite.  le personnage de chaminou lui-même, tout en gardant toute sa superbe, n'en perd pas moins beaucoup de l'innocence naturelle commune aux héros de macherot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/sibylline3.gif" style="float: left; margin: 0px 20px 20px 0px"&gt;c'est cette pureté fabuleuse que nous retrouvons dans le cycle des trois premiers &lt;i&gt;sibylline&lt;/i&gt;.  nous avons déjà parlé du tome deux, &lt;i&gt;sibylline en danger&lt;/i&gt;.  &lt;b&gt;&lt;i&gt;sibylline et les abeilles&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; en est la suite directe, et nous relate la fin du siège de la bande d'anathème.  la scène illustrée en couverture (le peloton d'exécution à la tarte à la crème) est digne d'anthologie, et elle n'est pas seule dans ce cas.  bien sûr, la série &lt;i&gt;sibylline&lt;/i&gt; est d'apparence plus enfantine que &lt;i&gt;chaminou&lt;/i&gt;, mais il ne faut pas s'y laisser tromper: ces histoires sont tout-à-fait dans la veine du &lt;i&gt;khrompire&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le premier tome de la collection, &lt;b&gt;&lt;i&gt;sibylline et la betterave&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, n'est pas aussi bon, mais il fait une très bonne entrée en matière.  il faut savoir que les trois histoires de ce volume ne sont pas placées tout-à-fait en ordre chronologique.  en effet, ce sont les deux dernières qui voient l'apparition de sibylline, originellement souris de maison, qui s'en verra chassée, et rejoindra ensuite le bosquet hanté où se déroulera la suite de ses aventures.  dans l'histoire titre (chrolonogiquement la troisième, mais présentée en premier), sibylline et son fiancé taboum sont en vadrouille, ils n'ont pas encore d'endroit à habiter.  la fin du récit les montre sur le point de rejoindre leur nouveau pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;un esprit chagrin nous dira: ce n'est que de la péripétie, tout ça.  nul grand concept, nulle grande idée à ces histoires de bêtes.  ce à quoi on le laissera à ses &lt;i&gt;blake et mortimer&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue7/aya_yopougon.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 20px 20px"&gt;tiens, pour finir, je mentionne un autre livre, sans rapport à macherot, que j'ai récemment aimé.  il s'agit d'&lt;b&gt;&lt;i&gt;aya de yopougon&lt;/i&gt; (tome 1)&lt;/b&gt;, de marguerite abouet et clément ouberie.  ben oui, le prix d'angoulême du meilleur premier album est finalement bien mérité (j'aurais donné à boris bukulin, mais il n'était même pas en nomination, c'est dire combien mes opinions ont la cote!) car ce livre est franchement délicieux.  l'image semblera éculée, mais voilà un livre qui goûte les épices, dont le rythme est toujours soutenu, et jamais triste, dont la culture est belle.  il ne s'agit pas d'autre chose que d'un précieux moment de lecture, que l'on espère poursuivre sans encombre avec les prochains tomes.  (dans le genre, le nouveau &lt;i&gt;klezmer&lt;/i&gt; de sfar, dans la même collection, "bayou", qu'il dirige d'ailleurs, ne donne pas sa place non plus: là où &lt;i&gt;aya&lt;/i&gt; joue avec les saveurs, &lt;i&gt;klezmer&lt;/i&gt; nous fait de la musique en dessin.  comme quoi la bande dessinée est capable de choses étonnantes.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(ah oui, et je vous ai dit, aussi, que c'est très bon &lt;i&gt;gogo monster&lt;/i&gt;?  et que c'est fort agréable de lire &lt;i&gt;pascin&lt;/i&gt; en une traite?  mais là, je vais finir par parler toujours des mêmes.  heureusement, je ne suis pas payé pour ça.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;je termine en informant mes deux patients et estimés lecteurs (et qui sait, ils sont peut-être même déjà au courant) qu'un livre, une bande dessinée même, paraîtra à mon nom vers la fin mars, chez l'éditeur fichtre (qui en fait est d'abord un libraire mais récemment aussi un éditeur).  mes amis montréalais seront invités à un lancement d'ici peu.  ce livre sera le premier tome (de trois) de quelque chose qui s'appelle &lt;b&gt;&lt;i&gt;la muse récursive&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;.  pourquoi la muse récursive?  c'est ce que l'on saura...  dans le deuxième tome (rassurez-vous, si tout va bien, il paraîtra six mois après).  notons que chaque tome fera une centaine de pages, ce qui devrait satisfaire les amateurs de récits de longue haleine.  &lt;i&gt;la muse récursive&lt;/i&gt; a été commencée plus ou moins sur la même impulsion que &lt;i&gt;lapinot et les carottes de patagonie&lt;/i&gt; (espérons que trondheim ne jugera pas avoir généré une trop médiocre émule), c'est-à-dire l'idée d'improviser une longue histoire sur une longue distance.  depuis, l'affaire s'est quelque peu consolidée autour de quelques intrigues, mais j'espère que le lecteur ne m'en voudra pas que le résultat puisse causer une certaine perplexité.  j'ai voulu écrire un livre comme j'aime en lire.  mais, on sait que j'ai des lectures un peu absconses.  ceci expliquerait peut-être cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;de toute façon, j'offrirai bientôt la couverture ainsi que quelques extraits, question que l'on se fasse une idée.  d'ici là, il est assez tard et, tiens, je vais aller lire.  j'ai le choix cette nuit: du crumb ou du pratt?  il y a aussi deux tomes d'&lt;i&gt;isabelle&lt;/i&gt; (non, pas celle de servais) en bel état et en édition probablement originale.  du bonbon, quoi.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-114059405765623679?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/114059405765623679/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=114059405765623679' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/114059405765623679'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/114059405765623679'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2006/02/encore-macherot-entre-autres-choses.html' title='encore macherot (entre autres choses)'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113870046688608820</id><published>2006-01-26T00:00:00.000-05:00</published><updated>2006-01-31T22:53:36.736-05:00</updated><title type='text'>grotesque</title><content type='html'>la bande dessinée se prête au grotesque.  c'est pourquoi l'oeuvre de masse, dans son immense étrangeté, nous semble si naturellement adapté à son médium.  ses "figures qui font rire en outrant la nature" (je voulais citer le littré dans cette chronique, c'est fait) sont en elles-mêmes une imitation et une exagération de toute une façon de concevoir la bande dessinée.  qu'y a-t-il de plus grotesque qu'un gros nez?  (il me faudrait relire mes &lt;i&gt;achille talon&lt;/i&gt;, mais lefuneste, pour l'insulter, ne lui disait-il pas que son nez était une sorte d'insulte à la nature?)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le grotesque est l'essence du satiriste.  c'est le combustible d'un willem, d'un winschluss ou des ruppert et mulot.  le grotesque permet la méchanceté.  mais c'est aussi le prétexte au relâchement et à l'aventure dans ce qu'elle a de plus jouissif.  pensons au tezuka des années 1970.  aux couleurs de &lt;i&gt;l'etircopyh&lt;/i&gt;.  ces deux exemples nous montrent d'ailleurs que le grotesque est un efficace et agréable contrepoint à l'érotique (et vice versa).  dans ces deux cas, on pourrait faire appel au mot "baroque".  le grotesque est très présent dans la BD américaine.  le super-héros est en général plutôt grotesque.  pour la BD moderne, on pense à charles burns et à daniel clowes, qui ne sont pas des moindres eux non plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le grotesque fonctionne lorsqu'il s'assume comme tel.  reprendre un personnage de BD aux traits bien définis mais à la personnalité floue est souvent source de grotesque involontaire.  la plupart des repreneurs de &lt;i&gt;spirou&lt;/i&gt; ont été incapables de se débarasser de cet effet secondaire, si tant est qu'ils aient essayé.  par exemple, et à leur décharge, tome et janry ne sont tombés dans le piège que vers la moitié de leur règne, lorsqu'ils ont voulu expliquer leurs personnages par les lois du réalisme.  le décalage qui en résulta produisit une sorte de nausée narrative: par exemple, le bestiaire de &lt;i&gt;la vallée des bannis&lt;/i&gt; est élaboré dans un but si manifestement comique qu'il est malaisé de s'investir dans la charge émotionnelle recherchée par les auteurs en fin de volume.  idem pour toute reprise de &lt;i&gt;spirou&lt;/i&gt; évoquant tout en l'éludant la sexualité des personnages principaux (franquin, mais c'était la norme chez dupuis, avait généré à l'époque pour ses héros un univers cohérent parfaitement asexué).  s'il s'agit de grotesque alors, c'est purement fortuit et raté -- il ne reste qu'une sorte de parasite étrange minant peu à peu l'adhésion du lecteur.  en comparaison, le grotesque d'un fournier est le pur produit de son culot de jeune repreneur, incapable de faire aussi bien que son illustre prédécesseur mais assez entêté pour continuer quand même.  cette insouciance devant l'énormité de la tâche lui a bien servi: ses &lt;i&gt;spirou&lt;/i&gt; se lisent toujours bien aujourd'hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/tintin21.gif" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px"&gt;dans sa jolie définition, monsieur littré, répondant manifestement au dictionnaire de l'académie, nous rappelle gentiment qu'"il ne faut pas mêler le sublime au grotesque".  un exemple parmi tant d'autres nous ferait presque lui donner raison, si ce n'était du fait que le dit exemple est un chef d'oeuvre de la bande dessinée.  je parle bien sûr de la couverture des &lt;b&gt;&lt;i&gt;bijoux de la castafiore&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (1963).  sur cette couverture, tintin nous fait "chut".  la proximité de sa bouche et son index nous révèle un détail troublant, soit la différence marquée entre la figure du personnage, dessinée de manière on ne peut plus abstraite, et la main, quant à elle fort réaliste: on devine jusqu'aux muscles et aux os.  les deux éléments jurent l'un avec l'autre: la main tend au naturalisme, le visage à l'abstraction.  le trait extrêmement régulier, sans aspérité "naturalisante", finit de souligner l'étrangeté de la chose.  de fait, l'album est à toutes fins pratiques résumé par cette vision inspirant la révulsion autant que la fascination.  (l'album est truffé de ces visions malaisées: on pense au signal brouillé émis, par le poste de télévision de tournesol, ainsi qu'à la marche d'escaliers jamais réparée, deux détails anodins qui empruntent leur logique narrative au monde du cauchemar.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;il est probable qu'hergé n'ait que peu à voir avec ce dessin.  en fait, on reconnaît surtout là la patte d'un bob de moor: ce &lt;i&gt;tintin&lt;/i&gt;-là, hybride mi-humain, est de la famille de son &lt;i&gt;barelli&lt;/i&gt;.  comparer les versions de &lt;i&gt;l'île noire&lt;/i&gt; cause un malaise similaire.  chronologiquement, la simplicité un peu brute du trait d'hergé est remplacée par le réalisme programmatique des studios hergé.  on dirait que quelqu'un a pris trop à la lettre ce lieu commun voulant qu'une figure plus abstraite suscite davantage l'adhésion du lecteur: le même ne serait-il pas vrai des éléments "secondaires": mains, vêtements, intérieurs, paysages?  de toute façon, tintin est grotesque quand il n'est pas dessiné par hergé.  c'est pareil quand quelqu'un essaie de dessiner comme tardi.  la raison de leur trait leur appartient: hors de l'auteur, la particularité de ce trait n'a plus de sens.  une signature mal imitée est, par essence, grotesque.  mais grotesque ne signifie pas illisible, au contraire...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113870046688608820?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113870046688608820/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113870046688608820' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113870046688608820'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113870046688608820'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2006/01/grotesque.html' title='grotesque'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113462688649496448</id><published>2005-12-14T23:46:00.000-05:00</published><updated>2005-12-15T04:05:52.513-05:00</updated><title type='text'>une année formidable (2e partie)</title><content type='html'>[pour la première partie, c'est &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005/12/une-anne-formidable-1e-partie.html"&gt;par là&lt;/a&gt;.]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/encyclopedie_masse2.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 20px 20px"&gt;francis masse est un auteur dont l'oeuvre ne ressemble à rien.  mais à tellement rien qu'on a beau aimer, on peine à savoir en dire quoi que ce soit.  à la rigueur, voulant absolument le comparer à quelque chose, on le rapprocherait d'un goossens, mais en fait, tout ce que ces auteurs ont à voir ensemble est qu'ils demandent tous deux de leur lecteur une certaine perspicacité.  (c'est-à-dire, peut-être, la capacité de lire ce qui n'est pas dans la BD elle-même.)  mais les ressemblances s'arrêtent là: les deux auteurs ont une patte différente, un univers différent, des méthodes différentes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;de &lt;b&gt;&lt;i&gt;l'encyclopédie de masse&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (1982) on peut d'abord dire que c'est un petit désastre éditorial, du fait de pages beaucoup trop petites et pas toujours bien reproduites, rendant la lecture pénible à souhait.  pas que masse soit un champion de la lisibilité.  voyons par exemple sa calligraphie, impossible autant qu'inexplicable, alphabet tordu, châtoyé de sérifs, remplissant ses bulles jusqu'à leur extrême limite.  voyons ensuite ses hachures envahissant chaque case, les faisant parfois ressembler à une obscure gravure médiévale, procurant une impression de lourdeur confinant à la nausée.  voyons les rares couleurs, qui si elles ne sont pas sombres jurent avec leurs voisines.  et voyons finalement la physionomie des personnage: tous pareils ou à peu près, hommes, femmes et enfants avec leur inévitable gros nez et leurs lunettes rondes.  comme hier chez mathieu, on est dans un univers d'angoisse jusqu'à plus soif.  mis à part qu'ici on en a pour presque 300 pages: une anatomie de l'angoisse, donc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/encyclopedie_masse1.jpg" style="float: left; margin: 0px 20px 20px 0px"&gt;masse, par son comique, explore les dernières limites du grotesque.  pas un visage qui soit beau, pas une habitation qui soit invitante: on pense à l'emblématique "maison souriante" (que l'on voit sur la couverture du premier tome), apparition cauchemardesque par excellence qui résume bien l'esthétique de l'auteur dans ce livre.  tout chez masse menace toujours de s'écrouler: les accidents malheureux sont légion, les désastres toujours à portée.  lorsqu'on ne démolit pas, on pédale pour tenter d'empêcher la destruction.  l'érotisme est inexistant dans son univers peuplé surtout d'hommes (tous pareils, on l'a dit), pas plus que l'espoir que représenterait les enfants (ici aussi médiocres que leurs parents).  c'est en ce sens une traduction graphique très efficace d'un univers que l'on reconnaît comme très orwellien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le problème des &lt;i&gt;idées noires&lt;/i&gt; de franquin, qui navigue des eaux proches de celles de &lt;i&gt;l'encyclopédie&lt;/i&gt;, est que leur dessin extrêmement séduisant leur ôte du poids, les trahit donc un peu.  le dessin de masse, en comparaison, est entièrement en adéquation avec son propos.  l'oeuvre y acquiert une grandeur rare.  ne reste plus qu'à rééditer tout cela sur des pages plus grandes, qu'on puisse apprécier plus avant ce travail d'orfèvre du mauvais rêve...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue2/alack_sinner2.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 20px 20px"&gt;passons, comme promis, à muñoz et sampayo et à leur fameuse série &lt;i&gt;alack sinner&lt;/i&gt;.  sur insistance de mes amis (qui se reconnaîtront ici, et je les salue en passant), je me suis cette année décidé à découvrir leur travail, à commencer par le très bon &lt;b&gt;&lt;i&gt;alack sinner, flic ou privé&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;.  il était temps, direz-vous.  c'est vrai, je découvre certains classiques sur le tard.  enfin, façon de parler, je n'ai que trente ans.  (tiens, justement, voilà un anniversaire qui ne m'aura pas donné de sueurs froides -- voyons voir ce qu'il en sera dans dix ans!)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le polar est un genre somme toute assez codé (tiens, le détecteur de lieux communs vient de faire bip).  sans crime sordide, sans érotisme diffus, sans cause perdue, on ne reconnaît tout simplement pas que l'on lit un polar.  l'erreur de celui qui veut faire du polar au-delà des clichés, voire, pire, de la belle littérature, est qu'il tentera de se passer de ces ingrédients, essentiels, comme s'il suffisait d'une ambiance pour attiser la fascination du lecteur.  le résultat s'apparente le plus souvent à une pizza sans pâte, sauce tomate ni fromage.  muñoz et sampayo ont très bien compris cela, du moins pour une bonne partie de leur carrière.   pourtant, ils s'échinent à donner une saveur particulière à leur polar.  d'abord grâce au dessin époustouflant, théâtral, de josé muñoz, tout en sensuelles arabesques.  son sens de la physionomie atteint un comble rarement vu dans la BD: les visages et les expressions sont parfois déformés, poussées dans toutes les directions, le trait n'en conserve pas moins une extraordinaire élégance.  au jeu des cadrages acérés et des aplats noirs parfaits, muñoz est capable de faire de l'ombre à un milton caniff (ok, on ne parlera pas de brescia), dont il partage le dynamisme et la clarté.  entre le classicisme des débuts et le trait épuré qu'il adoptera ensuite, j'avoue une préférence pour l'"entre-deux", ce dessin encore détaillé mais bien libre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;une autre source d'émerveillement dans cette série est la dépiction exacte et excessive d'un new york dans tout ce que la ville a de plus fantasmé.  le new york de muñoz et sampayo est féminin, sauvage, bigarré, violent, et bien sûr très beau.  on y écoute beaucoup de jazz mais étrangement on n'y va pas souvent au musée.  c'est le new york qui fait rêver, celui des années 1970 à 1980, quelque part entre &lt;i&gt;taxi driver&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;after hours&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue4/plates_bandes.jpg" style="float: left; margin: 0px 20px 20px 0px"&gt;mais parlons maintenant de &lt;b&gt;&lt;i&gt;plates-bandes&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, question de montrer que nous fûmes plus ou moins au fait de l'actualité en cette année 2005 et que nous ne nous sommes pas complaît uniquement dans les choses anciennes.  de toute façon, le vil brûlot de jean-christophe menu mérite bien que nous le rappelons à la mémoire du lecteur.  et qui sait, la polémique qui s'ensuivra me ramènera peut-être mon troisième lecteur.  alors disons-le tout de suite: menu a raison même quand il se trompe.  son livre est un bol d'air frais.  il reste à voir ce que l'on respirera ensuite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;bien sûr que l'on peut trouver des contradictions dans le discours de menu.  mais quelle importance?  menu n'écrit pas une thèse; son texte a plutôt valeur de manifeste.  mais d'un manifeste à l'essence pragmatique.  je m'explique: menu ne tente pas dans son livre d'expliquer ce qui pour lui est la "bonne bande dessinée", ou ce pourquoi lui et d'autres en seraient les plus aptes dépositaires.  c'est au lecteur de décider avant de s'avancer s'il a confiance dans le travail d'éditeur (et d'auteur) de menu.  si à la base on n'aime pas menu, si on pense que l'asso c'est rien qu'une bande d'intellos qui se la pètent, alors on peut soigneusement éviter de lire &lt;i&gt;plates-bandes&lt;/i&gt;, non seulement on ne sera pas d'accord, on ne saisira même pas l'enjeu.  les autres, arrivés au bout de ce court mais efficace pamphlet, seront bien obligés d'acquiescer: il est des éditeurs dont la mission est d'abord commerciale, dont la branche "artistique" est d'abord à fins de prestige, quand ce n'est pas une simple stratégie visant à suivre une certaine "tendance".  une branche qui, bien sûr, est à la merci du premier grand vent qui passera.  ne pas se l'avouer, c'est jouer à l'aveugle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;on rechigne beaucoup sur certaines stratégies des petits éditeurs: livres très chers, distribution souvent lacunaire...  on se rabat donc sur les produits bon marché qui nous semblent équivalents: la collection "écritures", par exemple.  la réalité est que la disparité entre le prix d'un livre de casterman et d'un autre de l'association n'aide absolument personne: le premier bouscule le marché, "volant" en quelque sorte des ventes au second grâce à une caisse bien fournie au départ, le second devant en revanche offrir ses livres à un coût plus élevé si elle espère rentabiliser une opération ne pouvant compter sur de larges revenus.  au final cependant, c'est l'activité de défrichage des petits éditeurs qui est menacée au premier chef, ainsi que tous les projets plus difficiles.  je doute fort, par exemple, que casterman, ou que le nouveau futuropolis, nous découvrent un nouveau blutch de sitôt.  le problème est que les petits éditeurs en seront incapables également.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue5/princesses.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 20px 20px"&gt;bon, un mot pour finir, sinon je ne me coucherai jamais.  c'est un petit livre récent et fort réjouissant (et passé complètement inaperçu) qui s'intitule &lt;b&gt;&lt;i&gt;princesse&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; et son auteur s'appelle jean-michel bertoyas.  voulant peut-être embêter le théoricien thierry groensteen, bertoyas s'amuse à travestir son multicadre en l'utilisant autant comme un procédé de narration que comme une simple surface abstraite bidimensionnelle qui aurait été arbitrairement séparée en cases pour une raison ou une autre.  l'auteur a un certain culot, parasitant sa narration d'abstraction et vice versa.  autant dire que l'histoire est un glorieux n'importe quoi: il faut un improvisateur de talent pour arriver à un résultat aussi riche.  son trait, rond et gratté, est de ceux qui démontrent une compréhension intime de la bande dessinée.  de fait, l'auteur a sans doute une bonne connaissance du comic strip classique, &lt;i&gt;krazy kat&lt;/i&gt; en tête: il pousse à son paroxysme l'abstraction latente d'herriman, ces ombrages inexplicables, ces paysages changeants.  jusqu'aux quelques bulles (volontairement?) inversées qui renvoient à toute une époque de la bande dessinée où on ne se préoccupait pas encore autant de toutes ces questions idiotes de lisibilité.  autre belle trouvaille de bertoyas: les bulles partiellement hors-cadre, et généralement ses mises en scène décentrées, acides.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;il est tard, et je ne sais pas encore de quoi je parlerai lors de la suite de cette chronique.  peut-être de &lt;i&gt;isaac le pirate&lt;/i&gt;.  peut-être aussi de &lt;i&gt;corto maltese&lt;/i&gt;.  peut-être de &lt;i&gt;mitchum&lt;/i&gt;.  peut-être de &lt;i&gt;notes pour une histoire de guerre&lt;/i&gt;.  peut-être des &lt;i&gt;bijoux de la castafiore&lt;/i&gt;.  peut-être du &lt;i&gt;mickey mouse&lt;/i&gt; de gottfredson.  ouh là là, faudrait voir à ne pas me décourager moi-même avec tout ça.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113462688649496448?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113462688649496448/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113462688649496448' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113462688649496448'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113462688649496448'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/12/une-anne-formidable-2e-partie.html' title='une année formidable (2&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; partie)'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113454504344715108</id><published>2005-12-13T23:29:00.000-05:00</published><updated>2005-12-17T22:49:28.846-05:00</updated><title type='text'>une année formidable (1e partie)</title><content type='html'>cette année fut faste en acquisitions et bien sûr en lectures de toutes sortes.  il me semble approprié d'écrire quelques mots sur des livres lus, particulièrement ceux dont je n'ai pas parlé sur ce blogue.  il ne s'agit pas nécessairement de livres parus en 2005; mon but n'est pas de faire un palmarès mais plutôt de partager quelques bonheurs, quelques déceptions...  tout cela à peu près dans l'ordre dans lequel ces livres ont été lus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue4/aventures_art.gif" style="float: right; margin: 0px 0px 20px 20px"&gt;commençons par un livre dont on a peu parlé ailleurs: &lt;b&gt;&lt;i&gt;les aventures de l'art&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; de willem.  on se souvient que le collaborateur de &lt;i&gt;charlie hebdo&lt;/i&gt; (où ces pages sont d'abord parues) avait commis le chef-d'oeuvre avec son &lt;i&gt;feuilleton du siècle&lt;/i&gt; (critique &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2002/09/willem-le-feuilleton-du-sicle.html"&gt;ici même&lt;/a&gt;).  ce livre, plus court, est dans une veine similaire.  willem excelle dans le portrait satirique.  cette fois, il nous présente des sujets reliés à l'art moderne et contemporain.  et c'est un sujet casse-gueule: comment bien atteindre sa cible, lorsque celle-ci est par définition plus ou moins hermétique?  willem contourne assez bien la difficulté lorsqu'il représente la revanche de picasso contre tous ceux qui lui ont jamais dit: "ma fille de 5 ans dessine mieux que ça."  de fait, ses satires seront toujours d'une belle finesse, ne dénigrant jamais l'art "difficile": ses portraits de dubuffet et de kandinsky, par exemple, sont davantage des hommages que des satires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;on ne se surprendra pas que l'auteur soit généralement plus tendre avec les artistes qu'il satirise qu'avec les hommes et femmes politiques qu'il écorchait sans ménagement dans &lt;i&gt;le feuilleton&lt;/i&gt;.  malgré tout, il ne s'empêche pas de se payer la tête de certains créateurs: christo et jeanne-claude en prennent ainsi pour leur rhume, tout comme frank capa, george mathieu et andré breton.  et les portraits de leni riefenstahl et marilyn monroe lui permettent d'en remettre une couche au sujet des politiques.  pour le reste, willem prouve qu'il est possible de faire de la satire grinçante qui sente également l'hommage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/corps_a_corps.jpg" style="float: left; margin: 0px 20px 20px 0px"&gt;déception cependant pour un livre dont on a dit beaucoup de bien ici et là: &lt;b&gt;&lt;i&gt;corps à corps&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; de grégory mardon.  je ne m'étendrai pas sur son cas, à celui-là.  mardon possède quelques défauts assez énervants.  d'abord, on se demande s'il connaît autre chose que le monde bourgeois bohème parisien.  on ne voit pas autre chose dans son univers.  sa mise en scène est incestueuse à souhait: chaque personnage, chaque situation est la pièce déjà toute placée d'un petit casse-tête vaguement sordide servant la téléologie intime du récit.  rien n'est superflu, et c'est bien le problème.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;on dirait parfois que mardon a suivi d'un peu trop près le guide du parfait scénariste de BD postmoderne.  les contrastes, beaucoup trop élevés, entre ses personnages, semblent servir uniquement à faire avancer la thèse de son livre, c'est-à-dire le rapport des humains avec leur corps.  un vaste sujet, traité de manière bien bénigne, voire superficielle, ce qui est un comble.  &lt;i&gt;corps à corps&lt;/i&gt; bénéficie tout de même un dessin personnel, un peu grotesque, tout en hachures, mais pas particulièrement virtuose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/acquefacques1.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 20px 20px"&gt;dans un tout autre ordre d'idée, il fallait bien qu'un jour je me mette à la série &lt;i&gt;julius corentin acquefacques&lt;/i&gt; de marc-antoine mathieu.  je me suis donc procuré les trois premiers tomes qui, s'ils m'ont enthousiasmé et charmé, ne m'ont tout de même pas convaincu de me jeter immédiatement sur les deux (ou trois?) tomes suivants.  prenons d'abord le temps d'apprécier ce que l'on a ici.  il faut savoir d'abord que mathieu est ingénieux mais que ses meilleures idées se trouvent dans un premier tome agréablement dense, &lt;b&gt;&lt;i&gt;l'origine&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;.  dans cet album fondateur (son titre est doublement justifié), tout est d'abord mystérieux, intriguant.  mathieu ne se contente pas de nous rejouer l'angoisse d'un kafka, il lui emprunte également l'humour pince-sans-rire.  le tout n'est pas sans rappeler certaines histoires parmi les plus métaphysiques de borges, sur un ton à peine plus badin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le procédé central de &lt;i&gt;l'origine&lt;/i&gt; est le cloisonnement.  mathieu nous fait des foules hostiles, hypercompactes, des logements dix fois trop petits, des piles de livres à perte de vue.  et en contraste, l'air de ne pas y toucher, il habille tout ça de grandes perspectives ouvertes et plongeantes (ou contre-plongeantes), qui rendent encore plus cruel le manque d'espace.  on apprécie que l'auteur n'aie pas cherché à donner trop d'explications à son cauchemar absurde, exacerbé encore avec la fameuse "case en moins", qui est à la fois une illustration de ce qui précède et une porte de sortie.  mathieu, symboliste funambule, marche adroitement sur une ligne mince séparant le trop explicite du pas assez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/acquefacques3.jpg" style="float: left; margin: 0px 20px 20px 0px"&gt;les deux tomes suivants (comme je l'ai dit plus haut, je n'ai pas encore lu la suite; ça viendra) sont également très bons, mais ils souffrent de la comparaison d'avec &lt;i&gt;l'origine&lt;/i&gt;.  on déplore entre autres que l'auteur se contente d'une pirouette pour remettre sur pied son personnage suivant l'"explosion originelle" citée au début de &lt;b&gt;&lt;i&gt;la qu...&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (que l'on devine être la suite immédiate du tome précédent.)  les passages absurdes sont aussi bons que dans &lt;i&gt;l'origine&lt;/i&gt; mais ils font appel plus ou moins aux mêmes ressorts.  ainsi, on voit bien que mathieu a voulu créer un contraste spectaculaire en faisant visiter à son personnage un désert qu'il appelle "le rien", mais cet effet est un peu facile.  quant au &lt;b&gt;&lt;i&gt;processus&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, il ne semble être en rien la suite du précédent tome, ce qui est dommage si l'on espérait suivre julius conrentin acquefacques dans une quête à grand déploiement.  ce livre, en tout cas, fait preuve d'une construction redoutable: intrigue absurde parfaitement circulaire, une magistrale et pourtant très claire variation sur le thème du bris de continuum espace-temps.  (à l'opposé par exemple du &lt;i&gt;rork&lt;/i&gt; d'andreas, chef-d'oeuvre inimitable mais dont le raccordement temporel final nous semble assez peu limpide.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;bien sûr, dans tout cela, je n'ai pas parlé du plus évident, qui est le discours auto-référentiel de mathieu sur le médium de la BD.  mais cette réflexion, je la laisse à mes deux patients lecteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;à venir dès que j'ai quelques heures à moi (il y aura sans doute trois ou quatre chroniques sur ce thème): &lt;i&gt;l'encyclopédie de masse&lt;/i&gt; en deux tomes, quelques histoires d'&lt;i&gt;alack sinner&lt;/i&gt;, le fameux &lt;i&gt;plates-bandes&lt;/i&gt; de jean-christophe menu, et &lt;i&gt;princesse&lt;/i&gt; de jean-michel bertoyas.  et qui sait quoi d'autre ensuite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[et ça continue &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005/12/une-anne-formidable-2e-partie.html"&gt;par là&lt;/a&gt;.]&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113454504344715108?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113454504344715108/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113454504344715108' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113454504344715108'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113454504344715108'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/12/une-anne-formidable-1e-partie.html' title='une année formidable (1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; partie)'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113393460622682688</id><published>2005-12-06T21:57:00.000-05:00</published><updated>2005-12-07T01:43:33.343-05:00</updated><title type='text'>les livres de luc giard</title><content type='html'>&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/aventures_monsieur_luc_giard.gif" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px"&gt;luc giard fait peur.  que dire d'autre d'emblée d'un auteur qui révèle de façon aussi dangereusement candide les névroses et psychoses de tout un chacun, les siennes comprises?  non, en fait: surtout les siennes.  donc celles de tout le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;giard a bonne place dans cette trop rare catégorie d'auteurs incapables d'écrire un livre inoffensif.  il est aussi l'une des rares figures de la BD francophone à rejeter à ce point l'anonymat qui vient avec la profession.  ses livres ont tous implicitement son nom pour titre: &lt;b&gt;&lt;i&gt;les aventures de monsieur luc giard&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; en est l'exemple le plus patent, mais ses ticoune et tintin sont en noir sur blanc des alter ego de l'auteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le cas de tintin mérite qu'on s'y arrête.  sa reprise du personnage (non-autorisée et malheureusement sanctionnée, les ayant-droits ayant jadis interdit la vente du mythique &lt;b&gt;&lt;i&gt;tintin et son ti-gars&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;) ne garde presque rien de l'univers canonique d'hergé.  si on y devine le respect de giard pour l'oeuvre originale, cette reprise n'est ni un pastiche et encore moins une parodie ou une déconstruction.  de fait, c'est sans doute ce qui la rend si difficile à aborder par la critique ordinaire.  luc giard habite son tintin comme un déguisement d'halloween.  son tintin est solitaire, simplement accompagné de milou: le noyau des premiers albums, d'avant haddock.  dans un épisode, il rend inopinément visite à krazy kat, uniquement pour dire bonjour.  un autre est consacré à sa "dinky toys".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://perso.wanadoo.fr/prad/giard/ti_gars.jpg" style="float: left; margin: 0px 10px 10px 0px"&gt;suivant les déboires légaux que l'on imagine, giard décida de changer son tintin en ticoune, superhéros masqué.  à toutes fins pratiques, il s'agit du même personnage, c'est-à-dire luc giard déguisé en héros.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;il y a un autre luc giard dans les livres de luc giard, et celui-ci apparaît sous son vrai nom.  autour de lui, une constellation d'anciennes blondes dont il fait un éloge amoureux constant et dans le désordre.  un chapitre complet (sur trois) des &lt;i&gt;aventures de monsieur luc giard&lt;/i&gt; est consacré aux noces de l'auteur avec sa diane.  au fait, son univers esthétique est traité de la même manière.  l'épisode (dans &lt;i&gt;les aventures&lt;/i&gt;) où picasso propose ses services à l'éditeur de comics DC est révélateur: il s'agit d'affirmer, même pas de démontrer quoi que ce soit, mais d'affirmer platement et froidement que tout cela est fait de la même pâte et qu'il n'y a pas lieu d'en faire une hiérarchie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dans son nouveau livre, &lt;b&gt;&lt;i&gt;le pont du havre&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, giard, qui représente son alter ego dans un état qu'on pourrait qualifier de franchement dépressif, nous dessine en page 87 une cosmogonie claustrophobe et magnifique: une flèche allant d'hergé à pollock et vice-versa, une droite nommant les personnages principaux de &lt;i&gt;peanuts&lt;/i&gt; et une autre, cassée, dominée par le vieux hard rock, une autre encore reliant son fauteuil de lecture à john coltrane...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dans &lt;i&gt;le pont du havre&lt;/i&gt;, ticoune ne se ressemble pas toujours.  c'est ticoune qui est là, mais il est dessiné comme le personnage de luc giard.  luc giard, qui dans la vraie vie ne ressemble pas à un détective privé morose.  pas plus qu'à un superhéros bedonnant.  encore moins à tintin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;car luc giard existe vraiment: je l'ai rencontré.  je n'ai aucun mérite, quiconque habite à montréal risque de le croiser un jour.  on m'avait averti: l'homme est intimidant.  il l'est effectivement, si vous n'appréciez pas la candeur à la puissance mille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;d'avoir rencontré luc giard aide sans doute à apprécier ses livres.  mais peut-être pas.  il faut peut-être simplement avoir confiance dans le fait que, oui, il est comme ça pour vrai, que son livre n'a rien de feint, que malgré les apparences il n'est pas bêtement écrit au second degré.  ou alors que, en tout cas, le personnage qui le représente dans ses livres, qui porte son nom, est façonné comme ça &lt;i&gt;because&lt;/i&gt; la ténèbre et le poids de la destinée, vous savez ce que c'est.  pauvre luc giard, superficiellement postmoderne mais au final quasiment augustinien.  au fait, les derniers livres de giard pourraient bien s'appeler comme ça: des confessions.  se révéler pour mieux se dérober.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.pastis.org/mg/luc/pont_g/pont_g.jpg"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;si on ne peut pas, ou ne veut pas rencontrer luc giard en personne, on peut le rencontrer à travers ses livres.  ceux qu'il a faits, bien sûr, mais aussi les autres, où il a laissé sa signature.  c'est que giard est bibliophile de goût; c'est d'ailleurs le sujet de son dernier livre.  &lt;i&gt;le pont du havre&lt;/i&gt; raconte la "run", c'est-à-dire la tournée des librairies d'occasion de montréal.  giard y est à la recherche constante des plus merveilleux livres d'art, des BD les plus mythiques.  une fois acheté, le livre est estampillé de son nom, suivi de la date du jour.  il collectionnera parfois plusieurs exemplaires différentes du même livre.  (giard copie systématiquement à des dizaines d'exemplaires plusieurs de ses propres dessins; voir par exemple la série d'autoportraits en jeune garçon à la fin des &lt;i&gt;aventures&lt;/i&gt;.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.krazy.com/cover/americas.png" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px"&gt;puis un jour, luc giard se sent à l'étroit dans son atelier, il dit que les livres lui pèsent, qu'ils l'empêchent de travailler.  et là, il retourne dans les mêmes librairies, cette fois pour vendre; pour se débarasser.  et c'est alors le plus magnifique des butins qui se voit offert à l'acheteur suivant.  c'est comme ça que j'ai acquis certains des livres les plus beaux de ma propre collection: &lt;i&gt;peanuts: a golden celebration&lt;/i&gt; (acheté par luc giard le 27 avril 2000); &lt;i&gt;america's great comic strip artists&lt;/i&gt; de richard marschall (14 août 1995); &lt;i&gt;feiffer's album&lt;/i&gt; (2 août 1996); &lt;i&gt;poison river&lt;/i&gt; de gilbert hernandez (7 juillet 1996).  giard possède, dit-on, plusieurs copies du &lt;i&gt;krazy kat&lt;/i&gt; de mcdonnell et al, et qu'il refuse de les prêter à qui que ce soit (heureusement, j'ai la mienne).  quant à mon exemplaire de &lt;i&gt;la fabuleuse histoire de mickey&lt;/i&gt; (les strips de gottfredson des années 1930, encore elles), je m'étonne presque qu'il ne vienne pas lui aussi de sa bibliothèque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;pour moi, ces livres sont "de luc giard", dans le sens où ils ont été une habitation de l'artiste, comme tintin autrefois.  aussi, amateurs de luc giard qui écumez les librairies usagées de montréalm s'il vous arrive de trouver du pollock ou du beatrix potter, ouvrez la première page, vous y verrez peut-être une signature familière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;en lisant &lt;i&gt;le pont du havre&lt;/i&gt;, je m'amusais à imaginer mettre en scène le personnage de luc giard dans de nouvelles aventures dans le sud de montréal.  je me demande ce qu'il en penserait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;luc giard est-il un personnage obligé de se mettre en scène lui-même, de jouer le rôle de son propre auteur?  c'est une bien prétentieuse question et qui n'a d'ailleurs aucun sens, mais cet angle de lecture est tentant.  sauf que le travail de giard n'est pas circonscrit en une petite phrase bien faite, et qu'au contraire, adopter une lecture pareille donne plutôt une idée de l'étendue de l'oeuvre, étendue qui pourrait échapper au lecteur peu attentif ou embarassé par la manière giard.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113393460622682688?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113393460622682688/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113393460622682688' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113393460622682688'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113393460622682688'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/12/les-livres-de-luc-giard.html' title='les livres de luc giard'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113221260115712105</id><published>2005-11-17T01:40:00.000-05:00</published><updated>2005-11-17T04:16:43.330-05:00</updated><title type='text'>une fois la nouvelle vague passée, qu'est-ce qu'on fait?</title><content type='html'>le blogue étant un endroit approprié (semble-t-il) pour les confessions, alors autant l'avouer tout de go: il y a deux semaines, j'ai revendu six albums de sfar, tous à l'état quasi neuf et pour l'équivalent une bouchée de pain chacun (un petit sandwich, à la rigueur).  ce qui n'est pas un désaveu de l'auteur (je possède encore au moins une dixaine d'albums à son nom, tous très bons, sans compter la collection complète de &lt;i&gt;donjon&lt;/i&gt;...).  seulement, je trouvais qu'il prenait beaucoup de place dans ma petite bibliothèque.  je voulais faire de la place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;or, la place étant faite, il fallait bien la remplir (d'ailleurs, ça n'a pas pris de temps).  mais avec quoi?  bien sûr, il y a les classiques: les nouveaux &lt;i&gt;krazy &amp; ignatz&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;complete peanuts&lt;/i&gt;, en l'occurence.  mais quid du sang neuf, pour qui aime le solide?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;soyons polémique: disons qu'il n'y a pas eu grand chose de neuf chez les vedettes de la nouvelle BD ces derniers temps...  blain fait du blain, blutch fait du blutch, david b fait du david b, sfar fait du sfar.  et trondheim, il est directeur de collection chez delcourt.  ce qui est très bien: l'oeuvre de ces auteurs parle pour elle-même, pas besoin de justification.  cependant, le lecteur égoïste, toujours à l'affut d'un bon coup de brique (dans le sens de livre), s'ennuie un peu et regarde ailleurs...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;sauf que, et là je parle en lecteur et non pas en diplomate, une grande partie de ce qui sort sous les divers "labels" "nouvelle BD" ces derniers temps est, euhm, soyons gentils, d'intérêt disons, limité?  je ne nommerai pas de noms, seulement les collections où ces oeuvres paraîssent en majorité, soit: poisson pilote (post-guy vidal) et surtout expresso.  comment dire?  un lecteur exigeant se fiche que quelque chose soit "tendance", ce qu'il veut, c'est un choc.  &lt;i&gt;isaac le pirate&lt;/i&gt; produit ce choc.  &lt;i&gt;professeur bell&lt;/i&gt; aussi.  tout blutch, c'est un choc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mais voilà, des chocs, ça ne se produit pas quand le livre est mou!  il faut être dérangé par la lecture, retourné, même si c'est fait de façon amicale, consensuelle...  forest, c'est doux, mais ce n'est pas mou!  (non, ce n'est pas une question de couverture...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;il y a des exceptions.  je parlais récemment du &lt;i&gt;prestige de l'uniforme&lt;/i&gt; de loo hui phang et hugues micol (pas du tout à sa place dans la collection expresso), ainsi que de &lt;i&gt;l'aventure des opposants&lt;/i&gt; de boris bukulin (à l'association, ce qui n'est pas surprenant), deux excellent livres, à la fois rudes, évocateurs et mystérieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue6/fritz_haber1.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px"&gt;et puis, heureusement, il y a david vandermeulen.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;d'accord, le premier tome de &lt;b&gt;&lt;i&gt;fritz haber&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; n'est pas un livre parfait, peut-être parce qu'un peu "expérimental", mais il n'en est que plus intéressant pour cette raison.  précision technique: ce livre est entièrement "peint" en tons de sépia pour ressembler à un film muet des années 1930.  les dialogues sont d'ailleurs indiqués en sous-titres et en intertitres.  mais, non seulement cette technique peu orthodoxe passe très bien, elle permet en plus de bien traiter la distance historique, courte (1930, c'était hier) et en même temps pas tellement (ça fait quand même 70 ans tout ça!)  comme de feuilleter un vieil album de photos un peu floues, d'un temps où la photographie existait mais pas tout-à-fait...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vandermeulen fouille la politique de l'époque plutôt que les réactions émotionnelles de ses protagonistes (on lui en est gré): il parle de l'allemagne des années 1930, et plus particulièrement de la montée du nazisme et du sionisme: deux nationalismes qui, on le verra, se nourriront l'un l'autre d'une manière bien perverse...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;fritz haber, dont cette oeuvre est la biographie, est un scientifique génial, qui sera toute sa vie tiraillé entre ses origines juives et sa nationalité allemande.  autant il s'évertuera à s'extirper de ses origines pour plaîre à ses maîtres allemands, qui lui fermeront pourtant leurs portes à maintes reprises, autant il sera souvent tenté, un peu par dépit, par la solution sioniste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le grand mérite de vandermeulen est de démontrer, sans douteux schéma machiavélique, comment ce tiraillement peut s'expliquer de manière narrative.  c'est une question difficile que l'auteur aprofondit dans &lt;a href="http://www.actuabd.com/article.php3?id_article=2963"&gt;une entrevue récente&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;je n'ai pas envie de m'épandre sur les quelques défauts de ce premier tome (des dialogues un peu mécaniques, des citations un peu systématiques) car ils n'en forment pas le corps.  voilà d'abord et avant tout un livre qui nous pose des questions -- il faudra le relire et le laisser mijoter.  pour l'instant, on aurait surtout envie de le comparer au &lt;i&gt;louis riel&lt;/i&gt; de chester brown, une autre biographie peu orthodoxe sur un personnage controversé.  les deux livres ont beaucoup de qualités en commun, je ne dis que ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue6/petit_bleu_cote_ouest.jpg" style="float: left; margin: 0px 10px 10px 0px"&gt;à part ça, j'ai beaucoup aimé le nouveau tardi, &lt;b&gt;&lt;i&gt;le petit bleu de la côte ouest&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, qui est une adaptation du roman du même nom par jean-patrick manchette.  disons-le, c'est du noir, du polar véritable, et tardi n'avait pas été aussi bon dans cette veine depuis les meilleurs &lt;i&gt;nestor burma&lt;/i&gt;.  bien sûr, il y a plus de souffle dans &lt;i&gt;120, rue de la gare&lt;/i&gt; mais qu'importe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;le petit bleu&lt;/i&gt; est vicieusement moderne.  manchette est sans pitié pour la belle morale bourgeoise.  son paysage est fait de marques (de voiture et de pistolet), de musiciens de jazz et de bande dessinée bon marché (la fille du héros lit &lt;i&gt;la mauvaise tête&lt;/i&gt;; un des méchants est amateur de comics de super-héros).  on mettra le feu à une station-service, dans une scène aussi violente que mémorable.  et la sagesse (toute temporaire) y prendra la forme d'un vieil anarchiste coupé du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;quant au héros, c'est un... cadre.  un cadre ordinaire, qui se retrouve mêlé à une affaire qui ne le regarde pas.  et qui refuse de crever (à son grand étonnement d'ailleurs).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;je parlais de morale.  ce qui est remarquable dans cette histoire (et tardi le rend très bien) c'est qu'elle n'offre pas de "morale de rechange".  on n'essaie pas d'embobiner le lecteur, de lui faire croire que la quête du héros est juste et que l'on doit s'identifier à cette quête (i.e. cette croisade).  non, au contraire, notre héros surnage, il ne fait qu'essayer de sauver sa peau, et c'est à un réflexe de survie très brut que l'on s'accroche comme lecteur.  rien d'exaltant là-dedans.  (rien non plus d'étonnant de la part de l'auteur de &lt;i&gt;la guerre des tranchées&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;cri du peuple&lt;/i&gt;.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;soit dit en passant, j'ai retrouvé de cet esprit dans le récent film de jacques audiard, &lt;i&gt;de battre mon coeur s'est arrêté&lt;/i&gt;.  excellent film d'ailleurs, qui réussit lui-aussi à montrer la violence et l'exploitation sans l'exalter, réservant la grâce à celui des personnages qui, au bout du compte, la rejette (mais à quel prix?)  au fait, suis-je le seul à trouver que romain duris a une gueule à la nestor burma dans ce film?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ah là là, mais tardi est un "vieux", ça ne règle pas notre problème de ce qui vient après la vague...  bon, à tout le moins il y a encore deux tomes du vandermeulen à venir.  et il y a &lt;i&gt;number 5&lt;/i&gt; (encore 2 tomes...)  et un nouveau giard (&lt;i&gt;le pont du havre&lt;/i&gt;) pour bientôt.  et puis un nouveau daniel clowes (&lt;i&gt;ice haven&lt;/i&gt;).  et puis il y a, peut-être un jour, la suite de &lt;i&gt;la grippe coloniale&lt;/i&gt; d'appollo et serge huo-chao-si.  après, on verra.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113221260115712105?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113221260115712105/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113221260115712105' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113221260115712105'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113221260115712105'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/11/une-fois-la-nouvelle-vague-passe-quest.html' title='une fois la nouvelle vague passée, qu&apos;est-ce qu&apos;on fait?'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113134211446813497</id><published>2005-11-06T21:04:00.000-05:00</published><updated>2005-11-08T00:15:35.980-05:00</updated><title type='text'>petite lecture symbolique de krazy kat</title><content type='html'>&lt;blockquote&gt;je suis noire et pourtant belle...&lt;br /&gt;- cantique des cantiques&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.fantagraphics.com/classics/krazy/krazyignatz1935.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;une nouvelle livraison de &lt;b&gt;&lt;i&gt;krazy &amp; ignatz&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, qui plus est couvrant les années 1935-36, qui voient l'apparition des premiers sunday strips en couleur, est forcément une bonne occasion de reparler de l'oeuvre d'herriman.  et en particulier des nombreux mystères qui restent à éclaircir autour d'elle...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;à ce propos, un article de jeet heer (&lt;i&gt;the kolors of krazy kat&lt;/i&gt;) placé en préface de ce volume se veut une réponse "définitive" (le mot est de l'éditeur) à la question de l'ethnie d'herriman.  heer y défend la thèse de l'origine créole de l'auteur, se basant sur son fameux certificat de naissance qui classe le jeune herriman dans la catégorie des "colored" (ses parents, quant à eux, sont &lt;i&gt;mulatto&lt;/i&gt;, c'est-à-dire mulâtres.  on connaît la position des noirs dans la société américaine de l'époque.)  l'auteur aurait, dit-on, passé sa vie à cacher cette origine, entre autres à l'aide d'un chapeau qu'il avait toujours sur le crâne, et qui cachait ses "drôles de cheveux" (&lt;i&gt;kinky hair&lt;/i&gt;, selon le mot même d'herriman), ce qui expliquerait qu'il ait fallu si longtemps pour considérer sérieusement une généalogie africaine-américaine pour herriman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;l'article de heer, s'il n'apporte pas vraiment de preuves supplémentaires pour étayer cette thèse (qui au demeurant ne fait pas vraiment de doute), a surtout l'intérêt de démontrer comment cette appartenance à une zone grise qui n'est ni le monde des noirs, ni le monde des blancs, a pu influer sur l'oeuvre, ouverte et éclatée, d'herriman: on pense spontanément à krazy qui ne saura jamais se dire mâle ou femelle.  cette démonstration permet en tout cas de dépasser le côté purement anecdotique de la question des origines ethniques de l'auteur (qui, nonobstant son potentiel sordide, n'a pas tellement d'importance a priori) pour proposer plutôt, exemples à l'appui, une piste de lecture supplémentaire.  l'exposé de heer est convaincant, et forme sans doute le meilleur essai publié dans cette série jusqu'à maintenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;au chapitre des objets perdus (et retrouvés), ce nouveau tome comprend un petit cahier séparé présentant des versions entièrement restaurées de trois strips parus dans le dernier volume, qui couvrait les années 1933-34 (j'en parle brièvement &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005/04/les-mmes-que-dhabitude-et-dautres-dont.html"&gt;ici&lt;/a&gt;).  cette initiative est d'autant plus louable qu'il s'agit, tout de même, de constituer une fois pour toute le corpus entier de &lt;i&gt;krazy kat&lt;/i&gt; (du moins dans son édition dominicale).  ainsi on peut imaginer qu'avec un peu de chance, tout ce qui manque encore puisse être retrouvé au cours des prochaines années, entre autres grâce au pouvoir fédérateur de la collection &lt;i&gt;krazy &amp; ignatz&lt;/i&gt; qui de par son existence incite collectionneurs et amateurs à se faire connaître et à contribuer, si besoin est, à l'édifice...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.ignatzmouse.net/us/sundays/1918-jul-21/index.html"&gt;&lt;img src="http://www.ignatzmouse.net/pics/sundays/1918-jul-21/small.gif" style="float: left; margin: 0px 10px 10px -30px" /&gt;&lt;/a&gt;il existe un autre mystère, couramment évoqué, celui-ci autour des symboles utilisés par herriman pour "décorer" ses pages.  ces symboles apparaissent dès les premières années du strip et, rapidement, se limitent à deux: le premier est une croix entourée d'un cercle, le deuxième un éclair stylisé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;à ce que l'on sache, herriman n'a donné aucune explication pour ces symboles récurrents.  le moins que l'on puisse dire est que leur forme est très ancienne (voire, lâchons le mot, "primordiale").  à un certain moment, je leur avais trouvé quelques significations souterraines, disons, politiquement troublantes, mais je suis présentement incapable d'en trouver la référence.  de toute façon, j'avais à l'époque plus ou moins &lt;a href="http://www.bdparadisio.com/scripts/ForItems.cfm?IdSubject=040501070639#a326880"&gt;esquivé le sujet&lt;/a&gt; en concluant à l'utilisation de ces symboles par herriman sans idée déterminée, simplement pour le plaisir de les dessiner.  d'autres auteurs n'y voient d'ailleurs qu'une simple signature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;évidemment, la récurrence et la relative importance de ces deux symboles (à certaines époques, ils se trouvent tous deux systématiquement sur chaque sunday strip, souvent en gros et près du titre) ainsi que leur absence dans toutes les autres séries d'herriman, incite à y voir plus qu'une simple fantaisie d'artiste.  mais doit-on nécessairement croire qu'il s'y cache une énigme?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;pour le lecteur de &lt;i&gt;krazy kat&lt;/i&gt;, une partie du plaisir vient du déchiffrage de l'accent pour le moins particulier du personnage titre.  par exemple, lorsque krazy dit "toitil", l'auteur s'attend à ce que l'on comprenne "turtle".  en général, herriman se fera fort de disposer des indices langagiers et/ou visuels.  la tortue, dans notre exemple, répondra: "oh, i'm a very polite turtle".  bien sûr, il y a d'autres moments où les indices sont plus abscons, et la déduction plus ardue.  et il y a ces apostrophes, coiffant certains mots, certains noms, certains concepts, suggérant que ceux-ci ne soient pas vraiment ce qu'ils semblent être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;et puis, il y a aussi cette adresse au lecteur, souvent citée semble-t-il, qui clôt le strip du 17 juin 1917:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;you have written truth, you friends of the "shadows", yet be not harsh with "krazy" -- he is but a "shadow" himself, caught in the web of this mortal skein.  we call him "cat," we call him "crazy," yet he is neither.  at some time will he ride away to you, people of the twilight.  his password will be the echoes of a vesper bell, his coach, a zephyr from the west.  forgive him, for you will understand him no better than we who linger on this side of the pale.&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;où je veux en venir?  disons qu'il existe, dans &lt;i&gt;krazy kat&lt;/i&gt;, une invitation permanente à résoudre le casse-tête ambiant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;or donc, supposons un moment que nos fameux symboles aient, après tout, une signification pour l'auteur, voire qu'ils constituent une clé, voire encore qu'ils permettent d'en saisir une profondeur cachée.  une expression, peut-être, qui soit lisible par-delà les langues et les époques...  nécessairement, il s'agira donc d'un contenu qu'on pourrait qualifier de spirituel.  mais comme il s'agit d'art (et non pas, par exemple, de science atomique), cette qualification ne nous effraiera pas outre mesure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;heureusement, nous avons le &lt;i&gt;dictionnaire des symboles&lt;/i&gt; de chevalier et gheerbrant qui nous ouvrira une brèche, et ainsi nous permettra de construire notre petite symbolique (de dilettante, il va sans dire).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;commençons donc par l'éclair.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;l'éclair est assez bien circonscrit par les auteurs du &lt;i&gt;dictionnaire&lt;/i&gt;.  signe ancien, il "symbolise l'étincelle de la vie et le pouvoir fertilisant".  c'est la semence, le geste de création, possiblement divin.  il est assez tentant de faire un parallèle avec la création, par herriman, du monde de coconino county, en évoquant un auteur dont l'univers est en tous points imperméable au reste du monde: clos, fonctionnel et complet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;notons rapidement qu'en fait d'éclair, celui d'herriman ressemble aussi à un point d'interrogation stylisé.  ce détail a lui aussi une valeur de définition, il baptise l'éclair fécondateur: une naissance sous les auspices du mystère, si l'on veut...  s'il existe un symbole qui signifie: "symbole", c'est peut-être bien celui-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la croix dans un cercle ne donne pas, à première vue, de résultats aussi intéressants.  ni l'entrée sur la croix, ni celle sur le cercle, ne semblent nous éclairer.  d'abord, l'axe de la croix chez herriman n'est pas clair: s'agit-il d'un "+" ou d'un "x"?  mais, que ce soit l'un ou l'autre, les significations proposées par chevalier et gheerbrant ne semblent pas satisfaisantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;et si ce symbole représentait...  une roue?  une simple roue à quatre rayons (qui ne sont donc ni un "+", ni un "x")?  cette hypothèse me semble plus que crédible.  dans les strips plus récents, on notera même que le cercle est dessiné plus gras que les rayons, comme s'il s'agissait d'un pneu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;enfin.  si c'est le cas, nous avons une concordance assez intéressante.  le &lt;i&gt;dictionnaire&lt;/i&gt; cite de champeaux et sterckx: la roue symbolise "les cycles, les recommencements, les renouvellements", elle est le symbole "de l'affranchissement des conditions de lieu, de l'état spirituel qui leur est corrélatif".  elle représente aussi la terre dans ce qu'elle a de cyclique.  la roue à quatre rayons est "l'expansion selon les quatre directions de l'espace", "le rythme quaternaire de la lune et des saisons."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lorsqu'on sait combien toute la dynamique de &lt;i&gt;krazy kat&lt;/i&gt; est faire de variations sur une même idée de départ répétée à l'infini, on se dit que voilà bien un emblême approprié!  de fait, pendant toute la durée du strip, les personnages ne changeront jamais de personnalité, leur relation restera toujours la même.  voire: lorsqu'elle changera, ce sera exceptionnel, et selon une règle parallèle à la règle originale: par exemple, pendant quelques semaines, ce sera krazy qui jettera une brique à un ignatz éperdu.  quand tout reviendra à la normale, aucun des personnages ne retiendra quoi que ce soit de cette entorse temporaire à l'état des choses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;cette symbolique, rapidement esquissée, nous offre déjà une lecture souterraine, une signature, non pas d'herriman le dessinateur, mais d'herriman le créateur, dans le sens (osons) cosmogonique du terme.  bien sûr, d'autres auteurs ont fait des strips aux situations répétitives, aux personnages à la personnalité et aux réactions immuables.  c'est même l'un des attributs majeurs de plusieurs écoles de la bande dessinée.  mais herriman est sans doute le premier, et l'un des seuls, à avoir systématisé cette "astuce narrative" tout en dévoilant ce système.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;de fait, ce qui est à première vue ingénieux dans &lt;i&gt;krazy kat&lt;/i&gt; c'est la simplicité absolue du mécanisme (trois personnages interagissant toujours de la même façon entre eux), et le fait que ce mécanisme puisse être placé dans à peu près n'importe quelle situation arbitraire sans jamais se démonter.  en plus de "mécanisme", on pourrait parler de moteur: dans certains strips, la relation krazy / ignatz / offisa pup est en arrière-plan, mais elle bat quand même la mesure: l'action en avant-plan peut avancer à n'importe quel rythme, elle peut aboutir ou pas, elle peut mener à quelque chose ou pas: tout est dans le moteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mais revenons à notre symbolique.  les deux symboles vus jusqu'ici sont de nature hiéroglyphique.  il serait intéressant d'examiner le contenu représentationnel des strips.  (bref: les dessins.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;parmi ceux-ci on peut dégager assez rapidement plusieurs concepts, qu'on prendra pour ce qu'ils sont: des suggestions.  le croissant de lune, souvent vu chez herriman, évoque, comme la roue, un cycle, avec l'idée de changement dans le cycle.  le chat évoquera la mort, la couleur noire le chaos, qui rejoint bien sûr l'idée de génération spontanée, évoquée plus haut en d'autres mots.  le concept de chaos est en outre bien illustré par les fameux &lt;i&gt;changing backgrounds&lt;/i&gt; (les décors changeants) d'herriman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mais le symbole le plus évocateur semble être le désert, un élément majeur du strip.  watterson, entre autres, en dit ceci: "the land is really a character in the story".    c'est dans le désert qu'herriman a choisi de placer sa mythologie (à l'opposé, par exemple, d'une forêt vierge, d'un pâturage, d'un village, etc.).  et ici on citera encore le &lt;i&gt;dictionnaire des symboles&lt;/i&gt;:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;l'ambivalence du symbole [le désert] est éclatante, à partir de la seule image de la solitude: c'est la stérilité, sans dieu; c'est la fécondité, avec dieu, mais due à dieu seul.&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;en d'autres mots, le désert est un endroit éloigné de son créateur mais, en même temps, un endroit à l'unique merci de son créateur.  c'est un endroit aride où rien ne vit par lui-même.  sauf peut-être un certain moteur à trois temps, qui ronronne sans fin...  jusqu'à ce qu'un éclair...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;tout ceci nous semble juste jusqu'à un certain point, mais plus nous avançons et moins nous voyons de choses.  par rapport à quoi le symbole est-il "juste"?  jusqu'à quel point est-ce que tout ceci signifie quoi que ce soit?  jusqu'à quel point est-ce ce que je "lis" est "là"?  au fond, comment peut-on être sûr de la volonté de l'auteur?  est-il même possible que celui-ci ait consciemment placé tous ces symboles sur notre route?  ce serait douteux: s'ils formaient un système complètement articulé, ils auraient été décodés depuis longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;alors qu'apprend-on ici que l'on ne savait pas déjà à la simple lecture?  ah, voilà que l'ingénue félin continue à nous échapper, et nous entendons soudainement l'écho de l'avertissement d'herriman:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;... forgive him, for you will understand him no better than we who linger on this side of the pale.&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ça!  nous étions avertis!  au fait, nous l'étions depuis wittgenstein, qui conclut son &lt;i&gt;tractatus&lt;/i&gt; en affirmant que certaines choses ne pouvaient être dites, seulement montrées.  la forme décortiquée du symbole ne veut rien dire en soi.  (encore du &lt;i&gt;dictionnaire&lt;/i&gt;, une jolie citation de pierre emmanuel: "analyser intellectuellement un symbole, c'est peler un oignon pour trouver l'oignon.")&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mais on voudra peut-être se réapproprier tous ces symboles mystérieux dont le sens n'est explicable que par leur seule évocation.  se les réapproprier, car ils servent aussi à nous reconnaître entre nous.  (&lt;i&gt;nous&lt;/i&gt;?  encore un symbole...  celui de &lt;i&gt;number 5&lt;/i&gt;, incidemment...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;et on relira &lt;i&gt;krazy kat&lt;/i&gt; en évitant de s'encombrer d'une théorie symbolique quelconque.  si ce n'est qu'avec peut-être une ou deux nouvelles idées derrière la tête.&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113134211446813497?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113134211446813497/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113134211446813497' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113134211446813497'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113134211446813497'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/11/petite-lecture-symbolique-de-krazy-kat.html' title='petite lecture symbolique de &lt;i&gt;krazy kat&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113083222716205069</id><published>2005-11-01T04:12:00.000-05:00</published><updated>2005-11-02T00:48:53.376-05:00</updated><title type='text'>romans continus</title><content type='html'>&lt;img src="http://images.andrewsmcmeel.com/media/3102/large.jpg" style="float: right; margin: 0px -30px 10px 10px" /&gt;j'étais arrivé vers la fin du 1er volume (au milieu de l'année 1988) du &lt;b&gt;&lt;i&gt;complete calvin &amp; hobbes&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; quand j'ai eu l'impression d'un génie que je ne soupçonnais pas dans l'oeuvre de watterson.  c'est étrange à dire car j'avais l'impression de bien connaître ce strip, au point d'avoir développé une certaine distance face à lui.  même que récemment, je me disais que c'était bien, son strip à watterson, mais que c'était quand même dommage qu'après avoir cessé &lt;i&gt;calvin &amp; hobbes&lt;/i&gt;, il ne se soit pas mis à faire du roman graphique, comme tout le monde...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le fait est que, quiconque n'a lu, voire feuilleté qu'un recueil ou deux de &lt;i&gt;calvin &amp; hobbes&lt;/i&gt; (peu importe la langue) connaît et comprend intimement la dynamique implacable de cette bande dessinée à propos d'un gamin de six ans et de son tigre de compagnon "imaginaire".  le lire sur la longueur n'offre pas, a priori, de grande surprise: les motifs ne changent pas énormément, ils s'affinent et se déclinent d'une multitude de façons.  watterson a la spectralité d'un mccay: il déploie les couleurs sans qu'aucune d'entre elles ne soit une signature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mais cette relecture de watterson change la donne pour d'autres raisons.  et pour le coup, le mot "nouvelles lectures" (telle l'aiguille d'une horloge morte qui, deux fois par jour, etc.) devient soudainement approprié: et si, &lt;i&gt;calvin &amp; hobbes&lt;/i&gt;, c'était un roman?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005/04/les-mmes-que-dhabitude-et-dautres-dont.html"&gt;il y a quelque mois&lt;/a&gt; je parlais de "great american novel" à propos du &lt;b&gt;&lt;i&gt;complete peanuts&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, qui présente exactement les mêmes caractéristiques d'exhaustivité et de chronologie.  c'était un peu à la blague; du moins, je n'y voyais qu'une lubie personnelle sans grande conséquence (personne ne pense à appeler &lt;i&gt;peanuts&lt;/i&gt; un roman), bref, le truc parfait à écrire comme ça sur un blogue, pour le simple amusement de mes deux lecteurs (que je salue amicalement en passant).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.fantagraphics.com/artist/losbros/gilbert/palomar.jpg" style="float: left; margin: 0px 10px 10px 0px" /&gt;il est moins controversé de parler de roman pour &lt;b&gt;&lt;i&gt;palomar, the heartbreak soup stories&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; de gilbert hernandez.  bien sûr, tant que la série des frères hernandez s'appelait &lt;i&gt;love &amp; rockets&lt;/i&gt; et qu'elle paraissait en fascicules de trente-quelque pages, on la considérait comme une excellente collection de nouvelles.  mais lorsque nous avons cette même matière rassemblée en un volume de 500 pages, nous avons de toute évidence un roman, et qui plus est une oeuvre d'une cohérence mêlée à une ampleur rarement vue en bande dessinée, où chaque personnage, fût-il secondaire, naît, vit et meurt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mais les &lt;i&gt;heartbreak soup stories&lt;/i&gt; ont leur chronologie propre, avec un début, un milieu et une fin: leur transformation en roman épique semble par là plutôt naturelle (quoique).  le cas des strips quotidiens est autre: leur chronologie interne n'obéit pas forcément au réalisme.  calvin, par exemple, a six ans lorsqu'il entre à l'école en septembre, et il a six ans lorsque les vacances d'été arrivent.  puis, à la rentrée suivante, lorsqu'il se remémore (pour le lecteur) les mauvais coups de l'année précédente, il ne fait pas référence bien sûr à son année à lui mais à la nôtre.  lui a toujours, inexorablement, six ans.  une année a bien passé, mais une nouvelle n'est pas venue la remplacer le premier janvier venu, comme dans &lt;i&gt;little nemo&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;de toute façon, on aurait tort de dire que, de par cette chronologie interne déficiente, le strip n'est en aucun cas du "roman".  au contraire.  simplement, cette chronologie est une convention comme une autre.  pensons à schulz, qui fait apparaître certains personnages à l'état de bébé, les fait grandir, puis leur donne leur âge définitif, qui ne changera dès lors plus.  toute la famille van pelt (lucy, linus et rerun) est apparue ainsi, ainsi que schroeder.  les personnages anciens de la série (shermy, patty et violet) donnent l'impression d'avoir disparu tout simplement car schulz les avait fait trop vieillir; ils ont rejoint les adultes, à l'extérieur des cases.  quand on y regarde de près, on voit que ce schéma est fort différent de celui de &lt;i&gt;calvin &amp; hobbes&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;au fait, chaque auteur a sa chronologie propre.  c'est une richesse qu'on ne retrouve que très peu en littérature écrite.  frank king (&lt;i&gt;gasoline alley&lt;/i&gt;) fait vieillir ses personnages avec les années.  harold gray (&lt;i&gt;little orphan annie&lt;/i&gt;) voyait à ce que chaque strip représente plus ou moins une journée vécue avec les protagonistes (la &lt;i&gt;sunday page&lt;/i&gt; faisant office de résumé de la semaine passée).  pourtant, annie ne grandira jamais.  sauf que ça n'a aucune importance parce que l'auteur, lui, possède toujours un moyen de tisser son histoire, dans le sens large du terme, qui est la chronologie externe, c'est-à-dire sa chronologie et la nôtre, cette chronologie qui est représentée par la datation des strips.  (19 septembre 1951: schroeder prononce son premier mot.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://images.andrewsmcmeel.com/media/2698/large.jpg" style="float: right; margin: 0px -30px 10px 10px" /&gt;mais, pour qu'il y ait roman, il faut bien qu'il y ait, à tout le moins, une gamme, un développement, une évolution: on ne voudrait surtout pas que d'honnêtes professeurs de bonne littérature française s'arrachent les cheveux à ce sujet.  et c'est encore sur ce point que &lt;i&gt;calvin &amp; hobbes&lt;/i&gt; se chargera de nous impressionner: sur la durée, des détails qui nous semblaient anecdotiques nous révèlent finalement plus riches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le cas de calvin est intéressant pour plusieurs raisons.  d'abord parce qu'il n'existe pas beaucoup de héros aussi clairement (et ingénieusement!) schizophréniques dans la bande dessinée.  on peut aussi voir dans l'oeuvre de watterson une variation sur &lt;i&gt;dr jekyll &amp; mr hyde&lt;/i&gt;.  calvin ne fait pas que parler à hobbes, son tigre en peluche: il donne à celui-ci une personnalité propre, et les deux ne cesseront jamais de se chamailler.  calvin ne fait pas de son tigre un second obéissant, au contraire!    mais il voit forcément en lui un compagnon philosophique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;une relation plus subtile existe entre calvin et ses parents.  ceux-ci se voient obligés d'accepter les frasques d'un fils souvent odieux, mais, s'ils ne cachent pas leur désarroi, font preuve d'une affection profonde envers lui, d'une sorte de pitié pour un gamin instable, incapable de se faire des amis, absolument réfractaire à l'éducation, mais cultivé et appliqué (son anglais est &lt;i&gt;proper&lt;/i&gt; même lorsqu'il parle de crottes de nez), et fort imaginatif (le mot est faible!).  sauf que les parents non plus n'invitent jamais d'amis à la maison: on ne les voit sortir qu'ensemble.  et l'oncle de calvin, lorsqu'il visite le strip, laisse passer cette réflexion somme toute assez sobre: "sometimes, i think all my friends have been imaginary."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"whatever it is, it is what keeps me from strangling you right now", répond la mère de calvin que celui-ci avait tiré du lit au beau milieu de la nuit pour lui demander ce qu'est l'amour.  et si quelqu'un, quelque part, avait vu que pour ce personnage sans amarres ni gestalt, c'était la dérive à coup sûr, une fois entré dans le monde des adultes?  les parents de calvin peuvent bien espérer qu'un jour leur garnement vieillisse, mais...  à quel prix?  au point de perdre cette singulière liberté?  au point d'abandonner l'ami hobbes?  et si la solution avait été de laisser à calvin ses six ans pour toujours, ou du moins, pour la durée du strip?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;et si &lt;i&gt;calvin &amp; hobbes&lt;/i&gt; était l'histoire d'un gamin qui, par amitié pour un tigre, refuse d'avoir sept ans?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113083222716205069?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113083222716205069/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113083222716205069' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113083222716205069'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113083222716205069'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/11/romans-continus.html' title='romans continus'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113160837333927244</id><published>2005-11-01T00:00:00.000-05:00</published><updated>2006-02-07T05:02:04.390-05:00</updated><title type='text'>petit index pratique</title><content type='html'>ce petit index (mis à jour aussi régulièrement que possible) est une référence alphabétique des oeuvres et auteurs mentionnés dans ce blogue.  (également incluses sont des critiques initialement parues sur bdparadisio et "déménagées" sur ce blogue en novembre 2005.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/ada_altan1.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px"&gt;&lt;b&gt;altan&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;ada dans la jungle&lt;/i&gt; (casterman, coll. "romans", 1982, traduit de l'italien): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_04_01_kutcorners_archive.html"&gt;avril 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;benoit (ted)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;berceuse électrique&lt;/i&gt; (casterman, coll. "romans", 1982): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2003_02_01_kutcorners_archive.html"&gt;février 2003&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;bernard (fred)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;la tendresse des crocodiles&lt;/i&gt;, tome 1 des &lt;i&gt;aventures de jeanne picquigny&lt;/i&gt; (le seuil, 2003): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2003_10_01_kutcorners_archive.html"&gt;(octobre 2003)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;bertoyas (jean-michel)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;princesse&lt;/i&gt; (les requins marteaux, coll. "comix", 2005): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_12_01_kutcorners_archive.html"&gt;décembre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;blutch&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;vitesse moderne&lt;/i&gt; (dupuis, coll. "aire libre", 2002): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2002_11_01_kutcorners_archive.html"&gt;novembre 2002&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.drawnandquarterly.com/imagesProduct/a3f9d450933422.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px"&gt;&lt;b&gt;brown (chester)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;louis riel&lt;/i&gt; (drawn &amp; quarterly, 2003, t.o. anglais): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2004_10_01_kutcorners_archive.html"&gt;(octobre 2004)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;bukulin (boris)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;l'aventure des opposants&lt;/i&gt; (l'association, coll. "côtelette", 2005): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_08_01_kutcorners_archive.html"&gt;août 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;casanave (daniel)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;macbeth&lt;/i&gt;, d'après l'oeuvre de william shakespeare (6 pieds sous terre, 2004): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2004_09_01_kutcorners_archive.html"&gt;(septembre 2004)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;clowes (daniel)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;david boring&lt;/i&gt; (pantheon, 2000, t.o. anglais): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2004_11_01_kutcorners_archive.html"&gt;(novembre 2004)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;david b&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;l'ombre de dieu&lt;/i&gt;, tome 1 des &lt;i&gt;chercheurs de trésor&lt;/i&gt; (dargaud, coll. "poisson pilote", 2003): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2003_10_01_kutcorners_archive.html"&gt;octobre 2003&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;david b &lt;b&gt;et sfar (joann)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;urani&lt;/i&gt; (dargaud, coll. "poisson pilote", 2000): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2002_11_01_kutcorners_archive.html"&gt;novembre 2002&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;deitch (kim et simon)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;the boulevard of broken dreams&lt;/i&gt; (pantheon, 2002, t.o. anglais): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_10_01_kutcorners_archive.html"&gt;octobre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;deliège (paul)&lt;/b&gt; (sc.) &lt;b&gt;et macherot (raymond)&lt;/b&gt; (d.), &lt;i&gt;sibylline s'envole&lt;/i&gt;, tome 5 de &lt;i&gt;sibylline&lt;/i&gt; (dupuis, 1975): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_10_01_kutcorners_archive.html"&gt;octobre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;denis (jean-claude)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;quelques mois à l'amélie&lt;/i&gt; (dupuis, coll. "aire libre", 2002): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_10_01_kutcorners_archive.html"&gt;octobre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;érasme&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;éloge de la folie&lt;/i&gt; (garnier, 1964): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_04_01_kutcorners_archive.html"&gt;avril 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;feiffer (jules)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;tantrum&lt;/i&gt; (fantagraphics, 1997, t.o. anglais): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_03_01_kutcorners_archive.html"&gt;mars 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue2/jehanne_arc1.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px"&gt;&lt;b&gt;f'murrr&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;jehanne au pied du mur&lt;/i&gt;, suivi de &lt;i&gt;tim galère&lt;/i&gt; (casterman, coll. "classiques", 2003): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2003_09_01_kutcorners_archive.html"&gt;septembre 2003&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;forest (jean-claude)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;n'importe quoi de cheval&lt;/i&gt; (dargaud, 1974): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_04_01_kutcorners_archive.html"&gt;avril 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;forest (sc.) &lt;b&gt;et tardi (jacques)&lt;/b&gt; (d.), &lt;i&gt;ici même&lt;/i&gt; (casterman, coll. "classiques", 2003): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2004_11_01_kutcorners_archive.html"&gt;(novembre 2004)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;franquin (andré)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;les voleurs du marsupilami&lt;/i&gt;, tome 5 de &lt;i&gt;spirou et fantasio&lt;/i&gt; (dupuis, 1975): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_02_01_kutcorners_archive.html"&gt;février 2005&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_05_01_kutcorners_archive.html"&gt;mai 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;franquin, &lt;i&gt;le nid des marsupilamis&lt;/i&gt;, tome 12 de &lt;i&gt;spirou et fantasio&lt;/i&gt; (dupuis, 1967): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_05_01_kutcorners_archive.html"&gt;mai 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;giard (luc)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;les aventures de monsieur luc giard&lt;/i&gt; (mécanique générale, 2003): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_12_01_kutcorners_archive.html"&gt;décembre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;giard, &lt;i&gt;donut death&lt;/i&gt; (mécanique générale, 2005): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_04_01_kutcorners_archive.html"&gt;avril 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;giard, &lt;i&gt;le pont du havre&lt;/i&gt; (mécanique générale, 2005): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_12_01_kutcorners_archive.html"&gt;décembre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;hagelberg (matti)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;holmenkollen&lt;/i&gt; (l'association, 2002, traduit du finnois): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2002_11_01_kutcorners_archive.html"&gt;novembre 2002&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;hernandez (gilbert)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;palomar, the heartbreak soup stories&lt;/i&gt; (fantagraphics, 2003, t.o. anglais): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_11_01_kutcorners_archive.html"&gt;novembre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;herriman (george)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;krazy kat&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;krazy &amp; ignatz: the complete full-page comic strips&lt;/i&gt;, fantagraphics, 2002-05, t.o. anglais): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_04_01_kutcorners_archive.html"&gt;avril 2005&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_11_01_kutcorners_archive.html"&gt;novembre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;igort&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;5 est le numéro parfait&lt;/i&gt; (casterman, coll. "romans", 2002, traduit de l'italien): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2003_01_01_kutcorners_archive.html"&gt;janvier 2003&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;kim (derek kirk)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;same difference and other stories&lt;/i&gt; (top shelf, 2004, t.o. anglais): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_04_01_kutcorners_archive.html"&gt;avril 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/chaminou1.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px"&gt;&lt;b&gt;macherot (raymond)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;la revanche d'anthracite&lt;/i&gt;, série &lt;i&gt;chrolorophylle&lt;/i&gt; (le lombard, coll. "jeune europe", 1964): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_10_01_kutcorners_archive.html"&gt;octobre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;macherot, &lt;i&gt;le furet gastronome&lt;/i&gt;, série &lt;i&gt;chlorophylle&lt;/i&gt; (le lombard, coll. "vedette", 1970): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_10_01_kutcorners_archive.html"&gt;octobre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;macherot, &lt;i&gt;chaminou et le khrompire&lt;/i&gt; (dupuis, coll. "péchés de jeunesse", 1979): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_10_01_kutcorners_archive.html"&gt;octobre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;macherot, &lt;i&gt;sibylline en danger&lt;/i&gt;, tome 2 de &lt;i&gt;sibylline&lt;/i&gt; (dupuis, 1968): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_08_01_kutcorners_archive.html"&gt;août 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;mardon (grégory)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;corps à corps&lt;/i&gt; (dupuis, coll. "aire libre", 2004): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_12_01_kutcorners_archive.html"&gt;décembre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;masse (francis)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;l'encyclopédie de masse&lt;/i&gt; (2 tomes, les humanoïdes associés, 1982): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_04_01_kutcorners_archive.html"&gt;avril 2005&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_12_01_kutcorners_archive.html"&gt;décembre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;mathieu (marc-antoine)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;l'origine&lt;/i&gt;, tome 1 de &lt;i&gt;julius corentin acquefacques, prisonnier des rêves&lt;/i&gt; (delcourt, 1996): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_12_01_kutcorners_archive.html"&gt;décembre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mathieu, &lt;i&gt;la qu...&lt;/i&gt;, tome 2 de &lt;i&gt;julius corentin acquefacques, prisonnier des rêves&lt;/i&gt; (delcourt, 2003): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_12_01_kutcorners_archive.html"&gt;décembre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mathieu, &lt;i&gt;le processus&lt;/i&gt;, tome 3 de &lt;i&gt;julius corentin acquefacques, prisonnier des rêves&lt;/i&gt; (delcourt, 1996): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_12_01_kutcorners_archive.html"&gt;décembre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/number_53.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px"&gt;&lt;b&gt;matsumoto (taiyou)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;amer béton&lt;/i&gt; (3 tomes, tonkam, 1996, traduit du japonais): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_03_01_kutcorners_archive.html"&gt;mars 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;matsumoto, &lt;i&gt;ping pong&lt;/i&gt; (5 tomes, delcourt, coll. "asuka", 2003-2004, traduit du japonais): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_02_01_kutcorners_archive.html"&gt;février 2005&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_03_01_kutcorners_archive.html"&gt;mars 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;matsumoto, &lt;i&gt;number 5&lt;/i&gt; (8 tomes dont 6 parus, kana, coll. "made in japan", 2003-2005, traduit du japonais): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_03_01_kutcorners_archive.html"&gt;mars 2005&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_04_01_kutcorners_archive.html"&gt;avril 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;mattioli (massimo)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;m le magicien&lt;/i&gt; (l'association, 2003): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2004_02_01_kutcorners_archive.html"&gt;(février 2004)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;menu (jean-christophe)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;plates-bandes&lt;/i&gt; (l'association, coll. "éprouvette", 2005): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_12_01_kutcorners_archive.html"&gt;décembre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;morgan (harry)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;principes des littératures dessinées&lt;/i&gt; (l'an 2, coll. "essais", 2003): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2004_07_01_kutcorners_archive.html"&gt;(juillet 2004)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;oda (hideji)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;dispersion&lt;/i&gt; (2 tomes, casterman, coll. "sakka", 2004-2005, traduit du japonais): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_04_01_kutcorners_archive.html"&gt;avril 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;phang (loo hui)&lt;/b&gt; (sc.) &lt;b&gt;et micol (hugues)&lt;/b&gt; (d.), &lt;i&gt;prestige de l'uniforme&lt;/i&gt; (dupuis, coll. "double expresso", 2005): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_08_01_kutcorners_archive.html"&gt;août 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;sampayo (carlos)&lt;/b&gt; (sc.) &lt;b&gt;et muñoz (josé)&lt;/b&gt; (d.), &lt;i&gt;alack sinner, flic ou privé&lt;/i&gt; (casterman, coll. "romans", 1983, traduit de l'espagnol): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_12_01_kutcorners_archive.html"&gt;décembre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;schulz (charles)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;peanuts&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;the complete peanuts&lt;/i&gt;, fantagraphics, 2004-2005, t.o. anglais): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_04_01_kutcorners_archive.html"&gt;avril 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/professeur_bell3.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px"&gt;&lt;b&gt;sfar (joann)&lt;/b&gt; (sc.) &lt;b&gt;et tanquerelle (hervé)&lt;/b&gt; (d.), &lt;i&gt;le cargo du roi singe&lt;/i&gt;, tome 3 de &lt;i&gt;professeur bell&lt;/i&gt; (delcourt, 2002): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2002_07_01_kutcorners_archive.html"&gt;juillet 2002&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;sfar (sc.), &lt;b&gt;trondheim (lewis)&lt;/b&gt; (sc.) &lt;b&gt;et andreas&lt;/b&gt; (d.), &lt;i&gt;la carte majeure&lt;/i&gt;, tome 3 de &lt;i&gt;donjon monsters&lt;/i&gt; (delcourt, 2002): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2003_02_01_kutcorners_archive.html"&gt;février 2003&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;sfar (sc.), trondheim (sc.) &lt;b&gt;et menu (jean-christophe)&lt;/b&gt; (d.), &lt;i&gt;le géant qui pleure&lt;/i&gt;, tome 2 de &lt;i&gt;donjon monsters&lt;/i&gt; (delcourt, 2001): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2002_04_01_kutcorners_archive.html"&gt;avril 2002&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;tardi (jacques)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;le petit bleu de la côte ouest&lt;/i&gt;, d'après l'oeuvre de jean-patrick manchette (les humanoïdes associés, 2005): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_11_01_kutcorners_archive.html"&gt;novembre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;tezuka (osamu)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;ayako&lt;/i&gt; (3 tomes, delcourt, coll. "asuka", 2004, traduit du japonais): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_02_01_kutcorners_archive.html"&gt;février 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;tezuka, &lt;i&gt;barbara&lt;/i&gt; (2 tomes, delcourt, coll. "asuka", 2005, traduit du japonais): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_08_01_kutcorners_archive.html"&gt;août 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;tezuka productions&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;osamu tezuka, biographie: 1928-1945&lt;/i&gt; (casterman, coll. "écritures", 2004, traduit du japonais): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2004_10_01_kutcorners_archive.html"&gt;(octobre 2004)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;trondheim (lewis)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;lapinot et les carottes de patagonie&lt;/i&gt; (l'association, coll. "ciboulette", 1997): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_04_01_kutcorners_archive.html"&gt;avril 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;trondheim, &lt;i&gt;ALIEEN&lt;/i&gt; (bréal, coll. "jeunesse", 2004): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_01_01_kutcorners_archive.html"&gt;(janvier 2005)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue6/fritz_haber1.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px"&gt;&lt;b&gt;vandermeulen (david)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;l'esprit du temps&lt;/i&gt;, tome 1 de &lt;i&gt;fritz haber&lt;/i&gt; (delcourt, coll. "mirages", 2005): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_11_01_kutcorners_archive.html"&gt;novembre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;watterson (bill)&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;calvin &amp; hobbes&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;the complete calvin &amp; hobbes&lt;/i&gt;, coffret de 3 tomes, andrews &amp; mcmeel, 2005, t.o. anglais): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_11_01_kutcorners_archive.html"&gt;novembre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;willem&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;le feuilleton du siècle&lt;/i&gt; (cornélius, coll. "pierre", 2000): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2002_09_01_kutcorners_archive.html"&gt;septembre 2002&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;willem, &lt;i&gt;les aventures de l'art&lt;/i&gt; (cornélius, coll. "pierre", 2004): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005_12_01_kutcorners_archive.html"&gt;décembre 2005&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;winshluss et cizo&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;monsieur ferraille&lt;/i&gt; (les requins marteaux, coll. "ferraille", 2001): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2003_04_01_kutcorners_archive.html"&gt;avril 2003&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;yann&lt;/b&gt; (sc.) &lt;b&gt;et bodart (denis)&lt;/b&gt; (d.), &lt;i&gt;mai 68&lt;/i&gt;, tome 2 de &lt;i&gt;célestin spéculoos&lt;/i&gt; (glénat, coll. "sale caractère", 1993): &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2002_07_01_kutcorners_archive.html"&gt;juillet 2002&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113160837333927244?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113160837333927244/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113160837333927244' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113160837333927244'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113160837333927244'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/11/petit-index-pratique.html' title='petit index pratique'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-112840111501276390</id><published>2005-10-04T00:12:00.000-04:00</published><updated>2005-10-05T02:55:56.720-04:00</updated><title type='text'>la revanche de macherot, et deux autres histoires</title><content type='html'>&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/chaminou1.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;décidément, j'ai eu de la chance ces derniers temps.  il est généralement assez rare de trouver du macherot en usagé (je ne parle même pas du neuf), et depuis mon &lt;i&gt;sibylline en danger&lt;/i&gt; (voir &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005/08/mes-vacances-cest-le-fait-que-je-nai.html"&gt;chronique précédente&lt;/a&gt;), j'ai tout de même réussi à dégotter quatre nouveaux volumes: deux mineurs, et deux très bons.  de ceux-là, il n'y en a qu'un dont j'avais le moindre souvenir de lecture: &lt;b&gt;&lt;i&gt;chaminou et le khrompire&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (1964), trouvé dans l'honnête réédition "péchés de jeunesse" (quand même ironique comme choix de collection lorsqu'on sait que macherot avait déjà plusieurs années d'expérience à &lt;i&gt;tintin&lt;/i&gt; lorsqu'il écrit ce récit!)  chaminou est un personnage très réussi mais, comme toujours chez macherot, ce sont les méchants qui sont au devant de la scène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;on aura deviné que je place cet unique tome dans la catégorie des très bons macherot (je ne suis pas le seul, semble-t-il...) malgré sa grande linéarité: on y passe constamment d'une péripétie à l'autre et l'intrigue est quelque peu rudimentaire (disons qu'on ne se casse pas la tête pour suivre le récit.)  par contre, le rythme est excellent et les références au film noir (dans un album tout en couleurs, faut le faire! mais il y a de très belles ambiances nocturnes dans la première moitié du livre) sont tout bonnement savoureuses.  et on sourira au fait que le fameux khrompire du titre se voit largement confiné au second rôle au profit du vrai méchant de l'histoire (en l'occurence, le gouverneur crunchblott, avatar d'anthracite), ce qui est tout-à-fait "macherotien". (macherotin?)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/chlorophylle5.jpg" style="float: left; margin: 0px 10px 10px 0px" /&gt;l'autre "très bon" est &lt;b&gt;&lt;i&gt;la revanche d'anthracite&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (1961-62, de la série &lt;i&gt;chlorophylle&lt;/i&gt;) dont l'intrigue est plus tassée que pour le &lt;i&gt;chaminou&lt;/i&gt; et, par conséquent, plus emballante.  les petites caricatures des travers humains à la macherot font toujours l'effet d'un bonbon piquant, surtout qu'ici, on y parle, et de manière à peine voilée, de la menace de l'arme nucléaire.  encore une fois ici, le méchant (en l'occurence l'odieux anthracite) est le véritable héros de l'histoire.  même le grand zorglub n'est pas autant le héros de &lt;i&gt;z comme zorglub&lt;/i&gt; qu'anthracite est le héros dans sa &lt;i&gt;revanche&lt;/i&gt; éponyme.  ce genre de mise en équilibre (les "bons" ont finalement à peu près autant de poids narratif que les "méchants") s'avère une sorte d'invitation à l'intelligence du lecteur.  au fait, les gags sont très bons dans cet opus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;je ne parle pas du dessin du maître, à la fois vif et rugueux; ni de la composition des cases, d'une limpidité toute hergéenne; autant dire qu'on a ici le meilleur des deux mondes de la BD belge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/chlorophylle7.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;je note les autres deux albums trouvés: tout d'abord &lt;b&gt;&lt;i&gt;le furet gastronome&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (1962), un autre &lt;i&gt;chlorophylle&lt;/i&gt;, qui est surtout mineur du fait d'être plus court (30 pages) et donc moins développé.  cela reste agréable pour autant.  notons entre autres au début du récit un calque du combat entre zabaglione et valentin mollet à la fin des &lt;i&gt;voleurs du marsupilami&lt;/i&gt; (1952)!  par contre, &lt;b&gt;&lt;i&gt;sibylline s'envole&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (1974) se révèle être la déception annoncée, malgré un scénario sympathique signé paul deliège (créateur de &lt;i&gt;bobo&lt;/i&gt;, décédé plus tôt cette année).  disons que tout ça est bien édulcoré et que, même au dessin, macherot n'y est pas à son meilleur, loin de là.  on sait cependant que ce livre correspond à une période de dépression de l'auteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ma redécouverte du corpus franquinien avait été déclenchée par la lecture du &lt;i&gt;et franquin créa la gaffe&lt;/i&gt; de numa sadoul.  j'ai donc cru intéressant, dans cette découverte de macherot (parler de redécouverte me semble inexact, n'ayant lu que très peu de livres de cet auteur avant cette année), de m'accompagner d'un guide.  en l'occurence, ce guide est la &lt;b&gt;&lt;i&gt;monographie&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; éditée par mosquito, intéressante surtout pour l'entretien avec l'auteur, qui ne révèle pas grand chose tout de même, mais aussi pour les jolis dessins, représentant diverses époques, parsemant le volume.  sans compter bien sûr la bibliographie complète, très utile pour bien s'y retrouver au vu des éditions fort disparates, difficiles à trouver.  on y découvre en tout cas qu'à l'âge de 15 ans, macherot pouvait dessiner aussi bien qu'hergé, et on y apprend qu'un changement de marque de plume a eu une influence marquante, et pas forcément positive, sur son dessin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;trouverai-je bientôt d'autres macherot?  c'est à peu près la seule chose que je recherche ces jours-ci, du moins dans les librairies usagées.  j'ajouterai mes commentaires lorsqu'il y aura du nouveau...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;au fait, je pourrais bien mentionner que j'ai lu des trucs plus récents aussi, sinon on va croire que je deviens gâteux à ne lire que de la vielle BD belge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.randomhouse.com/catalog/covers/0-375-42191-2.gif" style="float: left; margin: 0px 10px 10px 0px" /&gt;d'abord, que &lt;b&gt;&lt;i&gt;the boulevard of broken dreams&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; de kim et simon deitch (traduit en français sous le titre &lt;i&gt;une tragédie américaine&lt;/i&gt;) est un petit chef-d'oeuvre, gâché seulement par une finale par trop symétrique (une application un peu ratée, selon moi, de "l'effet jimmy corrigan") mais rachetée par une dernière page vraiment émouvante (vous ne me verrez pas dire ça souvent d'une BD!)  le dessin, à la fois brut et précis, fait une grande place aux hachurés maniaques et aux aplats noirs envahissants, qui créent une ambiance aussi grotesque qu'irrésistible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;tout au long du livre les personnages principaux sont représentés dans les films d'animation qu'ils réalisent.  cette mise en abîme, peu impressionnante a priori, permet pourtant d'explorer la psyché des personnages d'une manière toute naturelle, narrativement redoutable.  elle permet (surtout) de rendre crédible la pureté des sentiments des deux personnages principaux, le dessinateur ted mishkin, animateur aux tendances hébéphréniques, et sa collègue lillian freer, véritable figure centrale de ce livre beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît à première vue.  et ce portrait-hommage, un rien grinçant, d'un windsor mccay (génial créateur de &lt;i&gt;little nemo&lt;/i&gt; mais aussi pionnier de l'animation) sur le déclin ajoute une réelle profondeur au récit.  &lt;i&gt;the boulevard of broken dreams&lt;/i&gt; est une histoire triste mais, en même temps, étrangement réjouissante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/mois_amelie.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;et puis, je l'avoue, j'ai bien aimé l'avant-dernier jc denis, &lt;b&gt;&lt;i&gt;quelques mois à l'amélie&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, qui me faisait envie depuis un moment.  que dire: c'est charmant et agréablement ironique.  sans se mettre directement en scène, denis fait vivre à son personnage principal, un écrivain dans la cinquantaine, des questionnements sur sa pratique artistique, qu'on doute proche des siens.  denis a une jolie façon de démonter le fantasme de vieux célibataire qui forme le coeur du livre (dans une petit village perdu, une jolie femme vit seule avec son enfant).  en dévoilant l'histoire souterraine derrière le fantasme, denis s'amuse avec le lecteur: il lui donne la "crédibilité" qu'il attend mais, ce faisant, il démolit l'idylle et donc, la tension.  l'anglais possède un mot pour qualifier cela: "deceptive" (à ne surtout pas confondre avec "décevant"!)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;chez denis, un concept tel que la "pureté des sentiments" (voir plus haut, chez les deitch) serait incroyable.  ses histoires sont plutôt des ambiances, des mobiles, elles appellent à un certain naturalisme.  c'est ce qui rend aussi désarçonnantes les entorses au réalisme des vieux &lt;i&gt;luc leroi&lt;/i&gt;, par exemple.  c'est aussi, il me semble, la cause du désarroi du personnage d'aloys clark (l'écrivain, héros du récit) dans &lt;i&gt;quelques mois à l'amélie&lt;/i&gt;: il a l'impression de tourner en rond à l'intérieur du système esthétique qu'il s'est constitué, aussi il tente de s'évader en suivant la piste d'un autre écrivain.  mais ce faisant, il découvre...  un autre système; un autre mobile.  ce procédé narratif de denis n'est pas tant ingénieux qu'il semble nous en dévoiler long sur sa propre façon de concevoir des histoires, ainsi que les obstacles qu'il rencontre dans son travail et la façon dont il les contourne.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-112840111501276390?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/112840111501276390/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=112840111501276390' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/112840111501276390'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/112840111501276390'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/10/la-revanche-de-macherot-et-deux-autres.html' title='la revanche de macherot, et deux autres histoires'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-112495624116933957</id><published>2005-08-25T04:41:00.000-04:00</published><updated>2005-08-25T04:43:08.230-04:00</updated><title type='text'>mes vacances, c'est le fait que je n'ai rien écrit dans mon blogue de l'été</title><content type='html'>c'est du travail, un blogue.  et du travail profondément vain, à un niveau si fondamental qu'on s'excuse facilement de le laisser de côté quand on a mieux à faire, par exemple: jouer à openttd jusqu'à 4 heures du matin.  profiter de l'été pour avancer mes projets personnels?  à quoi bon quand il fait si chaud?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;c'est donc sans analyse aucune, et sans la moindre intention d'être lu, que je livre (tout de même) mes quelques lectures marquantes de l'été.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue6/aventures_opposants.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;l'aventure des opposants&lt;/i&gt; de boris bukulin&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;l'association a publié, pour la première fois de son existence, le manuscrit d'un parfait inconnu, reçu par la poste ordinaire, l'oeuvre, dira-t-on, d'un quidam comme vous et moi.  menu aurait difficilement pu attiser davantage la curiosité de jeunes auteurs aspirant à publier chez lui.  comment?  non seulement menu ne publie rien de ce qu'il reçoit, mais en plus, la fois où ça arrive, il va publier un inconnu, un mec qui n'a pas de site internet, qui ne farfouille pas les forums, qui ne vient pas de telle école d'angoulême, qui d'emblée ne dessine même pas comme blain?  ah, mais il n'est pas simplement méchant, le menu, il est odieux!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mais qu'est-ce qu'elle vaut, cette &lt;i&gt;aventure des opposants&lt;/i&gt;?  eh bien, tout d'abord, on peut bien oublier cette histoire de manuscrit reçu d'un débutant, ce livre est assez grand pour tenir tout seul.  on note que bukulin a de la plume, qu'il manie l'absurde avec un brio qui fait plaisir à voir.  avec une belle intelligence, très analytique, l'auteur nous sert des portraits, non pas psychologiques mais philosophiques.  ne sert à rien de s'"attacher" aux personnages.  mais on rit, et la profondeur est là.  on pense à mandryka qui aurait lu wittgenstein.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;on connaît la formule: "un auteur est né".  il serait pourtant plus juste de dire ici: "un livre est né".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue5/prestige_uniforme.jpg" style="float: left; margin: 0px 10px 10px 0px;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;prestige de l'uniforme&lt;/i&gt;, de loo hui phang (scénario) et hugues micol (dessin)&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;j'aime de plus en plus hugues micol.  je l'aimais bien dans &lt;i&gt;3&lt;/i&gt;.  si je trouvais qu'il pateaugait un peu dans &lt;i&gt;chiquito la muerte&lt;/i&gt;, j'ai bien aimé feuilleter ses &lt;i&gt;contes du 7e souffle&lt;/i&gt; (avec éric adam) et surtout, je suis tombé en admiration devant l'élégance, coiffée d'un audacieux trait gras, dont il fait montre dans sa &lt;i&gt;loi de la forêt&lt;/i&gt; (avec j-l capron, publiée en feuilleton dans &lt;i&gt;ferraille&lt;/i&gt;).  c'est dans cette veine que se trouve &lt;i&gt;prestige de l'uniforme&lt;/i&gt; et c'est tant mieux pour nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;pour moi, ce &lt;i&gt;prestige de l'uniforme&lt;/i&gt; est avant tout une belle grande claque narrative, avec naturalisme pervers à la clef.  le scénario implacable de hui phang est interpreté très justement par micol.  le problème avec cette histoire, pour celui qui veut en dire du bien, est qu'on ne voudrait pas trop en déflorer l'intrigue -- la surprise contribue au plaisir de lecture.  en tout cas, je ne sais pas pour les rumeurs, mais juste pour la qualité du livre en lui-même, ça sent le prix à angoulême à plein nez.  (incompréhensible que dupuis ait publié ce livre ailleurs que dans sa collection de prestige, aire libre.  la marque, dirait-on si on voulait polémiquer, d'une maison d'édition qui se cherche, comme casterman à sa mauvaise époque.  pas bon, ça...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/sibylline2.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;sibylline en danger&lt;/i&gt;, de macherot (1968)&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;macherot est un auteur au parcours étonnant, pour qui connaît son talent.  il a été plus ou moins renié par le lombard (éditeur de &lt;i&gt;tintin&lt;/i&gt;) qui a malmené ses &lt;i&gt;chlorophylle&lt;/i&gt; (la plupart n'ont jamais connu d'édition cartonnée!) et éliminé de son catalogue ses trois &lt;i&gt;clifton&lt;/i&gt; (personnage qu'il a créé), avant de refiler ces séries aux turk, de groot et dupa, des noms maintenant bien plus connus du grand public que celui de macherot.  et dupuis (il passe à &lt;i&gt;spirou&lt;/i&gt; dans les années 1960) ne l'a pas beaucoup mieux traité, arrêtant la série &lt;i&gt;chaminou&lt;/i&gt; après un seul album et obligeant l'auteur à refaire du &lt;i&gt;chlorophylle&lt;/i&gt;...  ce qui nous donne la fabuleuse &lt;i&gt;sibylline&lt;/i&gt; dont les 11 albums ne sont plus disponibles qu'en occasion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;qui a peur de raymond macherot? se demande-t-on.  on ne l'aimait pas, à &lt;i&gt;tintin&lt;/i&gt;: trop enfantin (le dessin animalier) et trop adulte (le propos souvent sombre).  on y préférait alors les héros boy-scout moralisateurs vaguement débiles de l'écurie greg.  question d'équilibre.  dupuis, quoi qu'on en dise, n'était pas beaucoup plus sophistiqué (et ne l'est pas beaucoup plus aujourd'hui, voir commentaire ci-haut), mais c'était là où sévissait l'école de marcinelle, franquin en tête, avec qui macherot se sentait davantage de parenté.  malgré tout, dupuis a, dit-on, détesté &lt;i&gt;chaminou et le khrompire&lt;/i&gt; lors de sa sortie, alors qu'on y reconnaît maintenant un classique.  comme quoi, la postérité ne fait pas de cadeaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;macherot non plus ne fait pas de cadeaux.  le côté champêtre de son univers animalier suggère un optimisme trompeur.  ses personnages, bons et méchants, ont leurs zones grises.  à la fin de &lt;i&gt;sibylline en danger&lt;/i&gt;, les habitants de la forêt, libérés des "camps" (brrr!), quittent leur habitat pour s'établir ailleurs, laissant le terrain aux rats qui s'y sont installés de force.  nos héros, abandonnés de leurs concitoyens qu'ils ont libéré par ruse, ne contrôlent au final qu'une petite île.  un souvenir de guerre cruellement efficace, mettant en vedette des souris, un porc-épic, un lapin et un corbeau...  tiens, plus qu'un pas à faire, et on est chez spiegelman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue4/barbara1.jpg" style="float: left; margin: 0px 10px 10px 0px;" /&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;barbara&lt;/i&gt;, d'osamu tezuka (1974)&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;barbara&lt;/i&gt; est un livre (en deux tomes) pas très bien écrit, construit tout croche, mais bourré d'idées bizarres et franchement candide.  en fait, cette histoire de perversion et d'inspiration, écrite juste après &lt;i&gt;ayako&lt;/i&gt; (également très hétéroclite), est presque aussi gênante à lire qu'elle est fascinante.  c'est que le carton-pâte dont sont faits les personnages (on a parfois l'impression qu'eux-mêmes sont incrédules devant le rôle que leur fait jouer tezuka) ressemble drôlement à celui du philip k dick des mauvais jours, la science-fiction en moins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;on pourra déplorer une analyse quelque peu superficielle des divers sujets abordés par cette oeuvre (sexualité, création, folie, ésotérisme), ce serait passer à côté du formidable pouvoir évocateur que, même dans ses moments les plus approximatifs, tezuka réussit à provoquer.  le livre est habité d'une terreur languissante, jamais appuyée, comme un fantôme qui vous suivrait partout sans jamais rien vous dire ou vous faire.  au final, on se sera assez attaché à barbara et on la craindra d'autant plus.  et on aura excusé toutes ses maladresses à notre auteur et à son alter ego dans le livre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-112495624116933957?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/112495624116933957/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=112495624116933957' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/112495624116933957'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/112495624116933957'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/08/mes-vacances-cest-le-fait-que-je-nai.html' title='mes vacances, c&apos;est le fait que je n&apos;ai rien écrit dans mon blogue de l&apos;été'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-111622339496107834</id><published>2005-05-15T23:53:00.000-04:00</published><updated>2005-10-05T02:51:39.823-04:00</updated><title type='text'>l'ombre du marsupilami</title><content type='html'>&lt;blockquote&gt;&lt;cite&gt;"Immédiatement, je mis en action mon téléobjectif et le braquai sur le nouvel animal... Oh! merveille! J'avais sous les yeux un chef-d'oeuvre de la nature!"&lt;/cite&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/spirou_fantasio12.jpg" style="float: left; margin: 0px 20px 20px 0px" /&gt;décidemment, &lt;b&gt;&lt;i&gt;le nid des marsupilamis&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (1957) est un récit bien désarmant.  faisant entièrement contraste d'avec le reste de la série-mère (&lt;i&gt;spirou et fantasio&lt;/i&gt; bien sûr), le récit de 40 pages, qui est en fait un long reportage réalisé et narré par la reporter seccottine, se veut un documentaire sur la vie des marsupilamis dans la forêt palombienne.  bien sûr, tout dans ce documentaire est faux: le marsupilami n'existe pas, non plus que la palombie ou seccotine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;le nid des marsupilamis&lt;/i&gt; a été qualifié par certains critiques (dont numa sadoul) de "non-aventure", du fait que les héros présumés y sont entièrement passifs, puisqu'ils sont les spectateurs du reportage.  en fait, parler de non-aventure est une façon un peu détournée de noter que la véritable histoire se déroule à l'intérieur du reportage et n'implique aucunement spirou et fantasio: le marsupilami rencontre une marsupilamie et gagne son affection.  puis ils construisent un nid où trois petits marsupilamis verront le jour.  mais la petite famille devra bien sûr faire face aux dangers de la cruelle forêt palombienne...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;petite fable ludique sans grande intrigue?  peut-être.  sauf que d'abord, c'est très drôle.  l'humour de franquin est burlesque et se nourrit de catastrophes.  il se cache derrière une façade aimable une subversion nourrie pour qui tout est un jeu;  un fantasme d'enfant qui ne connait pas la méchanceté, une suite de mauvais coups pour rire.  le marsupilami est une synthèse de tout cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;graphiquement, l'auteur donne à son fantastique animal toutes les meilleures expressions, il le gratifie de son dessin le plus élégant.  chaque trait d'expression est un travail d'orfèvre, d'une justesse accomplie d'autant plus que rien n'a jamais l'air forcé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la façon dont s'y prend le marsupilami pour séduire sa belle ont tout du dessinateur timide et maladroit (je suis bien placé pour en parler).  marsu ne s'y prend pas trop mal au début mais, effarouchée par tant d'attentions, la belle refuse un moment ses avances.  je ne sais pas ce que l'on doit lire dans ce passage, mais il a un petit côté "adulte" qui, au demeurant, est très bien vu.  au fait, page 16, la marsupilamie nous fait un petit be-bop...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;commettons le lieu commun voulant que &lt;i&gt;le nid&lt;/i&gt; soit, de loin, l'aventure la plus "féminine" de la série &lt;i&gt;spirou et fantasio&lt;/i&gt;.  on sait qu'à cette époque, les contraintes éditoriales d'un journal catholique tel que &lt;i&gt;spirou&lt;/i&gt; demandaient que les héros soient nécessairement des garçons (les &lt;i&gt;sophie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;isabelle&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;natacha&lt;/i&gt; et autres &lt;i&gt;franka&lt;/i&gt; resteront toujours minoritaires dans ces pages) et les récits se cantonnent obstinément à ce genre très particulier d'aventure entre réalisme scout et burlesque de science-fiction qui faisait alors la marque de commerce des éditions dupuis.  &lt;i&gt;le nid&lt;/i&gt; a donc toutes les apparences d'un prétexte pour y contrevenir joyeusement tout en demeurant "acceptable" aux yeux des censeurs.  on trouvera d'ailleurs dans ce volume plusieurs gros plans sur le visage de seccotine, rares chez franquin, dont certains sont charmants.  (la citation en exergue vient de mon préféré d'entre eux.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/spirou_fantasio5.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 20px 20px" /&gt;pourquoi célèbre-t-on autant le marsupilami?  à mon avis, tout simplement parce que c'est le plus impressionnant animal jamais inventé par un auteur de BD.  d'abord pour son ingénuité et sa parfaite solidité.  car l'animal est rare, aussi doit-il savoir se défendre.  pour cela, il dispose d'une queue de plusieurs mètres qui lui permet à peu près n'importe quelle cascade.  ce n'est pas un hasard si, dans sa première grande aventure (&lt;b&gt;&lt;i&gt;les voleurs du marsupilami&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, 1952), franquin met en scène sa créature dans le cadre d'un numéro de cirque: il s'y prête!  c'est là qu'il perfectionne les inimitables pitreries du marsupilami, qui à elles seules sont une sorte de merveille du monde de la BD franco-belge.  il serait assez intéressant qu'un historien nous recense un jour toutes ces routines...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;à partir de là, le marsupilami est plus qu'un animal imaginaire: il est une créature graphique, un ressort narratif sur pattes, une source continuelle de mouvement.  bref: il est l'animal de BD par excellence, celui qui n'existe que par le médium et par qui le médium trouve une sorte de justification par le sublime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la liste des attributs du marsupilami nous décrit un individu formidable: hilare, généreux, impatient, fort, violent, insoumis.  cet animal mangeur de pirhanas est une sorte d'anarchiste au sang chaud, dépourvu de vélléités de conquête (sinon féminine!)  mais gare à vous si vous l'attaquez le premier...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;marsupilami, le best of:&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;franquin, &lt;i&gt;les voleurs du marsupilami&lt;/i&gt; (spirou et fantasio #5, 1952)&lt;br /&gt;franquin, &lt;i&gt;le dictateur et la champignon&lt;/i&gt; (spirou et fantasio #7, 1954)&lt;br /&gt;franquin, &lt;i&gt;le nid des marsupilamis&lt;/i&gt; (spirou et fantasio #12, 1957)&lt;br /&gt;franquin, &lt;i&gt;le voyageur du mésozoïque&lt;/i&gt; (spirou et fantasio #13, 1957)&lt;br /&gt;franquin, greg et jidéhem, &lt;i&gt;QRN sur bretzelburg&lt;/i&gt; (spirou et fantasio #18, 1963)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;il existe aussi une série appelée simplement &lt;i&gt;marsupilami&lt;/i&gt; mais, comme elle n'est ni dessinée ni scénarisée par franquin (bien que réalisée sous sa supervision), son intérêt est limité.  au dessin, batem imite franquin convenablement mais sans beaucoup de personnalité.  on peut tout de même lire les quatre premiers tomes, scénarisés respectivement par greg et yann.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-111622339496107834?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/111622339496107834/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=111622339496107834' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/111622339496107834'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/111622339496107834'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/05/lombre-du-marsupilami.html' title='l&apos;ombre du marsupilami'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-111424488504681443</id><published>2005-04-23T02:48:00.000-04:00</published><updated>2005-10-05T02:48:52.670-04:00</updated><title type='text'>les mêmes que d'habitude, et d'autres (dont forest, oda, masse, trondheim...)</title><content type='html'>pour une fois, beaucoup de BD lues et relues récemment...  tout d'abord, le &lt;b&gt;&lt;i&gt;krazy &amp; ignatz&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; de 1933-34, que les maniaques vont adorer (je ne prendrai pas la peine de conseiller ce tome à ceux qui veulent "découvrir" herriman; ceux-là devraient commencer par l'excellente biographie signée patrick mcdonnell) entre autres parce qu'il compile des planches que l'on croyait perdues, voire inexistantes, produites pendant les années les plus obscures de l'auteur, alors qu'il n'était publié que par deux ou trois journaux, les rédacteurs-en-chef de l'époque étant, dit-on, submergés de plaintes de la part des lecteurs pour ce strip jugé trop ésotérique et ambigu.  je me répète, là.  je me suis déjà épanché (et en état d'ébriété, en plus; ceci expliquant cela) sur le cas herriman dans &lt;a href="http://kutcorners.blogspot.com/2005/04/george-herriman-auteur-maudit.html"&gt;une précédente missive&lt;/a&gt;.  que dire de plus qui n'ait été dit par moi ou l'un des nombreux exégètes du maître?  (on croirait parfois qu'il n'y a que des spécialistes qui lisent herriman; on met pourtant bien lewis carroll entre les mains des petites filles innocentes!)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue2/hypocrite3.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 20px 20px" /&gt;avant ça je suis tombé sur &lt;b&gt;&lt;i&gt;n'importe quoi de cheval&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;.  le dessin de forest me régale toujours, ainsi que ses dialogues.  pourtant je n'avais pas accroché sur &lt;i&gt;le monstre du loch ness&lt;/i&gt; ni sur &lt;i&gt;comment décoder l'etircopyh&lt;/i&gt;, les deux précédentes aventures de la sensuelle et caractérielle hypocrite.  mon impression était que la construction en feuilleton causait trop de redites, empêchant le moindre rythme de s'installer.  mais avec &lt;i&gt;n'importe quoi de cheval&lt;/i&gt;, la bride est lâchée et rien n'arrête le merveilleux récit absurde et déjanté de forest.  l'auteur donne dans la science-fiction à pleins gaz et on sent quelques parallèles ici et là avec le très beau space opera au second degré qu'il commit à la même époque avec gillon (au dessin), &lt;i&gt;les naufragés du temps&lt;/i&gt; (je cherche toujours désespérement le 4e tome de cette courte saga.)  forest est, encore et toujours, un auteur à lire.  il faut se glisser dans ses livres comme dans une douce couverture où vous attend une jolie fille aux seins pointus et au sourire moqueur.  commencez déjà par &lt;i&gt;enfants, c'est l'hydragon qui passe&lt;/i&gt;.  puis, &lt;i&gt;la jonque fantôme vue de l'orchestre&lt;/i&gt;.  après, vous y allez comme vous le sentez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/ada_altan1.jpg" style="float: left; margin: 0px 20px 20px 0px" /&gt;une nuit que je ne dormais pas, je me suis re-tapé &lt;b&gt;&lt;i&gt;ada dans la jungle&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; d'altan et j'ai bien rigolé.  on ne se lasse jamais des classiques.  l'héroïne d'altan est elle aussi superbe, mais c'est surtout un monstre d'avidité, une garce de la pire espèce dont, bien sûr, on s'attache d'autant plus que "ce n'est qu'une histoire".  une belle "histoire morale" comme on les aime... un autre plaisir a été la découverte du nouveau luc giard, &lt;b&gt;&lt;i&gt;donut death&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, sympathique gueuleton acidulé qui me fera patienter avant la sortie attendue de son &lt;i&gt;pont du havre&lt;/i&gt;.  là aussi, encore des filles, les bonnes vieilles muses de giard, ses plantureuses serveuses de dunkin donuts inquiètes et ses vixens de l'espace au regard fuyant.  bref, que du bonheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;puis, deux lectures continuées: d'abord le tome 4 de &lt;b&gt;&lt;i&gt;number 5&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (matsumoto toujours), enfin arrivé dans nos contrées lointaines, s'est fait lire un peu rapidement, surtout qu'il consiste presque entièrement en un long flashback, découpé un peu lâchement.  allez, ça reste passionnant.  j'ai cru pendant un moment que matsumoto allait nous faire 5 tomes bien tassés (comme &lt;i&gt;ping pong&lt;/i&gt;) mais j'ai l'impression maintenant que ça ne sera pas fini avant une dizaine de tomes pour cette histoire aux fils encore bien enchevêtrés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue4/dispersion2.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 20px 20px" /&gt;j'ai pu également terminer &lt;b&gt;&lt;i&gt;dispersion&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; de hideji oda, dont le premier tome m'avait laissé plutôt perplexe.  ce second et dernier tome (qui regroupe en fait les tomes 2 et 3 de l'édition japonaise) fournit un développement nécessaire à cette histoire lente et mélancolique.  en fait, je m'étais convaincu que l'auteur allait se péter la gueule avec la suite de son histoire à mi-chemin entre un (photo)réalisme assez cru et une fantaisie surréaliste d'une austérité franchement bizarre.  force est d'admettre que j'avais tort.  finalement, ce qui donne de la substance à ce récit très personnel, c'est le fait que les personnages vieillissent, qu'ils finissent par se comprendre eux-mêmes et entre eux, "à force".  la question posée par ce livre c'est: "jusqu'où peut-on fuir?"  c'est un peu adolescent, avouons-le, mais c'est pourtant très touchant et bourré de scènes réussies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dans le registre (post)adolescent, je n'aurais pas cru non plus accrocher autant sur la novella éponyme du &lt;b&gt;&lt;i&gt;same difference and other stories&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; de derek kirk kim (récemment traduit en français).  "tranche de vie", sans doute, engoncée dans les clichés d'une certaine génération américaine cultivée par le grunge (je suis passé par là donc je compatis d'autant plus facilement) mais étonnante et sincère.  et graphiquement très bien foutu, d'ailleurs.  les histoires courtes qui suivent sont plutôt inégales, dommage, mais l'histoire principale vaut amplement le billet d'entrée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/encyclopedie_masse1.jpg" style="float: left; margin: 0px 20px 20px 0px" /&gt;et là, qu'est-ce que j'ai trouvé, dans ma tournée hebdomadaire des librairies?  deux trésors qui me feront sans doute passer une jolie semaine.  d'abord la rarissime &lt;b&gt;&lt;i&gt;encyclopédie&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; de francis masse.  en fait, je mentirais si je disais que je savais quoi que ce soit sur ces deux tomes massifs publiés en 1982 aux humanoïdes associés et impossibles à trouver sauf sur coup de chance, sinon que l'association avait longtemps voulu les rééditer...  mais il semble que ça ne se fera plus, si j'en crois un de mes correspondants (bonjour philippe!).  bref, je ne connais masse que de réputation, mais quelle réputation...  j'ai donc commencé à feuilleter les dits ouvrages et je sens que je vais me régaler; ils ont en tout cas tout de l'artéfact extraterrestre inexplicable.  bon, et quoi encore?  ah bien sûr, le nouveau &lt;b&gt;&lt;i&gt;complete peanuts&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, quoi d'autre?  allez hop, les années 1955-56, schulz comme un roman.  un roman de 7500 pages s'étalant sur 25 tomes.  serait-ce là la véritable "great american novel"?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ah oui, et puis j'ai relu pour la cinq ou sixième fois &lt;b&gt;&lt;i&gt;lapinot et les carottes de patagonie&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; de lewis trondheim.  c'est toujours aussi bon.  reste qu'il faudrait une suite.  non, je ne parle pas de la fin "ouverte" qui a troublé tant de lecteurs mais d'une bonne dizaine de fils narratifs laissés en suspens (je les noterais bien au fil de ma lecture si elle ne m'obnubilait pas déjà complètement).  par exemple, nous expliquera-t-on un jour qui peut bien vouloir du mal à rodrigo-anton alvarez della silvana (et que sont donc les livres qu'il cherche au monastère sivhak?)  qu'advient-il de ghoran une fois qu'il s'est transformé en terminosaure?  et mirabelle, qui, nous dit-on, erre entre deux dimensions, qui va la sortir de là?  comment, je pinaille?  ah là là...  jamais content!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-111424488504681443?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/111424488504681443/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=111424488504681443' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/111424488504681443'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/111424488504681443'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/04/les-mmes-que-dhabitude-et-dautres-dont.html' title='les mêmes que d&apos;habitude, et d&apos;autres (dont forest, oda, masse, trondheim...)'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-111311682761437714</id><published>2005-04-10T02:47:00.000-04:00</published><updated>2005-10-05T02:44:52.786-04:00</updated><title type='text'>george herriman, auteur maudit</title><content type='html'>&lt;img src="http://www.krazy.com/images/nightwail.jpg" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;les deux &lt;i&gt;comic strips&lt;/i&gt; généralement considérés comme les chef-d'oeuvres absolus du genre sont &lt;b&gt;&lt;i&gt;krazy kat&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; de george herriman et &lt;b&gt;&lt;i&gt;peanuts&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; de charles schulz.  vous ne me verrez pas contredire cette opinion que je trouve parfaitement justifiée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;pourtant, les deux oeuvres sont à des lieux l'une de l'autre.  d'abord, chacun représente une époque très différente de la BD américaine.  d'abord herriman, la liberté absolue des années 1900-1920, ces décennies d'invention sans pareil.  puis schulz, qui, en 1950, succède aux décennies de crise, cette époque ingrate dont &lt;i&gt;blondie&lt;/i&gt; est l'archétype, avec son strip pointu, très moral mais pourtant très loin du ridicule prêche d'un harold gray dont le talent n'a rien à envier à l'infâme bigoterie.  non, schulz est croyant (du moins à ses débuts) mais il se garde bien d'écrire ce qu'il pense en lettre grasses, soulignées et encadrées avec notes en bas de page.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;l'autre différence, majeure celle-là, est celle de la gloire.  si schulz a pu devenir, longtemps avant sa mort, le &lt;i&gt;cartoonist&lt;/i&gt; le mieux payé de l'histoire (entre autres grâce à un habile &lt;i&gt;merchandising&lt;/i&gt; de ses personnages), herriman a, lui, passé les 15 dernières années de sa vie dans l'incompréhension la plus totale, au point où, vers les années 1930, à peine deux journaux (oui oui, DEUX) publiaient la page du dimanche de &lt;i&gt;krazy kat&lt;/i&gt;.  la raison?  passé 1929, les lecteurs se plaignaient du non-sens de son oeuvre.  herriman n'a pu compter que sur l'appui, aussi puissant qu'inexplicable, du magnat de la presse william randolph hearst (&lt;i&gt;citizen kane&lt;/i&gt; lui-même) pour la survie de son strip, devenu ésotérique par la force des choses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;on connaît un (je répète: UN SEUL) strip de &lt;i&gt;peanuts&lt;/i&gt; partiellement perdu: il s'agit du dimanche 3 mai 1953 (bref, le début de sa carrière), dont il manque le premier tiers.  point.  pour herriman, c'est une autre histoire: après avoir connu un succès relatif au cours des années 1910 et 1920, l'auteur voit, au cours des années 1930, ses planches charcutées; dans au moins une dizaine de cas, on ne peut guère qu'imaginer à quoi ressemblait vraiment la création de l'artiste, les originaux étant perdus et les copies (uniquement disponibles sur de rares archives en microfilm), mutilées à jamais.  les rééditions présentes (&lt;i&gt;krazy &amp; ignatz&lt;/i&gt;, chez fantagraphics) doivent reconstituer, plus ou moins "au pif", les originaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;schulz est un génie et la lecture de &lt;i&gt;peanuts&lt;/i&gt; est un pur moment de grâce comme il s'en fait peu (à lire dans la langue originale bien sûr), mais on comprendra que ma sympathie va vers herriman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;d'ici la fin de l'année paraîtront les premières pages en couleur d'herriman, parues en 1935, et d'une beauté effarante.  sincèrement, il s'agit d'un événement éditorial extraordinaire.  herriman est le plus surréaliste de tous les auteurs de bande dessinée, un auteur modeste dont l'oeuvre est une sorte d'impossible concile onirique présidé par joyce et duchamp.  il y aurait tant de choses à dire sur son compte, ceci devra suffire pour l'instant.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-111311682761437714?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/111311682761437714/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=111311682761437714' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/111311682761437714'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/111311682761437714'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/04/george-herriman-auteur-maudit.html' title='george herriman, auteur maudit'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-111233626639976017</id><published>2005-04-01T03:32:00.000-05:00</published><updated>2005-10-05T02:41:29.493-04:00</updated><title type='text'>pas d'éloges pour les crétins</title><content type='html'>ces temps-ci, je lis sur l'histoire du moyen-âge.  au départ c'était pour me documenter pour un projet (dont je ne parlerai pas ici) mais à ce point-ci, je lis par simple intérêt général.  ces lectures me font sentir toutes les lacunes de mon éducation.  bien sûr, nos cours d'histoire sont plutôt orientés sur "notre" histoire, c'est-à-dire celle du québec, celle du canada, voire celle de l'amérique.  bien sûr, les livres que je lis aujourd'hui se concentrent quasi exclusivement sur l'histoire européenne...  en bref, on lit l'histoire d'une civilisation dont les voisins sont trop éloignés pour qu'on en sache trop grand chose.  évidemment, le monde a changé de ce point de vue: il s'est virtuellement rétréci et nous n'avons plus la moindre excuse d'ignorer ce qui se passe ailleurs.  (et un lieu commun, un.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le plus frappant est la résonnance que cette histoire a encore de nos jours.  j'avais à peine terminé l'&lt;b&gt;&lt;i&gt;éloge de la folie&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; d'érasme (très bon texte d'ailleurs) que voilà que j'y trouvais des références çà et là dans des publications récentes.  érasme me plaît bien.  hollandais à une époque où cela signifiait avoir la liberté de croyance, il paraît tout surpris de choquer les bien pensants avec sa &lt;i&gt;moria&lt;/i&gt;.  bien sûr, érasme est trop intelligent pour qu'on croie à sa naïveté, mais sa candeur fait sourire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;l'&lt;i&gt;éloge&lt;/i&gt; est de ces textes qui se critiquent eux-mêmes, donc inutile d'en faire la critique.  en langage informatique, on appelle cela des &lt;i&gt;honeynets&lt;/i&gt;.  en français, des pièges à cons.  attaquer l'&lt;i&gt;éloge de la folie&lt;/i&gt;, c'est se découvrir soi-même comme crétin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;j'aime beaucoup le mot "crétin" (je vous laisse en découvrir vous-même l'étymologie).  il répond à un besoin qui me taraude depuis quelques temps déjà, celui de trouver une insulte véritablement redoutable.  "imbécile" n'est franchement pas assez percutant.  "con" se dit de tout et n'importe quoi, et surtout du plus trivial.  "stupide" ne dit rien d'autre que l'incompétence et l'ignorance.  "cave" ne s'applique qu'aux chauffards et aux sympathisants d'extrême-droite.  "idiot" est en soi une circonstance atténuante.  "fou" est également à éliminer, par respect pour les fous (littéraires ou autres).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;en revanche, le crétin est celui devant lequel on roule les yeux vers le haut en faisant la grimace: sans nier que le crétin puisse posséder une certaine intelligence, on l'évitera par prudence.  par exemple, un esprit éclairé votera toujours pour un imbécile plutôt que pour un crétin.  en amitié, il favorisera bien sûr les fous, les idiots et, à la rigueur, les cons lorsqu'ils sont de compagnie agréable.  les gens intelligents sont toujours un peu des trois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;que dit le crétin?  il faut d'abord voir ce qu'il ne dit pas:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Ce dont on ne peut parler, il faut le taire.&lt;br /&gt;- wittgenstein&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;soit dit en passant, n'est-il pas merveilleux que l'on puisse exprimer en dix mots une pensée aux conséquences aussi vastes pour l'humanité entière?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-111233626639976017?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/111233626639976017/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=111233626639976017' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/111233626639976017'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/111233626639976017'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/04/pas-dloges-pour-les-crtins.html' title='pas d&apos;éloges pour les crétins'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-111164166854441906</id><published>2005-03-24T15:27:00.000-05:00</published><updated>2005-04-01T02:14:30.243-05:00</updated><title type='text'>où est la critique de BD dans les journaux?</title><content type='html'>dans la série "lettres envoyées au &lt;span style="font-style:italic;"&gt;devoir&lt;/span&gt; mais qui ne seront jamais publiées" (il y en a d'autres; je les incluerai sans doute ici éventuellement) voici mon réquisitoire pour plus de critique de BD dans les journaux.  je l'ai envoyé au &lt;span style="font-style:italic;"&gt;devoir&lt;/span&gt; parce que c'est le journal que je lis.  &lt;span style="font-style:italic;"&gt;le journal de montréal&lt;/span&gt; n'a pas de chronique littéraire donc ça ne sert à rien de leur envoyer quoi que ce soit.  quant à &lt;span style="font-style:italic;"&gt;la presse&lt;/span&gt;, ceux qui me connaissent savent dans quelle piètre estime je tiens le néfaste torchon petit-bourgeois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mais voilà, le propre des lettres ouvertes est qu'elles sont ouvertes et donc, ouvrons grand...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Où est la critique de BD dans les journaux?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaque fin de semaine, lorsque j'ouvre le cahier Livres, j'ai ce petit espoir secret et un peu naïf d'y trouver une chronique intitulée "bande dessinée".  Voeu rarement exaucé.  Il est vrai qu'une fois de temps en temps, un article pointe son nez: le plus souvent court, superficiel, avare de développement.  Et pourtant, tout autour, de longues analyses de fond sur tout ce que les librairies comportent comme essais, romans, recueils de nouvelles ou de poésie, livres jeunesse, livres de recettes, "beaux livres" et j'en passe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment expliquer cet état de choses?  La réponse facile, toute faite, mille fois entendue, est que la BD n'est pas un "genre sérieux" et qu'elle n'intéresse qu'un nombre marginal de lecteurs qu'on suppose peinant à passer à l'âge adulte.  Le problème avec cette réponse est qu'elle relève du fantasme: d'un, la bande dessinée est un médium (parler de "genre" n'a pas beaucoup de sens); de deux, elle est tout aussi potentiellement "sérieuse" ou "farfelue" qu'un roman ou une pièce de théâtre peut l'être; et de trois, ses amateurs sont nombreux, cultivés et n'aiment pas particulièrement se faire passer pour des débiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand comprendra-t-on que la bande dessinée est un trésor de littérature internationale et qu'il est plus que sain de s'y intéresser?  Elle possède ses classiques, ses grands auteurs dont l'oeuvre traverse les âges: pensons à Herriman, à Franquin, à Tezuka, pour ne nommer que trois de ses génies.  Elle possède une histoire riche remontant au moins aussi loin qu'au 17e siècle, une théorie bien étoffée, des écrits critiques à profusion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus important encore, la bande dessinée est un art vivant, pratiqué partout dans le monde.  Le Festival d'Angoulême s'est récemment imposé comme la référence internationale, équivalent de Cannes sans les paillettes.  Une nouvelle garde s'est établie au cours des dix dernières années, révolution comparable à la Nouvelle Vague ou au Nouveau Roman.  Cette révolution artistique, dont on voit les fruits autant en France (Sfar, Blain, David B...) qu'aux États-Unis (Clowes, Ware...) ou au Québec (Doucet, Rabagliati...), est systématiquement ignorée par l'essentiel des quotidiens québécois mais, étrangement, pas par Le Monde ni le New York Times qui y consacrent chacun un espace substantiel.  Manque de "sérieux" de leur part, sans doute...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La BD québécoise a fleuri au cours de la dernière décennie et produit de plus en plus de livres remarquables.  Il est vrai que l'on en parle plus volontiers dans nos journaux, mais rarement et de manière plutôt anecdotique.  Qui plus est, on détache cette production du contexte international, essentiel à une bonne compréhension de l'oeuvre.  Comment bien saisir tout le rayonnement, toute la subtile originalité de ce que font des auteurs comme Jimmy Beaulieu ou Chester Brown si on ignore ce qui se fait au même moment ailleurs dans le monde?  Ce serait aussi absurde que d'analyser Hubert Aquin ou Réjean Ducharme à la seule lumière de la littérature québécoise!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-on imaginer un grand quotidien sans ses critiques de littérature et de cinéma?  Alors, à quand une chronique hebdomadaire (voire quotidienne) sur la bande dessinée dans Le Devoir?  Les lecteurs s'interrogent...&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-111164166854441906?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/111164166854441906/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=111164166854441906' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/111164166854441906'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/111164166854441906'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/03/o-est-la-critique-de-bd-dans-les.html' title='où est la critique de BD dans les journaux?'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-111086566805282606</id><published>2005-03-15T03:55:00.000-05:00</published><updated>2005-03-24T17:38:00.986-05:00</updated><title type='text'>quelques personnes extraordinaires</title><content type='html'>quatre fenêtres gardées ouvertes depuis des semaines (merci &lt;a href="https://update.mozilla.org/extensions/moreinfo.php?application=firefox&amp;version=1.0&amp;os=MacOSX&amp;category=Tabbed%20Browsing&amp;numpg=10&amp;id=436"&gt;SessionSaver&lt;/a&gt;):&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;a href="http://www.udenap.org/groupe_de_pages_06/ponson_du_terrail.htm"&gt;pierre alexis ponson du terrail&lt;/a&gt;, maître du feuilleton;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;a href="http://www.udenap.org/groupe_de_pages_06/stroheim_erich_von.htm"&gt;erich von stroheim&lt;/a&gt;, cinéaste et acteur mythique;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;a href="http://observer.guardian.co.uk/review/story/0,6903,1436300,00.html"&gt;edda tasiemka&lt;/a&gt;, la "google humaine";&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;a href="http://www.sdv.fr/pages/adamantine/littlewomen.htm"&gt;louisa may alcott&lt;/a&gt;, auteure de &lt;i&gt;little women&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;des nouvelles lectures?  ah oui, il y en a eu quelques unes.  le temps de les digérer et j'en parlerai éventuellement.  ou pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;conseil de la semaine: la compilation &lt;i&gt;unclassics&lt;/i&gt; mixée par morgan geist.  le sous-titre dit tout: "obscure electronic funk &amp; disco 1978-1985".  en bref: 12 pièces essentielles pour vous réconcilier avec le disco.  morgan geist est également partiellement responsable du réjouissant album &lt;i&gt;metro area&lt;/i&gt;.  si vous aimez l'un, vous risquez d'aimer l'autre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-111086566805282606?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/111086566805282606/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=111086566805282606' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/111086566805282606'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/111086566805282606'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/03/quelques-personnes-extraordinaires.html' title='quelques personnes extraordinaires'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-110965936741523560</id><published>2005-03-01T04:51:00.000-05:00</published><updated>2005-10-05T02:40:29.253-04:00</updated><title type='text'>matsumoto, feiffer...</title><content type='html'>&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/amer_beton2.jpg" style="float: left; margin: 0px 20px 20px 0px" /&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;amer béton&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (de taiyou matsumoto bien sûr) est une lecture bien étrange... évidemment, c'est très bon et très beau: matsumoto maîtrise déjà bien son trait bien qu'il n'est pas encore le virtuose de &lt;i&gt;ping pong&lt;/i&gt;.  surtout, il sait rendre ses personnages crédibles et c'est un excellent illusionniste: on croit sans peine à toutes ses fantaisies.  ses symboles sont gros (le noir et le blanc; les chats, le rat, le serpent; etc.) mais il les détourne de façon assez habile et on reste loin de la psycho de cégep (en fait, en lisant ce genre de livre un peu violent et tapageur, j'ai toujours peur de voir sortir la morale d'idiot, la leçon de vie boboche, le gros pathos braillard qui avaient tant gâché ma (re)lecture du premier cycle de &lt;i&gt;the maxx&lt;/i&gt; il y a quelques temps.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/ping_pong2.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 20px 20px" /&gt;sauf que, sauf que...  chez matsumoto, il y a toujours ce sens de l'équilibre à faire ou à briser -- un état d'interdépendance parfait entre deux personnages qui s'effrite, se refait, devient autre chose...  l'auteur est allé loin avec ce schéma dans &lt;b&gt;&lt;i&gt;ping pong&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; qui est autrement plus réaliste qu'&lt;i&gt;amer béton&lt;/i&gt;.  la grande innovation de son oeuvre en cours, l'excellentissime &lt;b&gt;&lt;i&gt;number 5&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, est finalement qu'elle fait passer cet équilibre binaire à un autre, plus large, qui ressemble davantage à une roue de couleurs représentant les neuf membres de ce que matsumoto appelle l'armée des... rainbows!  (bien sûr, il y a aussi un équilibre binaire, beaucoup plus troublant, celui-là entre number 5 et l'étrange matrechka, symbiose aussi grotesque que parfaite.)  on imagine l'auteur, penché sur son schéma, établissant des complémentarités parfaites entre ses personnages mais en tournant la roue juste assez pour que les teintes ne soient pas trop pures ni les connections trop évidentes...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/number_53.jpg" style="float: left; margin: 0px 20px 20px 0px" /&gt;beau trait d'auteur chez matsumoto: il recycle sans cesse ses meilleurs "acteurs".  découvrant ses oeuvres dans la chronologie inverse, je suis enchanté de retrouver plus ou moins le personnage du pongiste chinois wenga kon sous les traits du yakuza appelé "le rat" dans &lt;i&gt;amer béton&lt;/i&gt;.  et on sent évidemment une affection particulière de l'auteur pour son personnage de noiro dans &lt;i&gt;amer béton&lt;/i&gt;, qui devient smile, le bon deuxième dans &lt;i&gt;ping pong&lt;/i&gt; et (ça ne s'invente pas!) number 2 de l'armée des rainbows dans &lt;i&gt;number 5&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;il me reste à lire le dernier tome d'&lt;i&gt;amer béton&lt;/i&gt; et je reviendrai sans doute bientôt sur cet auteur que j'aime beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.fantagraphics.com/cartcovers/tantrum.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 20px 20px" /&gt;un mot (je l'ai promis -- mais à qui?  personne le lit ce carnet :) sur le fameux &lt;b&gt;&lt;i&gt;tantrum&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; de jules feiffer, qu'on pourrait traduire par "grosse colère".  graphiquement, &lt;i&gt;tantrum&lt;/i&gt; ressemble à une collection de dessins de presse mais il ne faut pas s'y tromper: tout cela se suit et forme une "graphic novel" de très bonne facture.  sur ce point, on peut pinailler: j'appellerais plutôt cela une "novella" personnellement.  m'enfin, c'est un livre qui a son importance historique aux états-unis: on dit de ce livre publié pour la première fois en 1979 qu'il a contribué à inventer la lignée du "graphic novel" dont sont redevables aujourd'hui les spiegelman, ware et compagnie; on pourrait comparer son influence à celle d'&lt;i&gt;ici même&lt;/i&gt; de forest et tardi, paru à peu près à la même époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;évidemment, ce qui saute tout de suite aux yeux c'est que feiffer est un énorme dessinateur et que son coup de patte fait peur.  chez feiffer, il n'y a pas d'ébauche avant la mise au propre: l'ébauche EST le dessin (et, rien à voir avec joann sfar qui, lui, prend son temps).  et son histoire, partant d'un postulat absurde (leon, un homme de quarante ans, décide qu'il n'a plus quarante ans mais bien deux... et de fait, se transforme en bébé de deux ans), est bien plus tordue qu'il peut y paraître à première vue.  c'est que la transformation amènera leon à retrouver ses parents, amis, famille...  et à déchanter passablement.  le tout est mené à un train d'enfer et reste agréablement grinçant de bout en bout.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-110965936741523560?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/110965936741523560/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=110965936741523560' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/110965936741523560'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/110965936741523560'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/03/matsumoto-feiffer.html' title='matsumoto, feiffer...'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-110957837854113148</id><published>2005-02-28T07:01:00.000-05:00</published><updated>2005-10-05T02:36:31.523-04:00</updated><title type='text'>morgan, tezuka, kurosawa, franquin...</title><content type='html'>passé la fin de semaine à (re)lire des textes de &lt;a href="http://www.sdv.fr/pages/adamantine/"&gt;&lt;b&gt;l'adamantine&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.  c'est toujours un plaisir de lire harry morgan, surtout lorsqu'il écrit sur des sujets qui le passionnent.  à signaler, &lt;a href="http://www.sdv.fr/pages/adamantine/etrange.html"&gt;son essai sur l'étrange&lt;/a&gt; et bien sûr ses longues et érudites &lt;a href="http://www.sdv.fr/pages/adamantine/sommlitpop.htm"&gt;notes sur le spiritisme scientifique&lt;/a&gt;. il est assez merveilleux de lire à propos de ces scientifiques obnubilés par "leur" médium, toujours au péril de leur science! la réalité dépasse la fiction. les divers textes sur le roman populaire sont également à (re)lire. morgan est de la veine des historiens de l'art avec les pieds sur terre comme northrop frye par exemple (bien que ce dernier soit un tantinet plus ouvert à l'avant-garde que le français qui ne jure que par le roman victorien!)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue2/ayako1.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 20px 20px" /&gt;amusante coïncidence: deux semaines après avoir terminé &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;b&gt;ayako&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de tezuka (très bon d'ailleurs), voilà que je visionne &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;b&gt;stray dog&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de kurosawa, filmé un peu plus de vingt ans plus tôt... quelle surprise de reconnaître que le personnage du vieux policier de tezuka a été parfaitement calqué sur celui du détective sato (joué par takashi shimura) dans le kurosawa! (qui lui-même est une réminescence de maigret semble-t-il.) cela correspond à merveille avec le fait que le jeune flic de tezuka soit calqué, lui, sur dick tracy... il faut dire que tezuka a une vision très particulière (et déroutante pour moi) de la physionomie de ses personnages. en tout cas l'emprunt est flagrant et les lecteurs japonais l'ont sans doute remarqué, d'autant que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;stray dog&lt;/span&gt; est un film très connu et apprécié si j'en crois les commentaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;aujourd'hui également, petite tournée des librairies usagées...  vu et feuilleté un volume du &lt;i&gt;&lt;b&gt;spirou et fantasio&lt;/b&gt;&lt;/i&gt; de rombaldi en très bon état, qui plus est contenant les excellents deux premiers zorglub.  failli le prendre mais ç'aurait été un peu idiot puisque j'ai déjà ces deux tomes dans la bonne vieille édition classique et que je ne me sens pas l'âme du collectionneur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;intéressante connection entre &lt;i&gt;stray dog&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&lt;b&gt;les voleurs du marsupilami&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;...  dans le premier, les deux policiers sont à la recherche d'un criminel dans un stade de baseball bondé.  dans le second, c'est dans un stade de soccer (football pour nos amis européens) que les héros suivent la femme du voleur.  mais si le criminel du kurosawa est bel et bien caché dans la foule, celui de franquin est, lui, sur le terrain car c'est un joueur étoile de l'équipe locale!  dans les deux cas, on a droit à des détails du match, ce qui me semble assez inusité (narrativement parlant).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;rien d'autre pour aujourd'hui.  qui sait, peut-être y aura-t-il quelque chose à ajouter dans la semaine lorsque j'aurai lu le deuxième tome de &lt;i&gt;amer béton&lt;/i&gt; tout frais acheté.  et il faudra bien que je dise deux mots sur &lt;i&gt;tantrum&lt;/i&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-110957837854113148?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/110957837854113148/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=110957837854113148' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/110957837854113148'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/110957837854113148'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/02/morgan-tezuka-kurosawa-franquin.html' title='morgan, tezuka, kurosawa, franquin...'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168929415902883</id><published>2005-02-08T00:00:00.000-05:00</published><updated>2005-11-11T01:08:14.160-05:00</updated><title type='text'>taiyou matsumoto, ping pong</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue4/ping_pong5.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;C'est un peu par impatience entre deux tomes du génial &lt;i&gt;Number 5&lt;/i&gt; (du même auteur) que je me suis lancé sur ce &lt;i&gt;Ping Pong&lt;/i&gt; dont le cinquième et dernier tome est récemment paru. Et c'est bien sûr très bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'histoire est on ne peut plus simple (au contraire du labyrinthique &lt;i&gt;Number 5&lt;/i&gt;). On y suit cinq lycéens joueurs de ping-pong jusqu'au championnat final où l'un d'entre eux l'emportera avec tous les honneurs. Raconté comme ça, on pourrait croire à un bête récit édifiant à la gloire du sport, mais ce serait réducteur. Il faut savoir que Matsumoto est un très bon compositeur de personnages et que chacun de ceux-ci a une profondeur, exhibent des doutes et des questionnements qui les rendent crédibles et attachants. Rien que pour ça, l'histoire en devient passionnante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis il faut noter le dessin, toujours exceptionnel, de Matsumoto qui est en train de devenir un de mes dessinateurs préférés, toutes catégories. Quelle science du mouvement! Parce que là, attention, on parle d'une histoire où évoluent des champions d'un sport où la virtuosité est de mise. Sous la plume de Matsumoto, le résultat est tellement éblouissant qu'on croirait que l'auteur nous dessine là une métaphore de son propre métier. Matsumoto varie les plans, il dose ses effets et il rend chaque match passionnant, ce qui n'est pas une mince affaire en soi, surtout sur cinq tomes bien fournis!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au final, je garde une préférence pour la science-fiction disjonctée de &lt;i&gt;Number 5&lt;/i&gt; (il me reste encore à découvrir &lt;i&gt;Amer béton&lt;/i&gt; qui me fera peut-être changer d'avis!) mais ce &lt;i&gt;Ping Pong&lt;/i&gt; reste une lecture passionnante à plusieurs points de vue.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168929415902883?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168929415902883/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168929415902883' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168929415902883'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168929415902883'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/02/taiyou-matsumoto-ping-pong.html' title='taiyou matsumoto, &lt;i&gt;ping pong&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168935031546085</id><published>2005-01-25T00:00:00.000-05:00</published><updated>2005-11-19T03:22:35.740-05:00</updated><title type='text'>lewis trondheim, ALIEEN</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue4/alieen.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Qu'est-ce qui est le plus étonnant : que Trondheim fasse la découverte d'une BD extra-terrestre dans son patelin, ou bien que la dite BD ressemble follement à du Trondheim? Et attention: du Trondheim du meilleur tonneau s'il vous plaît.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les deux premières choses qui sautent à l'oeil à la lecture de &lt;i&gt;ALIEEN&lt;/i&gt;, c'est, de un, les superbes couleurs obtenues grâce à un effet "faux ben day" que n'aurait pas renié Chaland, et de deux, la grande violence des récits constituant ce livre. Mais il y a plus. &lt;i&gt;ALIEEN&lt;/i&gt; est tout à la fois beau et affreux, bête et brillant, tendre et cynique, un régal pour l'oeil et pour la cervelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mine de rien, Trondheim fait dans le conte moral à la sauce cartoon. Les motivations de ses personnages extra-terrestres sont fascinantes de vérité. On reconnaît les travers humains de manière tellement saisissante et avec si peu de moyens (et sans jamais appuyer le propos) qu'on ne peut en être que profondément bluffé. Les enfants qui liront ce livre "jeunesse" n'en seront que moins idiots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien plus que &lt;i&gt;Donjon&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Lapinot&lt;/i&gt;, on reconnaît surtout dans &lt;i&gt;ALIEEN&lt;/i&gt; l'auteur du &lt;i&gt;Pays des trois sourires&lt;/i&gt; et autres &lt;i&gt;Genèses apocalyptiques&lt;/i&gt;. Sauf qu'ici, Trondheim éclipse ces anciennes oeuvres par une narration aussi ingénieuse que lumineuse (d'autant que le livre est a priori incompréhensible aux humains) que sert un dessin que je n'ai jamais vu aussi beau, doux et efficace. Et c'est là l'autre agréable surprise de ce grand petit livre, surtout de la part d'un auteur qui a annoncé officiellement qu'il lâchait les pinceaux pour un temps. Quelle idée, monsieur Trondheim, alors que vous êtes de toute évidence en pleine possession de vos moyens!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168935031546085?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168935031546085/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168935031546085' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168935031546085'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168935031546085'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2005/01/lewis-trondheim-alieen.html' title='lewis trondheim, &lt;i&gt;ALIEEN&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168945054389628</id><published>2004-11-06T00:00:00.001-05:00</published><updated>2005-11-11T01:10:50.546-05:00</updated><title type='text'>daniel clowes, david boring</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.randomhouse.com/catalog/covers/0-375-71452-9.gif" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Cornélius, pour présenter le livre, parle de "synthèse" et l'éditeur parisien a drôlement raison. &lt;i&gt;David Boring&lt;/i&gt; est une sorte de summum de l'oeuvre de Daniel Clowes (on va donc dire: "chef-d'oeuvre", ça s'impose), qui reprend certains des aspects les plus inquiétants de l'excellent &lt;i&gt;Like a Velvet Glove Stuck in Iron&lt;/i&gt; ainsi que des observations proprement quotidiennes à la &lt;i&gt;Ghost World&lt;/i&gt;, et à partir de tout cela crée... quoi, au juste? De quoi parle &lt;i&gt;David Boring&lt;/i&gt;? De rien du tout, et c'est bien la chose la plus horripilante à propos de ce livre qui semble à première vue n'être qu'une accumulation de fantasmes adolescents (tendance adulation de la reine-mère au cul rondelet).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant, on ne peut accuser Clowes de racolage tant son récit patauge dans le malsain. Du reste, on ne peut même pas s'imaginer qu'il s'agisse d'un récit autobiographique un peu voilé, à la Chris Ware. En fait, on n'en sait rien. Jusqu'où est-ce Daniel Clowes qui parle et qui pense, et non pas son personnage? Il est impossible de le savoir à la seule lecture du livre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fin du monde est à nos portes? Ça n'intéresse pas le narrateur (le ci-nommé Boring), obnubilé par sa quête: la femme de ses rêves vient de se pointer juste en face de lui et du coup, il est complètement pris au dépourvu. Obsessif jusqu'à la moëlle, il ne voit absolument rien de ce qui se trame autour de lui. D'ailleurs, l'auteur, brouillant les pistes, dynamitant les intrigues, s'assure bien que le lecteur n'en voie pas davantage. Il y a bien une quête du père, quelques aspects politiques, un peu de sexe... Mais au fond, tout tourne autour du nombril du narrateur et, à la rigueur, de son amie la plus proche, la gentille lesbienne Dot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ennuyeux, dites-vous? C'est que le bougre ne s'appelle pas Boring pour rien. Irritant à l'extrême, le narratif du &lt;i&gt;Boring&lt;/i&gt; réussit pourtant à éviter tous les écueils imaginables. C'est que derrière tout cette complaisance apparente se cache (et pas tant que ça) une mécanique très précise et fort bien huilée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeux de miroir, effets de surface et autres prestigidations narratives... On voit bien les fils, les trous béants et pourtant... Comment est-ce que ça peut bien réussir à fonctionner, tout ça? Pourquoi est-ce qu'une oeuvre telle que &lt;i&gt;David Boring&lt;/i&gt; est si passionnante, si puissante, si révélatrice? Le mystère est intact. Chapeau, monsieur Clowes.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168945054389628?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168945054389628/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168945054389628' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168945054389628'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168945054389628'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2004/11/daniel-clowes-david-boring.html' title='daniel clowes, &lt;i&gt;david boring&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168940067747765</id><published>2004-11-06T00:00:00.000-05:00</published><updated>2005-11-11T01:10:00.680-05:00</updated><title type='text'>jean-claude forest et jacques tardi, ici même</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/ici_meme.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;&lt;i&gt;Ici Même&lt;/i&gt;, classique de la BD française, on l'a dit et redit, mais qu'en penser, 25 ans après sa première parution?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A priori on voudrait dire que bon, c'est bien tout ça mais ça a un peu vieilli; que Tardi n'y est pas à son meilleur (ni dans son élément); que Forest n'y est que dialoguiste, organisant une intrigue quasiment par obligation éditoriale. Mais il faut voir cet album comme il est: une unique collaboration entre deux maîtres que, franchement, tout sépare. Pour s'en convaincre, il suffit de voir le traitement que fait Tardi du personnage de Julie; est-ce qu'elle ressemble à un personnage de Forest? Pas du tout, elle ressemble à du Tardi! Pourtant, elle parle comme un personnage de Forest! Qui plus est, elle nous semble vraie! C'est de la sorcellerie!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est vrai que Forest scénariste ne s'est jamais embêté de faire respecter ses propres canons féminins à ses dessinateurs. Gillon dessinant du Forest, par exemple, ça reste du Gillon (reste qu'il y a du Forest dans Quinine, mais ça tient de l'hommage... mais je disgresse.) Or donc ici, que fait Forest? Il enfile les morceaux de bravoure et laisse Tardi se débrouiller. Ce dernier s'en sort plus qu'honorablement (étant qui il est) mais c'est vraiment le premier qui fait chauffer les fourneaux. Et à bloc. (Ah, la langue de Forest...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est vraiment excitant dans cet album que certains qualifieront (non sans raison) d'historique, c'est que les auteurs semblent vraiment s'être investis à fond, sans égard à leurs profondes différences esthétiques, et le résultat est un OVNI à tout point de vue, qui ne ressemble à rien et qui n'a jamais été refait. C'est peut-être ce qui fait qu'on le yeute aujourd'hui avec ce petit regard suspect qu'on réserve aux Grands Classiques Anciens que personne n'a vraiment lus. Mais &lt;i&gt;Ici Même&lt;/i&gt;, c'est un grand moment. De la BD et de l'histoire de la BD. (Et c'est du Forest pur jus. Raison de plus.)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168940067747765?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168940067747765/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168940067747765' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168940067747765'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168940067747765'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2004/11/jean-claude-forest-et-jacques-tardi.html' title='jean-claude forest et jacques tardi, &lt;i&gt;ici même&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168949916176570</id><published>2004-10-26T00:00:00.000-04:00</published><updated>2005-11-11T01:19:10.170-05:00</updated><title type='text'>tezuka productions, osamu tezuka, biographie: 1928-1943</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue4/osamu_tezuka_biographie1.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Une biographie d'auteur de BD, écrite en BD, faut l'avouer, ce n'est pas si courant, le &lt;i&gt;McCay&lt;/i&gt;, les &lt;i&gt;Aventures d'Hergé&lt;/i&gt; ou la &lt;i&gt;Vie exemplaire de Jijé&lt;/i&gt; mises à part. Cette &lt;i&gt;Biographie&lt;/i&gt; d'Osamu Tezuka (créateur entre autres d'&lt;i&gt;Atomu-san&lt;/i&gt;, alias Astro le petit robot) montre que le genre mériterait d'être davantage exploité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'abord, les bons points. L'ouvrage est touffu et il nous brosse un portrait très large de l'auteur dès ses premiers balbutiements. En filigrane, l'Histoire est en train de s'écrire au Japon, la Deuxième guerre se joue (et se perd), le récit se terminant sur l'occupation américaine. Occupation à laquelle Tezuka semble d'ailleurs étrangement sympathique, lui qui raffole depuis son jeune âge de culture américaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Très tôt, le petit Osamu se passionne de manga. Et très vite, il en dessine lui-même. C'est l'occasion d'intégrer au récit, de façon assez ingénieuse, des textes, des BD et des dessins du jeune auteur. Certains de ces dessins de jeunesse sont d'ailleurs si réussis qu'on aurait voulu les voir agrandis en pleine page. Et que dire des extraits du &lt;i&gt;Sukippara no burusu&lt;/i&gt; ("Le blues du ventre creux"), récit manifestement autobiographique écrit des années plus tard et qu'on aimerait bien voir publié en entier si ce n'est déjà fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or donc, un bon livre, bien ficelé. Alors pourquoi une note mitigée ? Eh bien surtout pour le style impersonnel et très pudique de ce livre, écrit par un studio fondé par l'auteur (Tezuka Productions incidemment), sans nom d'auteur. Et là on doit se demander si Casterman fait son travail d'éditeur en ne mentionnant même pas le nom des auteurs de cet ouvrage! Que ces noms ne paraissent pas dans la version japonaise, on n'y peut rien, mais que diable, on est chez Casterman! La maison des auteurs, quoi! Là, c'est n'importe quoi, on se croirait chez Walt Disney. C'est ce genre de pratiques qui font que même aujourd'hui, le grand public ne sait toujours pas qui sont Floyd Gottfredson ou Carl Barks. Mais je m'emporte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre conséquence de l'écriture en studio, on sent le travail de comité : les descriptions sont parfois mièvres à l'ennui et c'est bien parce que l'histoire de cet auteur est en elle-même extraordinaire que l'on dévore le livre autrement sans grande saveur bien que techniquement impressionnant. Tezuka lui-même est dépeint dès son jeune âge comme un génie et un surdoué, son talon d'Achille étant sa faible constitution : il est nul en sport. Croyant peut-être que le respect du maître implique sa déification, le studio Tezuka peine à faire paraître son maître comme un être humain. Tout cela sent la commande et on se plaît à imaginer ce qu'aurait donné un véritable travail d'auteur sur le sujet.&lt;br /&gt;Malgré tout cela, la lecture de ce premier tome reste intéressante et les prochains tomes (d'ailleurs, un doute m'étreint ainsi que mon portefeuille: combien y en aura-t-il?), où le jeune homme deviendra l'artiste, pourraient s'avérer passionnantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah et puis à l'attention de Casterman (paraît qu'ils lisent ça), quelques petites idées de biographies futures à faire en BD: pourquoi pas une Vie de Franquin par Bravo? Greg par Yann? Hugo Pratt par Van Hamme? :)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168949916176570?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168949916176570/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168949916176570' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168949916176570'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168949916176570'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2004/10/tezuka-productions-osamu-tezuka.html' title='tezuka productions, &lt;i&gt;osamu tezuka, biographie: 1928-1943&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168954747504177</id><published>2004-10-05T00:00:00.000-04:00</published><updated>2005-11-11T01:12:27.476-05:00</updated><title type='text'>chester brown, louis riel</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.drawnandquarterly.com/imagesProduct/a3f9d450933422.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Voici un livre qui est certainement un chef-d'oeuvre de la BD canadienne. Louis Riel était le chef de l'insurrection métis, aux temps où le Canada n'était qu'une lointaine colonie britannique dont la moitié des terres appartenait en fait à l'omniprésente Compagnie de la Baie d'Hudson. C'est au cours de ce conflit ethnique et linguistique que se noua l'un des plus anciens drames de ce pays naissant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'approche de Chester Brown est assez unique. Sa rigueur biographique (avec index des noms propres et notes de fin de volume) dépasse le &lt;i&gt;From Hell&lt;/i&gt; de Alan Moore, modèle du genre. Son trait minimaliste, lui, est redevable, l'influence est étonnante mais évidente, à Harold Gray, créateur du strip &lt;i&gt;Little Orphan Annie&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Résultat, plutôt que d'aborder son histoire sur un angle sentimental (le cliché "Vécu"), Chester Brown synthétise le drame de Red River, il le schématise et le rend compréhensible. Ce faisant, il montre comment de petits incidents, exploités plus ou moins habilement dans diverses malversations politico-corporatistes, ont pu miner la relation entre Métis et Anglophones... Et c'est sans parler des Autochtones qui continueront à être massacrés sans grand ménagement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chester Brown, qui aurait pu choisir d'enjoliver, de romancer, offre plutôt au lecteur un magistral (c'est le mot!) livre d'histoire. Ses personnages sont humains, ses situations réalistes. Il nous dessine un Louis Riel complexe, contradictoire, ancré jusqu'à sa mort dans ses convictions très personelles. Brown nous joue les dessous de la politique canadienne, ses profondes racines assimilationnistes (la communauté Métis fut mise au pas entre autre car le Canada ne voulait pas d'un "autre Québec"; lire: d'une autre province francophone), et son rôle dans ce qui deviendra un conflit ethnique dont les traces sont toujours présentes aujourd'hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour toutes ces raisons, mais aussi parce que c'est une lecture passionnante, on peut dire que Chester Brown a commis là un livre majeur et on ne peut que saluer sa sortie en français.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168954747504177?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168954747504177/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168954747504177' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168954747504177'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168954747504177'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2004/10/chester-brown-louis-riel.html' title='chester brown, &lt;i&gt;louis riel&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168959226553126</id><published>2004-09-26T00:00:00.000-04:00</published><updated>2005-11-11T01:13:12.266-05:00</updated><title type='text'>william shakespeare et daniel casanave, macbeth</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/macbeth.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Adapter Shakespeare est toujours un pari. Les histoires sont bien peu linéaires, les personnages complexes et, surtout, il y a ce texte, immense et terriblement beau. Il est difficile d'être à la hauteur. Casanave réussit en restant fidèle au texte original (ou plus exactement à la traduction de François-Victor Hugo) et en restituant bien l'atmosphère glauque de cette pièce classique qu'est &lt;i&gt;Macbeth&lt;/i&gt;. C'est donc vraiment Shakespeare qui est le "scénariste" de cette BD.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dessin de Casanave est nerveux et enlevé, rappellant Hart ou Bretecher (!) en moins caricatural. Casanave fait de son adaptation une sorte de "théâtre amélioré" où combats, décors extérieurs et changements de plans peuvent être montrés de façon réaliste et sans l'apport de moyens techniques compliqués. Un "théâtre de papier" donc qui, s'il est presque toujours ingénieux, n'est pas entièrement concluant. Le monologue de Lady Macbeth, ici littéralement submergée par son texte, n'est pas des plus réussi, et on aurait aimé que la fin soit moins rapidement expédiée. Surtout que la première moitié du livre présente un rythme agréablement lent, épousant bien l'atmosphère d'une vieille Écosse rude, sombre et ensorcelée. Au final, une adaptation bienvenue d'un texte majeur du plus grand poète anglais.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168959226553126?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168959226553126/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168959226553126' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168959226553126'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168959226553126'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2004/09/william-shakespeare-et-daniel-casanave.html' title='william shakespeare et daniel casanave, &lt;i&gt;macbeth&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168964598908882</id><published>2004-07-16T00:00:00.000-04:00</published><updated>2005-11-11T01:14:05.993-05:00</updated><title type='text'>harry morgan, principes des littératures dessinées</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.editionsdelan2.com/IMG/jpg/morgan.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Ce livre de théorie sur la bande dessinée (et plus généralement de ce qu'on peut appeler les littératures dessinées) rebutera sans doute la plupart des lecteurs de BD, même les plus cultivés, mais il mérite tout de même qu'on s'y arrête, car ce qu'il propose est ni plus ni moins qu'une nouvelle base à la théorie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Principes de littératures dessinées&lt;/i&gt; est un livre en trois parties ou, plus exactement, trois essais plus ou moins indépendants réunis en un livre. Le premier essai s'intéresse à la définition en propre des littératures dessinées. Morgan, au fil de dixaines de pages fort bien documentées (l'érudition de l'auteur est remarquable), nous fait apprécier la parenté qu'a la BD avec la littérature en estampes, la gravure "narrative", le roman victorien... tout en nous expliquant pourquoi les hiéroglyphes, par exemple, ne sont pas de la BD, même primitive. Il s'ingénie aussi à critiquer un grand nombre de théories qu'il juge erronées: la relation image/texte, l'architecture "classique" de la BD (case, plans, etc.), l'"invention" de la BD par Outcault ou même Töpffer, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une grande partie de la théorie, nous dit Morgan, ignore une majeure partie du corpus qu'elle étudie, interprète mal ce qu'elle y trouve, met trop d'emphase sur l'environnement de l'auteur et pas assez sur l'individualité (voire: le mystère) de l'auteur lui-même, et, au final, bâtit de formidables chapelles théoriques, édifices qui existent davantage pour leur beauté logique que pour leur utilité propre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ce point de vue, on peut considérer que Morgan offre une sorte de nouvelle plate-forme théorique, une exigence de rigueur, un point d'ancrage positiviste, pour les chercheurs qui suivront. Il nomme sa discipline "stripologie".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le deuxième essai est tout aussi passionnant. Morgan y traite des tentatives de censure de la BD aux États-Unis et en France. Dans cet essai, l'auteur s'attarde surtout à traquer l'incompétence et le double langage des censeurs. Morgan affirme, preuves à l'appui, que ces tentatives de censure ne visaient pas tant tel titre ou tel genre de BD, mais bien la BD tout entière en tant que médium.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant au dernier essai, assez long, il est franchement surtout à usage académique. Morgan y ressasse son habituel rejet du sémio-structuralisme et de Barthes en particulier, et il y pourfend une nouvelle fois le thème de l'abandon de l'auteur au profit de son environnement (culturelle, économique, etc.) Ceux qui n'ont qu'une idée superficielle du sujet risquent de s'ennuyer quelque peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour finir, un mot sur l'auteur, Harry Morgan, également co-auteur du &lt;i&gt;Petit critique illustré&lt;/i&gt; (PLG): ses adeptes le considèrent comme un chercheur cultivé et d'une grande rigueur, ses détracteurs ne voient en lui qu'un polémiste. Il semble assez évident que ses idées se trouvent en porte-à-faux avec une bonne partie de la littérature critique sur la BD. Si comme moi vous n'avez pas lu grand chose de cette littérature, vous devrez vous contenter d'apprécier la faculté qu'a Morgan de présenter d'abord une théorie adverse, puis de la critiquer posément -- l'auteur n'essaie pas d'endoctriner son lecteur et je me suis trouvé souvent en désaccord avec lui, tout en continuant ma lecture avec plaisir. Et, cela paraîtra assez évident, Morgan est de type conservateur, mais vous savez, McLuhan l'était également.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une constatation s'impose tout de même: l'ouvrage est intéressant mais, lorsqu'on a lu les chroniques de Morgan sur divers sujets (par exemple ses textes sur Harold Gray, Norman Rockwell, l'histoire de la science-fiction, etc.) on se prend à imaginer un livre qui compilerait des textes un peu moins abstraits de ce penseur rigoureux autant que passionné. D'ici là on peut accéder au site &lt;i&gt;L'adamantine&lt;/i&gt; où l'auteur a mis en ligne un grand nombre de textes sur des sujets très divers.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168964598908882?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168964598908882/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168964598908882' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168964598908882'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168964598908882'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2004/07/harry-morgan-principes-des-littratures.html' title='harry morgan, &lt;i&gt;principes des littératures dessinées&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168969391862912</id><published>2004-02-19T00:00:00.000-05:00</published><updated>2005-11-11T01:14:53.920-05:00</updated><title type='text'>massimo mattioli, m le magicien</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue2/m_le_magicien.gif" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Comment parler d'un livre pareil? En guise d'avertissement, je dois spécifier que je n'ai jamais été lecteur de Pif, et, qui plus est, je n'étais même pas né lorsque ces bandes (230 pages au total!) ont été publiées pour la première fois, de 1968 à 1973. Mon regard sur cette BD n'est donc pas teinté de nostalgie. Cependant, il est difficile de faire abstraction de l'époque à laquelle ces pages ont été écrites: Mattioli lui-même débarquait à Paris en 1968 attiré par le climat social que l'on connaît, et le vent de liberté qu'il était venu y chercher se sent à la lecture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'emblée, cette BD se lit autant au premier degré (comme une jolie collection de joyeuses historiettes absurdes) qu'au deuxième degré (et plus), c'est-à-dire plus froidement comme un terreau d'expérimentation formelle, ma foi, assez poussé. À une longue série de gags en "strip" (et six par page, rien de moins!) succède une non moins longue série de gags (ou mini-histoires) en une page, devenant de plus en plus épurées au fur et à mesure que le livre avance. On y retrouve un grand nombre de personnages récurrents, à savoir M (magicien de son état), le caméléon, deux Martiens, des fleurs, plusieurs insectes et autres bestioles, donnant à l'univers de Mattioli un charme pastoral d'une gaieté surréaliste proche de l'univers de Miro, par exemple. Quant au jeu plus formel avec les codes du médium, il n'est pas sans rappeler le dessin animé &lt;i&gt;La Linea&lt;/i&gt; ("La Ligne") d'Osvaldo Cavandoli, créé à peu près à la même époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce qui est de la restauration des planches en tant que tel, elle est tout simplement sans faute, rien à redire: chapeau à Fanny Dalle-Rive qui s'est tapé ce boulot sans doute énorme. L'impression est en tous points admirable, comme l'on peut s'attendre d'un livre estampillé du prestigieux logo de L'Association. La préface de Jean-Pierre Mercier est courte mais intéressante. D'un point de vue éditorial, on aurait quand même aimé connaître les dates de parution originales de chacune des planches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même si elle mérite pleinement sa place dans le patrimoine international de la BD, &lt;i&gt;M le magicien&lt;/i&gt; n'est tout de même pas une oeuvre parfaite. Les histoires sont inégales, et si certaines sont carrément jouissives et tout-à-fait dignes de figurer dans une anthologie de la BD absurde, d'autres ressemblent davantage à du remplissage -- sympathique, soit, mais du remplissage quand même. Il aurait été logique, si l'oeuvre avait été éditée à l'époque, de l'élaguer de ses pages moins fortes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela dit, dans le contexte d'un livre d'anthologie, le désir d'exhaustivité de l'entreprise excuse ces faiblesses (on ne réécrira quand même pas l'Histoire!), d'autant plus qu'il s'agit de la première oeuvre d'envergure de l'auteur qui nous donnera plus tard les &lt;i&gt;Pinky&lt;/i&gt; et autres &lt;i&gt;Squeak the Mouse&lt;/i&gt;. On y retrouve donc tout ce qui fait le charme d'une première oeuvre: le dessin qui se cherche, les raccourcis de débutant, mais surtout les superbes et insolentes prises de risque qu'un vétéran préférera éviter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'évolution de l'art de Mattioli, une constante s'impose: à partir du dessin minimaliste et faussement maladroit des débuts, l'auteur s'imprègne de plus en plus du style "cartoon" américain, et plus précisément du &lt;i&gt;Krazy Kat&lt;/i&gt; de George Herriman, influence d'ailleurs revendiquée en noir sur blanc par l'auteur. Cette influence s'avère un peu encombrante dans les pages plus récentes -- c'est que Mattioli finit par faire du Herriman comme Debarre fait du Franquin: de manière virtuose mais assez gratuite. Mais ne boudons pas notre plaisir: si les gags de cette période manquent de l'imagination sans vergogne qui fait le sel des histoires plus anciennes, ils figurent en revanche parmi les plus efficaces de la série.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne saurait compléter cette critique sans mentionner l'audace et l'extrême beauté des aplats de couleurs de l'auteur, qui participent en très grande partie au charme de l'ensemble. Même les pages en bichromie sont merveilleuses. Le livre en entier flatte le regard avec peu de moyens et d'une manière pourtant magistrale. Pour tout dire, on ouvre ce livre comme s'il s'agissait une gigantesque boîte de friandises rares et très raffinées, la différence étant que les pages resteront longtemps après qu'on les ait dévorées!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168969391862912?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168969391862912/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168969391862912' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168969391862912'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168969391862912'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2004/02/massimo-mattioli-m-le-magicien.html' title='massimo mattioli, &lt;i&gt;m le magicien&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168978213872656</id><published>2003-10-20T00:00:00.000-04:00</published><updated>2005-11-11T01:16:22.140-05:00</updated><title type='text'>david b, l'ombre de dieu</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/chercheurs_tresor1.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Excellent! Le dessin est très beau, les couleurs et la mise en page superbes, les personnages forts et originaux, le scénario touffu, aussi occulte qu'un conte lointain... Si vous aimez le David B de &lt;i&gt;La lecture des ruines&lt;/i&gt; ou du &lt;i&gt;Tengû carré&lt;/i&gt;, alors n'hésitez pas une seconde! En attendant la suite...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168978213872656?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168978213872656/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168978213872656' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168978213872656'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168978213872656'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2003/10/david-b-lombre-de-dieu.html' title='david b, &lt;i&gt;l&apos;ombre de dieu&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168974152509144</id><published>2003-10-10T00:00:00.000-04:00</published><updated>2005-11-11T01:15:41.526-05:00</updated><title type='text'>fred bernard, la tendresse des crocodiles</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue2/tendresse_crocodiles.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Quelque chose m'attire inéluctablement vers les grosses briques de BD noir et blanc de 100 pages et plus. Dans ce cas-ci, on a affaire à du feuilleton de facture relativement classique. C'est bien mené et tout, mais ça tombe facilement dans le cliché et le racoleur. Le dessin est souvent plat et manque de personnalité, bien que certaines cases (surtout les paysages) soient particulièrement réussies. La fin est expédiée sans trop de souci de cohérence, et on en vient à se demander si l'histoire garderait son intérêt sans l'insistante tension sexuelle en filigrane (qui restera d'ailleurs irrésolue... désolé, c'est un "spoiler"?). Reste que le livre est beau et que sa lecture est agréable, un moment de détente, parfait pour ne pas se poser trop de questions.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168974152509144?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168974152509144/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168974152509144' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168974152509144'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168974152509144'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2003/10/fred-bernard-la-tendresse-des.html' title='fred bernard, &lt;i&gt;la tendresse des crocodiles&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168983311531418</id><published>2003-09-30T00:00:00.000-04:00</published><updated>2005-11-11T01:17:13.120-05:00</updated><title type='text'>f'murrr, jehanne au pied du mur, suivi de tim galère</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue2/jehanne_arc1.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;C'est une réaction à chaud, comme ça, mais ce &lt;i&gt;Jehanne au pied du mur&lt;/i&gt; (suivi de &lt;i&gt;Tim Galère&lt;/i&gt;) est une jolie merveille. Je dis ça en parfait amateur, ne connaissant de F'murrr que quelques tomes de son fameux &lt;i&gt;Génie des alpages&lt;/i&gt; (que j'aime bien), mais je dois avouer que j'ai été encore plus surpris que je ne l'attendais par cette réédition, une autre perle que Casterman enfile à son collier de "Classiques". (Et une petite note pour le choix de la maquette de collection: simplicité, élégance, c'est tout ce qu'on demande. Si on pouvait en dire autant d'Aire libre!)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier chapitre est limite incohérent. On comprend que l'histoire paraît d'abord en feuilleton court (2 pages à la fois) et que l'auteur n'y est peut-être pas aussi à l'aise que dans le format de gags "one-shot" du &lt;i&gt;Génie des alpages&lt;/i&gt;. Le début consiste donc en une suite de gags autour de Jehanne d'Arc et de son fiancé extra-terrestre ne pouvant consommer leur union. C'est comique, mais les quelques répétitions et incohérences (par exemple les multiples couronnements du Dauphin) sont pour le moins confondantes. Le deuxième chapitre, plus linéaire, se lit déjà mieux, et place plus solidement les bases de ce qui suit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais tout décolle vraiment à partir du troisième chapitre, qui scelle la rencontre (improbable, bien sûr) entre Jehanne d'Arc et Attila le Hun. La première est une buveuse invétérée flanquée d'un fiancé extra-terrestre, et pas particulièrement intéressée à conserver son pucelage; le second est évidemment un conquérant introverti, philosophe, et radin comme pas un. Et voilà, les passions sont lâchées, on cabotine joyeusement, et l'auteur continue d'affiner son humour (et son trait) pour notre plus grand plaisir. La bastonnade annoncée n'arrive jamais et on a plutôt droit à de réjouissants dialogues entre des personnages "historiques" auxquels il est difficile de ne pas s'attacher. Les anachronismes sont là quand on en a besoin, mais ne déparent jamais la trame.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce (joyeux) bordel est si admirable qu'on pense tout de suite à quelqu'un comme Sfar comme l'héritier de cette façon d'éviter l'"action", de dynamiter le récit pour qu'il n'adhère jamais à un schéma classique. Sauf que ce faisant, il en devient quasiment &lt;i&gt;plus&lt;/i&gt; classique, renvoyant de ce fait à une certaine tradition du roman (pensons à &lt;i&gt;Don Quichotte&lt;/i&gt;, mais surtout à &lt;i&gt;Jacques le fataliste&lt;/i&gt;) où raconter est, en définitive, plus important que de faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue2/jehanne_arc2.jpg" style="float: left; margin: 0px 10px 10px 0px" /&gt;Voilà pour &lt;i&gt;Jehanne au pied du mur&lt;/i&gt;, qui fait quand même un bon 90 pages bien tassées, moins les amusantes pages intercalaires. Même format pour &lt;i&gt;Tim Galère&lt;/i&gt; (84 pages), qui se veut la suite logique du précédent. Jehanne revient de l'espace avec son fils Timofort, mi-humain, mi-extra-terrestre, qui vieillit notamment beaucoup plus vite que les humains, euh, normaux. C'est bien sûr l'occasion de retrouvailles bien arrosées avec Attila, mais surtout de la quête de Timofort, et de bien d'autres péripéties beaucoup trop compliquées à expliquer (déjà que cette critique "spontanée" commence à ressembler à une thèse de doctorat).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Preuve de maturité, ce récit est franchement encore meilleur que le premier. Certaines scènes sont très belles: je pense entre autres à la scène du "ballet des mâchoires qui claquent" (p.143), tout simplement bluffante de puissance poétique. C'est vraiment ce récit qui m'a fait découvrir un F'murrr à l'humour moins désinvolte, au discours plus profond. Au point que je lui pardonne que le scénario soit finalement plus ou moins sans queue ni tête. Les images restent, et on se surprend d'être à ce point pris par la quête absurde du personnage, quelquefois représenté en pantin--métaphore trop bien amenée pour être simplement "facile". F'murrr, le dramaturge?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m'en voudrais de ne point mentionner la qualité extraordinaire du dessin dans ce deuxième récit (et c'est pas parce que le premier est pas bon!). C'est tout bonnement de la magie. F'murrr manie le noir et blanc avec une aisance insolente. Et ce trait tout en rondeurs, qu'on voudrait croquer. Cette maîtrise de la courbe fait penser à Tardi, même si certains me répondront sans doute que ça n'a rien à voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au final, une brique qui charme, qui détend, qui décoiffe et qui finalement émeut. Sérieusement, je suis bluffé. Je n'en attendais pas tant! Heureusement tout de même que les deux histoires soient publiées ensemble, ça donne une finalité nécessaire à cette oeuvre somme toute assez disjonctée!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168983311531418?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168983311531418/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168983311531418' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168983311531418'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168983311531418'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2003/09/fmurrr-jehanne-au-pied-du-mur-suivi-de.html' title='f&apos;murrr, &lt;i&gt;jehanne au pied du mur&lt;/i&gt;, suivi de &lt;i&gt;tim galère&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168924703112652</id><published>2003-04-29T00:00:00.000-04:00</published><updated>2005-11-11T01:07:27.033-05:00</updated><title type='text'>winshluss et cizo, monsieur ferraille</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/monsieur_ferraille.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Attention: ceci n'est pas un livre pour enfants. Monsieur Ferraille est un personnage créé de toutes pièces pour le magazine du même nom (le magazine &lt;i&gt;Ferraille&lt;/i&gt;, donc), lui-même une autre production du prolifique et fort recommendable éditeur Les requins marteaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, c'est vrai, il faut aimer les gags idiots qui tartinent très très gras. Cela dit, c'est fait avec esprit (tiens donc) et on ne s'ennuie jamais. Plusieurs gags courts (et hilarants) pour débuter la lecture, puis la pièce de résistance: &lt;i&gt;L'épopée commerciale de Monsieur Ferraille&lt;/i&gt;, délire historique (et esthétique) d'une trentaine de pages, "documents d'époque" à l'appui, qui va comme ça de la France d'entre-deux-guerres à l'Amérique profonde des années 50, sans oublier l'Occupation, Berlin sous les bombes (en compagnie du Fürher complètement paranoïaque, le mauvais goût n'ayant, après tout, aucune limite (c'est pour ça qu'on l'aime bien)) et quelques épisodes modérément édifiants chez les communistes soviétiques. Tout au long de l'histoire, les auteurs du Super Robot s'"adaptent" à toutes les idéologies avec une couardise et une mauvaise foi éléphantesques. C'est irrévérencieux et vraiment très drôle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m'en voudrais de passer sous silence l'immense richesse graphique de l'ouvrage, et la qualité du dessin et des couleurs, en bonne partie réalisés par l'impossible Winshluss. Non mais regardez-moi ce dos de couverture! Ça pue le talent! Quant aux traitements informatiques de Cizo (utilisés pour créer l'effet "document d'époque", ou pour "copier-coller" des dessins déjà existants), ils sont, ma foi, très judicieux et sacrément bien foutus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un livre superbe jusque dans sa reliure cartonnée très "BD", laissant planer le doute jusqu'au bout quant à l'inocuité de l'ouvrage. On n'en demandait pas tant, mais on ne se plaint pas. À classer amoureusement sur l'étage du haut, entre Schlingo et Willem.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168924703112652?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168924703112652/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168924703112652' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168924703112652'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168924703112652'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2003/04/winshluss-et-cizo-monsieur-ferraille.html' title='winshluss et cizo, &lt;i&gt;monsieur ferraille&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168910444246867</id><published>2003-02-10T00:00:00.000-05:00</published><updated>2005-11-11T01:05:04.443-05:00</updated><title type='text'>joann sfar, lewis trondheim et andreas, la carte majeure</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/donjon_monsters3.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Andreas sauve tout. Dessin, découpage, rythme, tout est parfait. Un régal. Pour le scénario, l'histoire explique certains aspects d'&lt;i&gt;Armageddon&lt;/i&gt; (amusant de voir le mage Gilberto "transplaner" entre les deux albums), mais le tout, passé les confettis, manque un peu de substance. Les gags, qui sont le ressort principal de ce récit sans grande intrigue, doivent souvent beaucoup aux découpages inventifs d'Andreas (voir la scène hilarante chez les moines qui imitent tout ce que Marvin Rouge fait). Et puis Terra Amata en morceaux est un univers absurde et fantastique à exploiter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout cela est bien agréable à lire mais un brin léger côté scénario. Étirerait-on la sauce? Allez, messieurs les auteurs, personne ne vous oblige à faire vraiment 300 tomes (plus les &lt;i&gt;Monsters&lt;/i&gt;! on n'en sortira jamais!) La qualité d'abord, s'il vous plaît!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168910444246867?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168910444246867/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168910444246867' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168910444246867'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168910444246867'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2003/02/joann-sfar-lewis-trondheim-et-andreas.html' title='joann sfar, lewis trondheim et andreas, &lt;i&gt;la carte majeure&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168905805066861</id><published>2003-02-02T00:00:00.000-05:00</published><updated>2005-11-11T01:04:18.053-05:00</updated><title type='text'>ted benoit, berceuse électrique</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue2/ray_banana1.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Casterman a sans doute bien fait de lancer cette collection "Classiques" qui fait la part belle aux fleurons de leur catalogue. Ce fut en tout cas un bon prétexte pour m'intéresser à l'oeuvre de Ted Benoit, que je ne connaissais pas. Je n'ai pas pu m'empêcher d'acheter l'édition originale, malgré qu'on n'y retrouve pas la préface et les dessins additionnels de la réédition présentée ici. Caprice de collectionneur, sans doute! Le contenu qui nous importe (c'est-à-dire l'histoire) étant le même, je me permets cette critique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'emblée il y a une difficulté avec ce livre, c'est qu'on n'entre pas immédiatement dans le jeu de l'auteur. On comprend vite l'intention parodique, mais il faut quand même un tiers du livre avant d'apprécier le décalage hautement subtil de Ray Banana, personnage inattendu vivant dans un monde "ligne claire" jusqu'à la moelle, qui emprunte autant aux mythiques années 50 qu'à l'époque contemporaine de l'album (c'est-à-dire 1980.) Ce mélange d'époques, bien qu'irréaliste, semblera étrangement naturel à quiconque ayant comme moi, passé son enfance dans les années 80 à lire des BD d'une autre époque... C'est qu'à ce moment, on ne bronchait pas sur les anachronismes d'un vieux Spirou, par exemple. Tout semblait venir de la même époque abstraite d'où venaient d'ailleurs toutes les autres BD. Benoit, lui, explore nonchalamment les limites, les aberrations, "l'envers du décor" de cette pseudo-époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les personnages de cette histoire sont distants, froids et impossibles. On se croirait dans Tintin. Mais ils ont aussi quelque chose d'halluciné qui fait très "menace nucléaire latente". Et contrairement à Chaland (qui se réclamait davantage de Jijé et Tilleux mais qui a inventé son propre style au passage), le trait de Benoit dans ce livre doit vraiment presque tout à Hergé et Jacobs. Il faudrait un oeil de lynx pour lui reconnaître une "patte" bien à lui. Ce qui, à mon sens, fait la "marque Benoit", c'est plutôt la façon dont il combine scénario, mise en scène, découpage et trait pour créer une "expérience ligne claire" absolument totale et très intelligente, en ce sens qu'elle connaît, et joue avec ses codes et limites propres. Là où Chaland était géomètre, Benoit est schématiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'histoire est un joli casse-tête tordu entre robots extra-terrestres, secte apocalyptique et crimes scabreux entre financiers. N'ayez crainte, le stoïque Ray Banana résoudra tout ça. Ted Benoit offre là une intrigue labyrinthique qui ne prend décidemment pas le lecteur pour un imbécile. Une fois que vous aurez lu (et aimé) celui-ci, je vous suggère (tant qu'on y est) de dénicher son &lt;i&gt;Histoires vraies&lt;/i&gt; (scénario Yves Chéraqui, aux Humanoïdes Associés, trouvé usagé pour 3 petits dollars canadiens), qui contrairement à ce qu'affirme la biographie sur ce site, n'est pas un recueil mais bien un récit complet, déssiné en plusieurs styles différents (régressivement, rien de moins!) sur une trame angoissante (et passablement elliptique) de science-fiction à la Philip K Dick. Dans les deux cas, des livres qui demandent plusieurs lectures, d'abord pour comprendre l'histoire (!) puis pour apprécier les multiples détails, anachronismes et autres lubies de l'auteur. Que du très très bon.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168905805066861?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168905805066861/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168905805066861' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168905805066861'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168905805066861'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2003/02/ted-benoit-berceuse-lectrique.html' title='ted benoit, &lt;i&gt;berceuse électrique&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168900428144181</id><published>2003-01-08T00:00:00.000-05:00</published><updated>2005-11-11T01:03:24.283-05:00</updated><title type='text'>igort, 5 est le numéro parfait</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/cinq_numero_parfait.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Très agréable bouquin, à mon avis... D'accord, l'histoire mafiesque est sans doute assez conventionnelle. Je ne pourrais pas dire, n'étant pas adepte ou connaisseur du genre; le décor me paraît donc plus exotique qu'autre chose. Mais pour quiconque apprécie l'expérimentation graphique lorsqu'elle se met au service d'un récit, ce livre apparaîtra sans doute comme un petit chef-d'oeuvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dessin est surprenant et, on le découvre bien vite, beaucoup moins "maladroit" qu'il n'y paraît à première vue. Mais ce qui démarque ce livre est son très singulier découpage, alternant entre de toutes petites cases de dialogue très fonctionnelles et des séquences panoramiques, campant efficacement le décor et l'atmosphère, tout en ajoutant la poésie nécessaire. Tout celà est très ingénieux et je ne serais pas étonné de voir d'autres auteurs adopter une stratégie similaire pour leurs propres bouquins...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis évidemment, il y a le rare plaisir de lire une BD en format "roman"... Pour ça, vous allez être servi, même si le rythme plutôt lent du récit n'est peut-être pas le plus propice aux moult péripéties et rebondissements que l'on aurait pu attendre d'une petite brique comme celle-ci...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168900428144181?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168900428144181/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168900428144181' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168900428144181'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168900428144181'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2003/01/igort-5-est-le-numro-parfait.html' title='igort, &lt;i&gt;5 est le numéro parfait&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168895521302770</id><published>2002-11-02T00:00:00.002-05:00</published><updated>2005-11-11T01:02:35.213-05:00</updated><title type='text'>blutch, vitesse moderne</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/vitesse_moderne.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Blutch est un auteur dont je me méfiais à cause de son énorme talent de styliste. Ce dessin maniéré, au trait faussement bâclé, nerveux et plein de vie, mais si parfaitement figé dans ce mouvement qu'il crée qu'il ressemble à de la sculpture... A priori, dans le genre "nouvelle BD" je lui préfère un Sfar, beaucoup plus relâché et sans complexe. Le dessin trop stylisé a cette fâcheuse tendance à n'exister que pour lui-même, à ne servir qu'à être beau... Et c'est parfois le cas avec Blutch, mais l'auteur semble avoir tellement conscience de son talent qu'il ironise dessus à pleines pelletées, ce qui change la donne du tout au tout...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet album est en fait une très agréable découverte, qui montre que ma méfiance initiale n'était absolument pas fondée. Blutch crée ici une sorte de rêve collectif, comme si le récit était fait de morceaux des rêves des protagonistes. Le scénario y trouve de nouveaux ressorts, permettant des choses impossibles dans un récit "réaliste". Mais il ne s'agit pas d'un récit sans queue ni tête, loin de là... Les événements s'enchaînent sur un rythme sans faille, les dialogues sont savoureux et l'humour (second degré minimum!) est incisif à souhait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La maîtrise du dessin est exceptionnelle. Les tiroirs (thèmes et symboles) sont nombreux et on peut apprécier et analyser le livre de nombreuses façons, ce qui contribue au plaisir de lecture. La "vitesse moderne" est très bien rendue, alors que tout semble aller trop vite pour les personnages dans ce monde pseudo-onirique. Les ambiances irréelles ajoutent encore un degré d'émotion à un album qui n'aurait pu être que froid et clinique, s'il n'avait été qu'un exercice de style. Non, Blutch est inspiré et inspirant, et son histoire remue les méninges et les tripes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une petite parenthèse pour dire que la collection Aire Libre offre sans doute le meilleur format pour de la BD couleur, et c'est une chance pour nous lecteurs que des auteurs tels que Blutch, Blain (&lt;i&gt;Le réducteur de vitesse&lt;/i&gt;, quel beau livre...), David B ou Guibert y aient accès...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168895521302770?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168895521302770/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168895521302770' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168895521302770'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168895521302770'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2002/11/blutch-vitesse-moderne.html' title='blutch, &lt;i&gt;vitesse moderne&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168866456533838</id><published>2002-11-02T00:00:00.001-05:00</published><updated>2005-11-11T00:58:45.116-05:00</updated><title type='text'>david b et joann sfar, urani</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/ville_mauvais_reves1.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;J'ai voulu écrire une critique de &lt;i&gt;Urani&lt;/i&gt; pour contrebalancer les critiques quelque peu négatives des internautes précédents. Mais au bout du compte, je dois avouer que mon appréciation de l'album est mitigée, même si à mon avis, &lt;i&gt;La ville des mauvais rêves&lt;/i&gt; est une série au potentiel énorme. De fait, j'ai l'impression (erronée?) que la série a été plus ou moins abandonnée par ses auteurs et/ou son éditeur, ce qui serait fort triste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me semble évident que David B et Joann Sfar ont créé ici un noyau scénaristique qui ne demande qu'à exploser dans toutes les directions et qui n'en a jamais eu l'occasion, en partie, je crois, à cause de la sempiternelle contrainte des 46 pages. Dans ce registre "album couleur", l'album souffre de la comparaison avec des produits scénaristiquement très bien ficelés, mais pas nécessairement plus intéressants pour autant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Urani&lt;/i&gt; peut rebuter le lecteur pour deux raisons: d'abord le scénario, coupé au couteau, peu limpide et pas toujours cohérent, et le dessin de Sfar, un peu chancelant en comparaison à ce qu'on l'a vu faire ailleurs. Pour ce qui est de David B, que je ne connais pas très bien, on peut dire que son style faussement classique est plutôt réussi dans ce contexte, surtout alors que la couleur s'en mêle. Dès les premières pages, j'ai quasiment eu l'impression d'être au beau milieu des &lt;i&gt;Voleurs du Marsupilami&lt;/i&gt;. Le livre comprend de très belles scènes aussi, particulièrement vers la fin. Là, on sent que les auteurs réalisent enfin la chimie tant attendue, mais c'est trop tard: le livre s'arrête et ne nous donne pas beaucoup de réponses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela dit, ne serait-il pas plus judicieux de continuer l'histoire en noir et blanc chez l'Association ou ailleurs, sur une centaine de pages ou plus? Question de laisser aux auteurs la liberté de mouvement (et d'erreur) que ce projet semble exiger... Parce qu'il y a vraiment quelque chose d'intriguant dans cette histoire de superhéros blasés et inopérants pris au milieu d'une réalité hyper complexe. Avec une histoire aussi étrange et risquée, un album raté est déjà mieux que rien du tout... En attendant, vivement les rééditions du &lt;i&gt;Tengû carré&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Paris-Londres&lt;/i&gt; chez l'Asso!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168866456533838?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168866456533838/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168866456533838' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168866456533838'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168866456533838'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2002/11/david-b-et-joann-sfar-urani.html' title='david b et joann sfar, &lt;i&gt;urani&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168705237820013</id><published>2002-11-02T00:00:00.000-05:00</published><updated>2005-11-11T00:30:52.393-05:00</updated><title type='text'>matti hagelberg, holmenkollen</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue2/holmenkollen.gif" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Même si j'ai un a priori positif pour la BD scandinave en général (Andersson, Lundkvist, Pirinen...) je dois avouer que je n'étais pas particulièrement attiré par l'univers du finlandais Matti Hagelberg, qui me semblait davantage graphique que scénaristique... Mais une fois feuilleté, l'album me semblait déjà plus attirant, avec ses histoires absurdes et beaucoup moins lisses qu'elles n'y paraissent...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait d'histoires, il n'y a pas grand chose; Matti Hagelberg est son propre personnage, et il chasse l'ennui à coups d'observations esthétiques et de commentaires déroutants sur Dieu et un peu tout le reste. On a droit à quelques gags absurdes vraiment rigolos (genre ce strip narratif en trois cases: "La trompette du jugement dernier jouera une sonnerie d'essai à 13 heures... / Que personne ne s'inquiète: il s'agit d'un exercice... / Malgré les avertissements, quelques morts sortent de leur tombe...") Mais on trouve aussi des moments beaucoup plus graves, comme ce récit troublant de Matti &lt;i&gt;Naufragé&lt;/i&gt;, solitaire dans la foule, ou &lt;i&gt;La fumée du Sinaï&lt;/i&gt;, qui n'a rien de politique, malgré ce que son titre pourrait laisser croire, mais qui s'avère être une histoire d'amour brisé triste à pleurer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme dans beaucoup de BD scandinave, l'ennui (thème fondateur entre tous!) est transcendé (si on peut dire) dans l'humour des situations et le futile des conversations qu'on mène tout de même pour se sentir vivre. Il reste que c'est de la BD quelque peu difficile d'approche, mais très intense si vous prenez la peine. Une bonne surprise pour moi, en tous cas, qui vaut amplement le prix d'achat...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168705237820013?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168705237820013/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168705237820013' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168705237820013'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168705237820013'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2002/11/matti-hagelberg-holmenkollen.html' title='matti hagelberg, &lt;i&gt;holmenkollen&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168860602165205</id><published>2002-09-03T00:00:00.000-04:00</published><updated>2005-11-30T01:13:42.976-05:00</updated><title type='text'>willem, le feuilleton du siècle</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/feuilleton_siecle.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Quel bouquin, mais quel bouquin. Deux cent pages de Willem du meilleur cru qui résument, pour le bien de notre éducation personnelle, ce 20e siècle qui est déjà (on nous le dit depuis presque un an maintenant) tout-à-fait du passé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans doute que dans le cas de Willem, avec ses personnages décadents et cyniques à l'extrême, servis par un graphisme "ligne claire qui a pris un coup", il va y en avoir qui n'aimeront pas. Mais il vaut mieux y regarder à deux fois. Franchement, les premières fois que j'ai lu du Willem dans le Charlie Hebdo, je n'ai remarqué que le racoleur de ses images lubriques et peu ragoûtantes. Puis j'ai découvert son côté fichtrement incendiaire qui n'épargne rien ni personne, sa totale irrévérence envers tout ce qui s'appelle politique, bref, sa manie de "tirer sur les ambulances" comme il le dit en entrevue. Ce qui me frappe maintenant avec ce livre, c'est l'équilibre et la justesse de ses observations politiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paradoxalement, ce qui semble du "pipi-caca" parfaitement gratuit au départ devient en bout de ligne symbole d'une réalité autrement bien plus dégueulasse... Le siècle dernier, semble nous dire Willem, c'était la débauche totale, et &lt;i&gt;Le feuilleton du siècle&lt;/i&gt; s'en fait la métaphore illustrée. Évidemment, se dit-on, on sait d'avance ce qui va se passer... mais Willem s'assure bien de nous servir des passages peu ou pas connus de l'Histoire, et toujours assez peu édifiants. (J'ai pas compris toutes les références, m'enfin.) Quant aux moments que l'on croit bien connaître, l'interprétation qu'en donne l'auteur en laisseront plus d'un pantois. Fantaisiste, Hitler reconverti en baron colombien de la drogue? Évidemment. Mais la situation, l'enchevêtrement de liens et de relations que Willem relate demeure néanmoins tout-à-fait crédible a posteriori, et c'est là que le malaise s'installe et que les rires (qu'on présume de couleur jaune) fusent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'auteur s'avère très à l'aise à nous raconter le 20e siècle en deux cent pages. Il manie la forme du feuilleton avec intelligence et élégance. À cause de l'abondance de dialogues et de situations, je suggère une lecture lente et attentive de cette brique. La forme de feuilleton se prête d'ailleurs très bien à ce rythme de lecture. Bref, un gros bouquin superbe qui décape de bout en bout, mais qui n'est pas moins animé d'une évidente compassion envers les véritables victimes du siècle dernier, ces hommes et ces femmes qui continuent à faire les frais des guerres, qu'elle soient mondiale, froide, à la drogue, civile, humanitaire ou terroriste... Eh, Cornélius, à quand la publication de &lt;i&gt;La paix dans le monde&lt;/i&gt; pour compléter le tableau historique?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168860602165205?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168860602165205/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168860602165205' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168860602165205'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168860602165205'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2002/09/willem-le-feuilleton-du-sicle.html' title='willem, &lt;i&gt;le feuilleton du siècle&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168890160391294</id><published>2002-07-26T00:00:00.001-04:00</published><updated>2005-11-11T01:19:42.986-05:00</updated><title type='text'>yann et denis bodart, mai 68</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/celestin_speculoos2.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Je ne suis pas toujours très chaud aux scénarios de Yann, même si j'apprécie son talent insolent et son humour plus noir que noir. Mais voilà bien un livre qui m'a attiré dès que j'ai sû qu'il existait (merci BDParadisio...) D'abord, fait cocasse, je n'ai même pas trouvé la réédition Vents d'Ouest (toujours pas arrivée à Montréal?) mais l'édition originale Glénat était, surprise, toujours disponible à peu de frais chez mon libraire favori.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si le graphisme de Bodard n'invente rien (on n'est vraiment pas très loin de Conrad ou Tome &amp; Janry...) son trait vif sied mieux que bien au scénario à cent milles à l'heure du Le Pennetier. &lt;i&gt;Mai 68&lt;/i&gt; est d'abord une satire politique aux nombreux tons de gris, jamais tout-à-fait d'un côté ni de l'autre, et empruntant moult personnages z'importants à l'Histoire, De Gaulle, Cohn-Bendit, Pompidou et Malraux en tête (voire même Sartre avec une poubelle sur le crâne.) C'est aussi un récit d'aventures aux nombreux, très nombreux rebondissements, de la trempe des meilleurs BD d'aventures franco-belges. Pour un peu, on se croirait dans un &lt;i&gt;Spirou et Fantasio&lt;/i&gt; perdu dans &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; (ben, Luz pourrait bien dessiner ça non?)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Mai 68&lt;/i&gt; est également notable parce qu'il montre la fin du siège des étudiants, la contre-attaque des bourgeois, et la débandade désillusionnée qui s'ensuit (et attention si vous êtes allergiques aux finales cyniques!) Ah oui, et il y a ce personnage, Célestin Spéculoos, qui pourrait quasiment ne pas exister et ça ne changerait presque rien à l'histoire (moi j'aurais appelé ça "les aventures de Maïté", mais bon...) J'en saurai sans doute plus dans le tome 1 (&lt;i&gt;Les affreux&lt;/i&gt;) s'il arrive à Montréal un jour.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168890160391294?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168890160391294/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168890160391294' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168890160391294'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168890160391294'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2002/07/yann-et-denis-bodart-mai-68.html' title='yann et denis bodart, &lt;i&gt;mai 68&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168879375316274</id><published>2002-07-26T00:00:00.000-04:00</published><updated>2005-11-11T00:59:53.756-05:00</updated><title type='text'>joann sfar et hervé tanquerelle, le cargo du roi singe</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/professeur_bell3.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;Eh ben, chapeau à Tanquerelle qui reprend avec brio le dessin des aventures du Professeur Bell après seulement deux albums sous la plume très personnelle de Joann Sfar! Il a manifestement bien assimilé l'univers de Sfar et semble s'y mouvoir comme un poisson dans l'eau. Les couleurs de Brigitte Findakly, toujours dans le ton, aident (si besoin était) à la transition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bravo aussi à Sfar qui nous offre un tome trois baroque et tordu comme on les aime! J'ai parfois l'impression (erronée?) que notre génie se sent plus à son aise avec le sympathique &lt;i&gt;Chat du Rabbin&lt;/i&gt;, ou les &lt;i&gt;Vampires&lt;/i&gt; petit et grand, qu'avec la personalité trouble et imprévisible du professeur et de ses comparses, mais &lt;i&gt;Professeur Bell&lt;/i&gt; demeure ma série préférée de Sfar. Si on n'atteint pas ici le miracle de cohérence et d'unité des &lt;i&gt;Poupées de Jérusalem&lt;/i&gt; (album parfait s'il en est), on ne devrait pas trop s'en plaindre parce que ce &lt;i&gt;Cargo du Roi Singe&lt;/i&gt; reste de la BD touffue de très haut niveau, à faire pâlir ses collègues chez Delcourt et Poisson Pilote.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Excellent découpage aussi, et le bonheur de retrouver des pages "classiques" à quatre (et même cinq) strips, ce qui change des histoires à trois strips lues en dix minutes (on aimerait bien qu'un Larcenet en prenne de la graine, pour donner un exemple au hasard...) Là où j'ai mes réserves, c'est dans la façon dont l'histoire est traitée: une trentaine de pages de péripéties, suivies d'une dizaine de pages dont plus de la moitié sont uniquement narratives (rappelant l'épisode de la guerre des tribus dans &lt;i&gt;Le roi de la bagarre&lt;/i&gt;, qui ne faisait lui que deux pages), pour finir avec une mini-aventure finale qui conclut le récit du Roi Singe. Les auteurs ont pris un petit risque avec ces changements de mode narratif, quelque peu brusques; il me semble que tout cela aurait pu être mené de façon un peu plus fluide, ou alors sur plus de pages (mais allez dire ça à monsieur Delcourt...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a également l'impression que certains personnages féminins intéressants sortent de l'histoire bien trop vite, dont cette suffragette (j'oublie son nom) qui quitte le récit juste alors qu'on souhaiterait en savoir davantage sur son compte. Mais bon, le prochain tome étant annoncé sous le titre de &lt;i&gt;Promenade des Anglaises&lt;/i&gt; (sacré Sfar, y a que lui pour sortir un titre pareil!) peut-être cette réserve ne sera-t-elle bientôt qu'un souvenir... On doit dire que la fin de ce tome laisse planer pas mal de possibilités pour le professeur et ses amis... Quelle superbe série, tout de même... On en vient à déplorer qu'il n'y ait qu'un seul Joann Sfar sur cette terre! Alors si ce talentueux Hervé Tanquerelle peut lui permettre d'inventer plus d'histoires, je ne peux pas me plaindre. J'attends avec impatience le &lt;i&gt;Donjon Crépuscule&lt;/i&gt; 103...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168879375316274?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168879375316274/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168879375316274' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168879375316274'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168879375316274'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2002/07/joann-sfar-et-herv-tanquerelle-le.html' title='joann sfar et hervé tanquerelle, &lt;i&gt;le cargo du roi singe&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-11133441.post-113168884539669387</id><published>2002-04-17T00:00:00.000-04:00</published><updated>2005-11-11T01:00:45.396-05:00</updated><title type='text'>joann sfar, lewis trondheim et jean-christophe menu, le géant qui pleure</title><content type='html'>[cette critique est parue originellement sur le site &lt;a href="http://www.bdparadisio.com"&gt;bdparadisio&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue1/donjon_monsters2.jpg" style="float: right; margin: 0px 0px 10px 10px" /&gt;J'ai trouvé ce &lt;i&gt;Donjon Monsters&lt;/i&gt; assez surprenant, quasiment absurde et dans une veine comique assez généreuse. Changement de ton d'avec la série &lt;i&gt;Zénith&lt;/i&gt;, aussi, mais c'est peut-être dû au dessin. Jean-Christophe Menu n'est pas un "grand dessinateur" et je lui en suis gré, on retrouve avec joie dans son trait la nonchalance d'un Fred ou d'un Mandryka, ce qui d'ailleurs cadre très bien avec le scénario particulièrement loufoque de ce tome. Autres points positifs : beaucoup de bons mots sfaresques, des dialogues moins juvéniles que les &lt;i&gt;Donjon Zénith&lt;/i&gt; 3 &amp; 4. J'ai bien hâte de voir à quoi vont ressembler les prochains &lt;i&gt;Donjon Monsters&lt;/i&gt;; cette série a le potentiel de contenir le meilleur comme le pire! (Mais le pire du donjon, ça n'est jamais bien terrible...).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/11133441-113168884539669387?l=kutcorners.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://kutcorners.blogspot.com/feeds/113168884539669387/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=11133441&amp;postID=113168884539669387' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168884539669387'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/11133441/posts/default/113168884539669387'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://kutcorners.blogspot.com/2002/04/joann-sfar-lewis-trondheim-et-jean.html' title='joann sfar, lewis trondheim et jean-christophe menu, &lt;i&gt;le géant qui pleure&lt;/i&gt;'/><author><name>david t</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
